Wednesday, May 7, 2008

Trecker en sandales avec les sangsues

Le lendemain, on est partis pour Vieng Poukkha parce qu’on avait entendu dire que les randonnées étaient moins achalandées qu’à Luang Nam Tha et c’était la plus belle région pour trecker. La seule inquiétude qu’on avait, c’était de ne pas trouver assez de monde pour partir avec nous parce les prix variaient par rapport au nombre de personnes et à deux, ça nous aurait coûté les yeux de la tête et on n’aurait pas pu se l’offrir…

On a quand même pris une chance et on a pris le premier bus pour Vieng Poukkha. Première bonne nouvelle, dans l’autobus se trouvait Yan, le Français, qui s’en allait là-bas justement pour faire une randonnée. Arrivés là-bas, on s’est trouvé des petits bungalows en pailles (ils sont très populaires au Laos, ces bungalows !) et on s’est dirigés vers le seul resto du village. En chemin, qui ne voit-on pas ? Rotem, l’Israélienne que nous avions rencontré dans le bus vers Luang Nam Tha ! Elle est aussi très heureuse car elle espérait aussi pouvoir rencontrer d’autres gens intéressés à partir en treck. D’ailleurs, nous étions les seuls touristes du petit village.


Pendant que nous étions en train de manger, nous apercevons deux autres touristes descendre d’un autobus. Ils sont venus nous voir pour nous demander conseil pour trouver un endroit où dormir et pour savoir si nous partions en randonnée… Nous nous sommes donc tous donnés rendez-vous au bureau d’éco-tourisme qui ouvrait à 3 heures.

Cela a très bien adonné car tout le monde était partant pour faire la randonnée de trois jours (c’était le plus long qu’on pouvait faire ). Ça a donc pris dix minutes et tout était réglé : nous partions le lendemain à 9 heures.

On s’est réveillé très tôt, pas parce que le cadran avait sonné, mais parce que la pluie martelait le toit de notre hutte ! Nous nous sommes dépêchés d’aller chercher nos vêtements que nous avions laissé sécher à l’extérieur… Puis, ce fut le branle-bas de combat ! Tout le monde était dehors à se demander si on partait ou pas, car la pluie avait un peu diminué. Chacun a donc préparé son sac à moitié pas trop sûr si ça lui tentait de marcher dans ces conditions, tous on pris un peu plus de temps pour déjeuner, histoire de voir si le ciel se dégagerait et tout le monde s’est finalement pointé un peu en retard au bureau de tourisme. Il y avait un Écossais et une Suédoise qui venaient d’arriver de Luang Nam Tha en moto et qui attendaient pour partir. On est finalement partis avec une heure de retard (même le guide avait mis la préparation de la bouffe en stand by) et pas trop sûr si c’était une bonne décision…


La première journée fut assez facile. Nous avons fait une heure de camion en s’arrêtant pour visiter des villages de différentes tribus. On a ensuite visité une grotte encore plus grande que celles qu’on avait visitées au Cambodge et ensuite, c’était le vrai départ avec nos sacs sur le dos et nos jambes pour nous porter.


La plupart de la marche, cette journée-là, se faisait sur une petite route en gravelle. Nous étions un peu surpris, mais comme nous avions visité plein de villages et que notre guide, Somhak, nous avait assuré que le lendemain nous marcherions dans la jungle, nous avancions gaiement vers le village qui nous accueillait pour la nuit.

La soirée au village s’est très bien déroulée, nous nous sommes amusés avec les enfants qui trouvaient ça dont drôle d’imiter les sons d’animaux que Céliane leur faisait et après le souper nous avons eu droit à un massage traditionnel. Nous nous sommes endormis aussitôt le massage terminé !

Le lendemain, la journée de marche se faisait sur un sentier à travers la jungle. Beaucoup de côtes très à pique qui étaient assez difficiles à monter ou à descendre car la pluie (il y avait eu une grosse averse pendant la nuit) avait transformé le sentier en bouette glissante. Le pire dans tout ça, c’était de voir les sangsues qui se tenaient debout sur le chemin prêtes à nous sauter dessus… Et laissez-nous vous dire qu’il y en avait en maudit de maudit, des sangsues ! Comme Rotem, l’Israélienne, avait une phobie des sangsues et que quatre d’entre nous n’avaient que des sandales pour marcher, nous avons monté les côtes les plus à piques à une vitesse phénoménale afin d’éviter de se faire mordre par les insectes suceurs de sang ! Par chance, on a finalement atteint une partie de la montagne où la forêt, un peu moins dense, avait permis au sentier de sécher et on a pu ralentir le pas et profiter un peu plus de la randonnée !


Cette journée-là, Céliane est tombée face à face avec l’insecte le plus dégueulasse qu’elle n’avait jamais vu. C’était un énorme mille-pattes de trente centimètres de long et 5 centimètres de circonférence avec le corps brun et les pattes orange fluo… Elle marchait tout bonnement lorsqu’elle a aperçu la créature juste au moment où elle allait faire un pas de trop pour marcher dessus ! Céliane à fait un bond vers l’arrière en poussant un cri de dégoût lorsque l’insecte a semblé s’apercevoir de sa présence et a redressé l’avant de son corps comme s’il s’en allait l’attaquer. Céliane a donc reculé et a montré la créature à Jean-François pendant que le Somhak, notre guide, revenait sur ses pas. Après avoir aperçu la créature, Somhak s’est exclamé : Ooooooh ! Don’t touch !! En fait, Céliane avait eu raison d’avoir peu car si l’énorme mille-pattes avait décidé de la mordre, elle n’aurait probablement pas pu s’en tirer vivante !


Bref, nous avons fait bien attention où nous mettions nos pieds !


Le soir, Céliane a pu rencontrer le roi du village lors d’une excursion pour aller acheter du lao-lao (l’alcool local). En fait, il fallait demander la permission au roi pour qu’on nous laisse aller acheter une bouteille pour le groupe. Alors quelques uns d’entre nous se sont retrouvés, avec le guide, dans la maison du roi qui était complètement saoûl et qui nous servait des shooters de lao-lao en guise de bienvenue. Céliane a bien essayé d’aller chercher J-F pour qu’il puisse voir ça, car c’était une scène assez surréaliste, mais le roi refusait que l’on sorte de sa maison parce qu’il avait trop bu (drôle d’excuse, mais bon, auriez-vous osé défié le roi du village ?)


Le reste du treck s’est déroulé sans histoire. Ce fut vraiment une belle randonnée, nous avons traversé des forêts de bambous, la jungle épaisse avec des arbres immenses, des forêts de bananiers, des petites rivières et quelques villages ici et là. Ce fut vraiment notre plus belle aventure au Laos !

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