Pakse fut un arrêt sans histoire si on exclu le fait qu’on y a eu notre premier accrochage en moto… À Pakse, les feux de circulation sont à peu près inexistants, mais lorsqu’ils sont présents, ils ne servent en fait qu’à tourner. Si vous allez tout droit, n’arrêtez pas, ce serait dangereux. Comme on ne le savait pas, on s’est fait prendre à attendre à un feux de circulation où nous voulions aller tout droit. Nous attendions peinards que la lumière change, mais lorsqu’elle est devenue verte, le troupeau de motos dans lequel nous nous trouvions s’est mis à tourner à droite alors que nous allions tout droit. Le gars qui se tenait à notre gauche est parti en flèche pour tourner, droit sur nous, il nous a renversé (une chance qu’on était à peu près arrêtés !!) et il a continué sa route comme si de rien n’était ! Jeff et Céliane n’y comprenaient rien, ils ont relevé la moto, la lumière est redevenue rouge et un policier a fait signe aux deux blanc-becs de passer sur la rouge... On s’en est tirés avec quelques égratignures et un miroir brisé qui nous a couté deux grosses piasses à remplacer !
En fait, on s’était arrêtés à Pakse parce qu’on avait envie d’explorer les alentours en moto. Notre première journée fut donc une ballade vers les ruines de Champasak, qui viennent de la même période que les temples d’Angkor qu’on avait tant aimés ! Les escaliers étaient grandioses. C’était pas mal ce qu’il y avait à voir : des escaliers tout déconcrisses qui étaient très impressionnants. Mais la ballade en valait la peine ! Pour s’y rendre on a dû traverser une rivière avec la moto sur un p’tit radeau en bois qui avait l’air pas trop solide (même qu’en revenant, on a eu droit à une escale en plein milieu de la rivière où on a dû, sans trop savoir pourquoi, transférer les trois motos et les cinq passagers d’un radeau à un autre. C’était un peu inquiétant…) on a passé plein de petits villages avec des files d’écoliers qui marchaient au bord de la route principale, on a dîné dans un petit resto où on a dû communiquer par signes et on a profiter de la brise rafraîchissante qui nous soufflait dans la face !
Le lendemain, on partait pour trois jours de moto pour aller dans les terres, histoire de sortir un peu du circuit touristique… Bon, le Lonely Planet a ce défaut d’être le guide de voyage de la plupart des backpackers, ce qui fait que les circuits pas touristiques le deviennent assez rapidement ! On est donc arrivés à Tat Lo pensant y trouver un oasis de paix, un petit village Laotien typique presque pas visité… et on est arrivé dans un petit village avec pas de maison mais cinq guesthouses et des touristes partout. Bon d’accord, c’était quand même pas si pire, mais c’était quand même un refuge à touristes qui ont envie de se dorer la couenne au bord de la cascade…
Nous sommes arrivés à Tat Lo sur l’heure du dîner, alors sitôt nos bagages rangés dans notre petit bungalow en paille, nous nous sommes dirigés vers un petit resto… Sitôt qu’on met le pied dans la place, on aperçoit, assis peinard à l’une des deux tables, Lindon (notre ami Kiwi qu’on avait rencontré en Inde et ensuite à Bangkok) !
On a donc passé un peu de temps avec lui avant d’aller se baigner à la chute avec des enfants Laotiens qui avaient l’air d’avoir beaucoup de plaisir à se laver. Il faut avouer que prendre son bain devient une toute autre aventure lorsque tu dois aller dans une rivière en compagnie des autres enfants du village ! Ils avaient l’air de nous trouver assez étranges, même si Céliane avait pris soin de respecter la coutume Laotienne qui exige de se baigner avec un paréo (les femmes se baignent soit en paréo, soit complètement habillées).
On a bien sûr passé la soirée avec Lindon et une de ses amies, ce fut bien agréable !
Le lendemain, après avoir dit aurevoir à Lindon pour de bon après la troisième fois, on est rembarqués sur la moto (après les deux jours qu’on venait de passer sur l’engin, nos fesses commençaient à protester un peu…) pour se diriger vers Paksong. Arrivés là-bas, on était un peu déçus parce que la ville n’était pas particulièrement agréable à marcher (personne dans les rues et il fallait marcher au bord de la route principale où voitures et motos roulent à toute allure). On s’est donc trouvé une guesthouse, on a mangé une bouchée et malgré le ciel qui semblait vouloir nous tomber sur la tête on a remonté en selle et on s’est dirigés vers une plantation de café.
On ne le savait pas avant d’arriver au Laos, mais ce pays est très réputé pour le café produit dans les environs de Paksong. Ce sont les Français qui ont instauré la culture du café lorsque le Laos faisait partie de l’Indochine Française, puis les locaux ont pris le relais durant la période de guerre (on vous expliquera dans un autre blogue toute cette histoire de guerre au Laos !) après le départ des colonisateurs.
On s’est donc tapé une bonne heure de moto sur une route complètement éclatée (on était trop concentrés à éviter les trous pour penser à prendre une photo, c’est dommage !) avant d’arriver dans la plantation de café. On s’est promenés un peu à travers les arbres à café, reniflant l’odeur particulière qu’ils dégagent et essayant de voir la ressemblance entre les fleurs et nos grains de café…

Le lendemain, on est repartis vers Pakse. En chemin, on s’est arrêtés pour aller voir trois chutes (y’a beaucoup de chutes dans cette partie du Laos !) La première était vraiment magnifique en plus qu’il fallait marcher un peu dans le bois pour s’y rendre. Comme c’était assez tôt le matin, il n’y avait encore personne, c’était d’autant plus paisible. La deuxième chute où on s’est arrêtés était, selon le Lonely Planet, la plus impressionnante du Laos faisant quelques 40 mètres de haut. Arrivés là-bas, on marche vers le point de vue et on voit, au loin, un filet d’eau qui coule… On se dit, ah tien, c’est pas très impressionnant vu d’ici, mais y’a sûrement un chemin qui amène tout en bas de la chute où tu peux vraiment prendre conscience de la hauteur. Mais on n’a pas trouvé de chemin, alors on a repris la route, un peu déconcertés. Juste à côté, il y avait une pancarte qui signalait une autre chute, alors on s’y est dirigés. On est arrivés à un endroit qui avait l’air un peu abandonné, mais il y avait un petit chemin qui avait l’air de mener à la fameuse cascade. On s’est finalement retrouvés au bord d’un petit bassin d’eau où se déversait une petite chute très mignonne. On a déposé nos sacs, on a enfilés nos maillots et on s’est garochés dans le petit lac. Ben en fait, Céliane s’y est garochée pendant que J-F s’y est trempé jusqu’aux genoux prétextant que l’eau était trop froide pour y nager… (Céliane doit avouer que l’eau était assez glaciale !) On a glandé là-bas pendant quelque temps avant de reprendre la route pour Pakse, car on voulait arriver à temps pour prendre un bus de nuit vers Vientiane, la capitale du Laos.
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