Thursday, April 10, 2008

Bye bye Cambodge

Prochaine destination, donc, le Laos. Comme il fallait prendre deux autobus et deux bateaux pour se rendre dans les 4000 îles où nous avions prévu passer la nuit, nous avons décidé d’acheter des billets qui incluaient tous les transports jusque là-bas par le biais de la guesthouse. Et qu’est-ce qu’on a bien fait !

On s’est d’abord tapé trois heures de bus dans une minivan bourrée de touristes qui nous a amenée jusqu’au premier bateau. De l’autre côté de la rivière, une autre minivan nous attendait. Quatre touristes n’avaient pas encore payé pour cet autobus et comme il n’y avait pas vraiment d’autres véhicules le chauffeur a boosté les prix dans le tapis, comme on dit chez nous. Ces quatres personnes ont insisté pour ne payer que jusqu’à la frontière.



Le truc c’est que normalement, les frontières sont super achalandées et surtout par les taxis et les rickshaws, alors nos comparses se disaient qu’après ils pourraient se trouver un autre moyen de transport pour se rendre jusque dans les îles… Mais cette frontière Lao-Cambodgienne est en fait perdue dans une sorte de nowhere et vraiment, rendus là-bas, t’avais pas envie d’avoir à attendre le prochain minibus parce que ça risquait d’être dans longtemps ! Le chauffeur en a donc profiter pour élever encore ses prix. Deux des touristes en étaient tellement insultés qu’ils ont préféré marcher… Après plusieurs kilomètres de marche, ils ont fini par se trouver des moto-taxi qui les ont embarqués jusqu’au traversier. Les deux autres qui n’avaient pas payé se sont retrouvés à débourser le triple ce que nos billets nous avaient coûtés.

Nous sommes finalement arrivés, après une longue journée de transports de toutes sortes, par accoster sur l’île de Don Det, ou malgré le soleil qui se cachait derrière les nuages, une dizaine de touristes se faisaient bronzer sur quelques quatre mètres carrés de sable…


Une image un peu troublante pour Jeff et Céliane qui, on ne sait trop pourquoi, s’attendaient à arriver dans une petite île très tranquille avec des pêcheurs et des fermiers. Finalement, c’était plutôt un endroit quand même très sympa, mais avec son shit load de touristes qui sont là pour chiller dans leurs hamacs avec un p’tit verre de lao-lao (l’alcool local) dans les mains...


Comme on y était, on a décidé de se fondre dans la masse et après un avant-midi de vélo, nous nous sommes aussi calés dans nos hamacs accrochés sur le porche de notre petit bungalow en bambou, parfait pour observer peinard le coucher du soleil sur le superbe fleuve du Mékong !


Après une journée de repos, on avait envie de bouger alors on a refait nos sacs avant de sauter à bord du bateau.

ATM de quossé ??

On a finalement quitté la capitale Cambodgienne pour de bon afin de se diriger vers la frontière Laotienne. Mais avant de quitter le Cambodge, on s’est arrêtés dans la petite ville très charmante de Kratie parsemée de vieux bâtiments coloniaux un peu décrépis depuis le départ des Français.

Arrivés là-bas, on avait besoin de trouver un guichet automatique histoire de se remplir les poches. On s’est donc promenés dans la ville demandant aux Cambodgiens où se trouvait la banque (car il n’y en avait qu’une !). Quelques personnes nous ont précisé qu’il n’y avait pas d’ATM, mais d’autres nous avaient dit que oui. Nous marchions un peu inquiet vers la banque que nous avons finalement trouvée… À quelques 100m du bâtiment, nous avons aperçu, comble de joie, une petite cabane qui portait une grosse enseigne ATM. J-F c’est précipité à l’intérieur pendant que Céliane lançait des wouhou ! triomphants jusqu’à ce que J-F se retrouve devant un trou vide destiné à recevoir bientôt une machine distributrice… Le gardien de sécurité qui se trouvait-là a eu l’air de trouver la face éberluée de Jean-François bien drôle ! La seule solution a été d’envoyer J-F chercher des sous en autobus au guichet automatique le plus proche, c’est à dire à 5 heures de Kratie. Une journée dans le beurre on pourrait dire !


Le lendemain du retour de Jean-François, on s’est loué une motocyclette parce que c’est vraiment génial la liberté que ça procure. On s’est dirigé vers l’attraction avec un grand A de Kratie qui est d’aller observer les dauphins de rivière du Mékong. Par contre, arrivés là-bas on s’est rendus compte que le prix des bateaux étaient un peu trop chers sauf si on attendait que d’autres touristes arrivent pour partager les frais. On s’est donc posés à l’ombre d’un arbre et on a attendu. Au bout d’un moment, une dame est arrivée en bicyclette et on s’est précipités pour lui demander si elle voulait bien venir avec nous, mais elle ne voulait pas vraiment y aller alors on s’est mis à placoter avec elle pour passer le temps. Un peu plus tard, alors que nous jasions encore avec la dame, deux touristes sont revenus du tour de bateau et ils avaient l’air un peu raplaplats alors on leur a demandé comment c’était, les dauphins… Ils nous ont dit avoir vu quelques bosses grises du coin de l’œil d’un ton un peu déçu et sont partis tout de go. Nous nous sommes regardés et d’un commun accord avons rembarqués sur la moto pour explorer les alentours.

Notre guide de voyage parlait d’un temple qui se trouvait pas très loin de là et d’où il y avait une vue imprenable sur la région, alors on s’y est dirigés… Mais à vrai dire, c’était un temple vraiment pas très intéressant et la vue était en fait cachée derrière les grands arbres de la montagnes. On s’y est quand même arrêter pour manger notre petit lunch et on s’est remis en route.


La ballade était en fait vraiment sympa, on a traversé tout plein de petits villages où l’on pouvait apercevoir quelques bribes de la vie quotidienne des Cambodgiens.

Tuesday, April 1, 2008

Et vive la corruption !!

Dès qu’on a obtenu notre visa pour le Laos (qui nous a coûté plus cher que prévu parce que l’officiel avait envie de se mettre une couple de piasses dans les poches…) nous sommes partis pour Sihanoukville pour se changer les idées. En fait, tout ce qu’il y a là-bas, c’est des plages. Alors aussitôt arrivés, on a enfilés nos costumes de bain et on est allés se jeter dans la mer ! Comme toutes les fois qu’on va sur le bord de l’eau, il faisait nuageux, mais c’était tout de même bien plaisant de nager un peu. Le lendemain on s’est loué une moto pour aller dans une plage un peu moins touristique qui était effectivement moins peuplée et de fait un peu moins propre (plein de déchets un peu partout… pas chic chic). On en a quand même profité et on est revenus juste avant le déluge.

Pour partir de Sihanoukville, on a pris un shared taxi ; une voiture dans laquelle six personnes s’entassaient à l’arrière et quatre en avant (dont deux sur le siège du conducteur…) On préfère encore voyager sur le toit des autobus !

Comme on est arrivés à Kampot assez tôt dans la journée, on s’est loué des vélos histoire de visiter un peu la ville. C’était une toute petite ville sur le bord du Mékong (un fleuve qui traverse plusieurs pays d’Asie).
Le soir il a fallu faire trois petits restaurants avant qu’on réussisse à se faire servir… Ils ne voient sûrement pas beaucoup de touristes débarquer dans les restos locaux !

Le lendemain, on s’est loué une moto dans l’espoir d’aller visiter une ancienne station balnéaire Française à l’abandon, mais on ne nous a pas laissé passer parce qu’ils organisaient des tours à 30$ la journée. On a donc rebroussé chemin pour aller visiter des grottes.

La première qu’on a visité était un peu décevante, mais on était bien contents d’avoir continué notre chemin jusqu’à la deuxième… Nous avons été guidés par un groupe d’enfants à travers des trous et des tunnels, c’était génial ! Notre principal guide (un des enfants) était vraiment sympa. Il nous a même emmené voir une autre grotte pas trop loin dans laquelle s’élevait un petit temple tout en briques. Il parlait un super bon anglais et nous a même fait signer son guestbook. Une très belle journée !

Comme il n’y avait pas grand chose d’autre à voir autour de Kampot, on est reparti le lendemain pour Phnom Penh. Le seul moyen pour y aller, c’était de prendre un mini bus. Il a fallu attendre trois heures avant qu’il se remplisse pour partir et durant le trajet, on a été témoin d’une engueulade d’une demi-heure entre le chauffeur et certains passagers Cambodgiens… Une drôle d’expérience lorsqu’on y repense !

Durant ce deuxième séjour à Phnom Penh, on a été prendre un bière avec Gabriel Béland qu’on avait rencontré à Bangkok et qui était de passage au Cambodge. On s’est aussi tapé une super bouffe dans un resto géré par une ONG qui apprend aux jeunes de la rue à cuisiner et à être des serveurs hors pairs… Les plats étaient incroyablement bons (ou peut-être étions-nous tellement surpris de goûter des saveurs de chez nous) salades au vinaigre balsamique, nachos, bouchées épinard et fromage…


On en a aussi profité pour visiter quelques ONG, dont CMAC qui s’occupe du déminage au Cambodge. On s’est retrouvés à parler avec le directeur général de l’organisation qui était super content de répondre à nos questions. On a aussi visité un centre de réhabilitation pour les victimes de mines antipersonnelles, mais en fait le centre a élargi ses horizons et traite maintenant toutes sortes de patients et presque pas de victimes de mines. Tant mieux, ça veut dire que le travail de déminage porte fruit et c’est rassurant de savoir que les infrastructures mises en places continueront à être utiles même si les gens qui en bénéficiaient à l’origine sont de moins en moins nombreux.

On en a aussi appris un peu plus sur la misérable vie des chauffeurs de cyclo-pousse. La plupart viennent des campagnes et laissent leur famille derrière lorsque les récoltes sont terminées pour aller dans la capitale afin d'essayer d'arrondir leurs fin de mois. Ils dorment bien souvent en plein air sur le banc du véhicule qu'ils doivent louer à une compagnie... Leurs revenus sont donc très maigres et la plupart tentent maintenant de devenir chauffeurs de moto-taxi, lorsqu'ils parviennent à amasser assez d'argent, car de moins en moins de gens font appel aux cyclo-pousses.


À Phnom Penh on s’était aussi loué une motocyclette pour se déplacer. C’était vraiment pratique et relativement économique jusqu’au jour où les policiers ont décidé de nous faire chier en nous arrêtant pour aucune raison (vraiment aucune !) quatre fois en l’espace de deux heures… Ils avaient décidé de faire la piasse ce jour-là, alors ils avaient installé des barrages partout dans la ville pour arrêter tous ceux qui contrevenaient à la loi et tous les touristes. Le truc c’est que si tu leur donnes de l’argent, ils te laissent passer sans contravention et ça leur fait un gros magot pas déclaré à la fin de la journée… Après la quatrième fois, avec Céliane qui gueulait contre le policier pendant que J-F essayait de régler les choses calmement (c’est le monde à l’envers !) on a ramené la moto et on a pris des tuk-tuk ! On a d’ailleurs fait l’expérience des moto-taxi qui nous transportaient tous les deux derrière le chauffeur, on restera toujours étonnés du nombre de passagers qu’une moto peut embarquer en Asie (Le plus qu’on a vu c’est cinq personnes : deux parents et trois enfants…)

Le génocide Khmer


Après avoir fait le tour des temples, on a quitté Gab et les Estoniens et on a pris le bus pour Phnom Pen, la capitale du Cambodge. On y est resté que deux jours, le temps de visiter S-21, un ancien camp de concentration qui avait été installé dans une école durant la période de tyrannie où les Khmers Rouges étaient au pouvoir, de 1975 à 1979.


Le règne des Khmers Rouges fut une période terrible pour le Cambodge. Pendant les quatre ans du Règne de Pol Pot (chef du mouvement), plus de deux millions de Cambodgiens ont été massacrés. Lorsqu’on se documente sur ces évènements, on a l’impression de lire 1984 d’Orson Wells… D’abord, les Khmers Rouges ont envahi la capitale et ont forcé tout le monde à s’exiler dans les campagnes. Ils tuaient tous les intellectuels systématiquement ; le paysan illettré était considéré comme l’être humain idéal. Quiconque semblait contester le parti d’Angkar (l’organisation) disparaissait mystérieusement durant la nuit. Tout le monde devait s’habiller de noir, plus personne ne faisait confiance à personne de peur d’être dénoncé, les enfants se faisaient enseigner les principes de l’Angkar et les rudiments de la guerre, la nourriture était rationnée (deux bols de soupe de riz clair par jour). Et pendant tout ce temps, les Khmers Rouges étaient appuyés par l’opinion internationale qui ne voulait croire qu’à une saine révolution (c’était dans les années 70, le communisme était à la mode…)


Bref, on a visité l’ancien camp de concentration (une ancienne école renommée S-21 pendant le règne des Khmers Rouge et où ceux qui avaient la malchance d'y être envoyés n'avaient aucune chance d'en ressortir vivant, ils y forçaient les gens à faire de fausses confessions.. un interrogatoire sans torture n'était pas envisageable) et ensuite on s'est dirigé vers les killing fields où ils tuaient les gens à coups de masses afin d’économiser les balles. Après, on s’est clanché un docu et on s’est acheté des livres parce qu’on trouvait ça important de s’instruire un peu sur le génocide dont on a si peu entendu parler… Et on a appris que le pays ne s’est réellement libéré des Khmers Rouges qu’au milieu des années 1990 (ils n’étaient plus au pouvoir depuis 1979, mais continuaient à tenter de reprendre le pouvoir en imposant leurs lois dans les campagnes).


En ce moment, ils commencent le procès des Khmers Rouges, seulement ceux qui étaient à la tête de l’organisation (les autres s’étant refait une vie, partageant les mêmes villages que ceux qui étaient jadis leurs victimes), mais ce procès ne restera que symbolique car les personnes qui auraient vraiment dû être jugées sont déjà passées dans l’autre monde.


Les mystérieux temples d'Angkor

Le lendemain matin, on s’est organisés avec les Estoniens pour aller visiter les temples d’Angkor. On est donc embarqués 4 dans un tuk-tuk et nous voilà partis pour Angkor Wat, le temple principal.


En gros, on a visité des temples en ruines et c’était vraiment magnifique! Chaque temple avait sa particularité, le temple d’Angkor était le plus gros, celui de Bayon avait des dizaines de grosses faces sculptées dans des tours et qui semblaient nous observer peu importe où l’on se trouvait dans le temple, Ta Phrom quant à lui était enseveli sous d’immenses racines d’arbres et a été le lieu de tournage de Tomb Raider.

Pour visiter les différents temples, on se déplaçait en tuk-tuk. La première journée, on était quatre (nous et les Estoniens) et la deuxième journée, on était cinq (avec Gabriel Ladouceur, un ami de Montréal qui passait justement par là!). On doit dire que cinq dans un tuk-tuk, surtout quand t’as deux heures de route à faire juste pour te rendre au site, c’est pas ce qu’il y a de plus confortable… En plus on a roulé sur les routes de sable, c'était pas facile pour nos p'tits poumons!


Cette journée-là, en fait, on a fait un peu changement des temples et on est allés visité un site dans la forêt avec une petite chute (un peu à sec parce qu’on est loin de la saison des pluies!) et des espèces de bas-reliefs qui datent de je ne sais combien de centaines d’années… C’était chouette!

À Siem Rep, la ville où on dormait, on s’est roulés dans les baguettes de pain (bon pas littéralement roulés dedans-là…) et on a fait une petite ballade en vélo pour aller voir un musée sur les mines antipersonnelles qu’on n’a jamais trouvé. Comme on aimait bien les temples, on a décidé d’aller en visiter un autre que le Lonely Planet décrivait comme the Indiana Jones experience…


Effectivement, c’est le temple qu’on a visité dans lequel on se sentait le plus comme des explorateurs… tout était en ruine, ensevelis entre des racines d’arbres, on pouvait se faufiler partout et entrer dans toutes les pièces, et surtout : il n’y avait presque pas de touristes!


On s’est fait un pique-nique baguettes au beurre de peanut et bananes (miaammmm!) et on a été accompagnés par des enfants qui avaient l’air d’avoir grandi dans ces ruines.