Wednesday, March 5, 2008

Népali-nepalididou

Ayant décidé de faire le treck du Langtang, nous avons pris le bus jusqu’à une petite ville pas très connue. Sur notre carte, c’était écrit qu’à partir de là, c’était possible de marcher jusqu’à Dunche, d’où commence habituellement le treck. Selon cette même carte, on en avait pour quelque chose comme 4h30 de marche. Comme on est arrivés vers 11h, on s'est dit qu’on avait le temps de dîner et de partir. On s'est donc tapé un bon dal Bath (riz, soupe claire de lentilles et légumes épicés… Les Népalais mangent ce met deux fois par jour et bouchent les trous en mangeant des momos pour collations) et on a pris la route vers Dunche…

D’abord, la route ne fut pas si facile à trouver. Dans le village, c’était très difficile de se faire comprendre car personne ne parlait un mot d’anglais et notre Népali était assez limité. On a tout de même fini par trouver et on s’est mis à marcher. C’était vraiment une belle balade, parce qu’on passait par de tout petits villages le long d’une rivière. Tout le monde nous disait bonjour et semblait surpris d’apercevoir des étrangers sur le chemin. Après 3 heures de marche, on s’est rendu compte qu’on avait même pas fait la moitié du chemin et les locaux nous disaient que Dunche était encore à plus de 5 heures de marche… Un petit garçon nous a alors conseillé de prendre le bus qui passait devant sa maison de l’autre côté de la rivière. Comme on ne voulait pas se faire prendre par la noirceur au milieu de nulle part, on l’a suivi jusque chez lui. Arrivés là-bas, sa mère nous a dit que le bus était déjà passé et qu’il faudrait attendre au lendemain… On a donc dû marcher jusqu’au village le plus proche pour trouver un endroit où dormir!
On a finalement trouvé une chambre, elle était immense avec un tout petit lit et un divan et un téléphone. Lorsqu’on s’est couchés après avoir englouti un succulent dal bath, le téléphone n’a pas arrêté de sonner. Chaque fois, la vieille Népalaise venait dans notre chambre et se mettait à parler, ou plutôt à hurler au téléphone! Enrubannés dans nos couvertures, on ne pouvait s’empêcher d’avoir des fous rires incontrôlables…

Le lendemain matin, on a finalement pris le bus. Le trajet nous a pris quelque chose comme 6 heures! On n’ose même pas imaginer combien de temps ça aurait pris à marcher. La route était la pire que nous n’ayons jamais empruntée. C’était un chemin de terre, ou plutôt de sable, garnis de milliards de nids de poules immenses, qui serpentait dangereusement et sans garde fou au bord de la montagne. Ce fut interminable, vraiment! Au bout de quelques heures, trois touristes sont descendus du toit et nous avons commencé à bavarder avec eux. C’était trois amis qui s’étaient rencontrés au Népal. Steve venait de Suisse et parlait français, Or venait d’Israël et Jeannette d’Allemagne. Ils nous ont proposé de faire le treck avec eux et on a tout de suite accepté parce qu’ils étaient bien sympatiques, ces joyeux lurons.


Le lendemain, on s’est donc mis en route sur le petit sentier traversant la vallée du Langtang. Cette première journée fut une superbe marche à travers les bois. Les odeurs nous rappelaient les forêts de chez nous à la fin de l’été… On a marhé pendant 6 heures avant d’arriver au Lama Hotel où nous avons pu nous réchauffer autour du poêle à bois qui chauffait la salle commune.

Le deuxième jour, Jean-François s’est mis à faire de la fièvre. Il se sentait tellement faible qu’il pouvait à peine se lever. On a donc laissé nos amis continuer pour prendre un jour de repos. J-F s’est couché sur un lit de la salle commune, à la chaleur du poêle à bois. Le couple de népalais qui s’occupait de la place a bien pris soin de lui. Pendant ce temps, Céliane s’est fait dorer la couenne au soleil au bord de la rivière et a un peu exploré les environs.



Le lendemain matin, Jean-François se sentait un peu mieux et a décidé de faire un bout de chemin. On est donc parti et on a marché lentement, très lentement, vers la prochaine destination. Ça nous a certainement pris le double du temps pour faire le trajet et on s’est arrêté plus tôt que prévu dans un petit village de trois guesthouse pour passer la nuit. J-F ne se sentait toujours un peu faible. C’était la veille du jour de l’an, et comme nous étions dans la saison morte, nous nous sommes retrouvés seuls à boire une eau chaude citron-gingembre, avec Jeff qui était tout faible,avant d’aller se coucher vers 8h30 du soir… Drôle de nouvel an!


Le quatrième jour, nous nous sommes rendu lentement jusqu’à l’étape finale du treck. Le paysage, durant cette journée de marche, était à couper le souffle! Nous longions la rivière turquoise, tout autour de nous s’étendait une plaine presque désertique encerclée de montagnes aux pics enneigés… On se sentait vraiment dans un autre monde. Et dans les villages que nous croisions (il y en avait si peu) les maisons étaient faites de pierres empilées, sans mortier. Les yaks broutaient tranquillement pendant que nous passions à côté de structures de pierres tibétaines.


Nous étions tout de même bien heureux d’arriver au village, J-F était épuisé et nous avons pu rejoindre nos amis. Après une bonne nuit de sommeil, Jean-François se sentait finalement extrêmement mieux et nous avons donc décidé d’accompagner nos copains pour une rando jusqu’au bout de la vallée. C’était encore une fois magnifique!


L’immensité des montagnes qui nous entouraient, l’absence de construction humaine, la nature à l’état pur… Ça vous fait croire en quelque chose de plus grand, il y a une sorte de bonheur, de paix, qui vous emplis l’intérieur… Le matin du sixième jour, nos copains partent, mais nous on reste parce qu’on a envie d’aller grimper au sommet du petit pic qui s’élève à 4500m d’altitude à côté du village. De là-haut, la vue était splendide! En redescendant, comme il était seulement midi, on a décidé de plier bagage et de faire un bout de chemin du retour.



Le dernier jour de marche, nous avons descendu en une journée ce qui nous en avait pris deux à monter. Après 8 heures de descente, nos chevilles et nos genoux protestaient douloureusement et en ont eu pour deux jours à se venger… On est arrivés en bas quelques heures avant nos copains qui avaient décidé de se la couler douce sur le chemin du retour. Le lendemain matin, on a pris le bus tous ensemble vers Katmandu. Après 9 heures de route sur le toit du bus (croyez-le ou non, c’était plus confortable là-haut!) on est tous allés prendre une douche bien méritée (oui oui, on a passé presque 8 jours sans se laver…) et on s’est donné rendez-vous pour souper dans un resto israélien avant d’aller prendre une bière et danser dans un bar presque vide, histoire de célébrer le nouvel an et notre retour du Langtang…

Céliane a offert à J-F son cadeau de fête (elle attendait de trouver quelque chose qui lui plairait vraiment) : le coffret des 18 saisons des Simpson. Comme la vie à Katmandu semble s’éteindre complètement vers 9 heures du soir, ça a occupé un peu nos soirées.


Après quelques jours à Katmandu, on a repris la route avec nos amis pour aller faire une petite escapade à Nagarkot. Après une longue journée d’autobus et une escale à Baktapur, nous avons décidé de nous coucher tôt pour aller voir le lever du soleil le lendemain. À la lueur du soleil levant, nous avons donc marché quelques kilomètres pour se rendre au point de vue d’où la vue sur les Himalaya était magnifique.

Steeve nous a ensuite quitté pour aller rejoindre ses parents qui arrivaient au Népal et pendant que nous avons marché jusqu’à une autre toute petite ville. La randonnée fut bien agréable, passant de village en village. Le lendemain, nous avons repris le bus pour Katmandu. Le lendemain, on est allé visiter un monastère bouddhiste. Une autre très belle journée de marche! Jeannette fut la prochaine à nous quitter. Quant à nous, nous avons décidé de partir pour Sauhara avec Or.


Nous sommes passé par un festival très colorés où on a eu droit à la traditionnelle tikka (point dans le front, mais cette fois avec du riz en extra!), puis nous avons passé une journée à relaxer au bord de la rivière, à regarder les éléphants se faire laver pendant qu’un alligator se faisait dorer la couenne de l’autre côté de la rivière.


De retour à Katmandu, nous avions quelques courses à faire. Trouver des souliers à Céliane fut une expérience assez exaspérante pour elle et plutôt comique pour Jeff. Chaque fois que Céliane entrait dans un magasin et demandait s’ils avaient telle paire de souliers à sa grandeur, les vendeurs sortaient une paire de souliers complètement différente… Si elle leur montrait une paire de puma (imitation bien sûr!) bruns, ils lui sortaient une paire d’adidas faites pour les basketball (vous savez celles avec les coussins d’air ou je ne sais quoi) orange et vert fluo. Une fois, elle est entrée dans une boutique et a demandé s’ils avaient des souliers qui n’étaient pas blanc, le vendeur a alors pris une paire de souliers blancs et lui a mis sous le nez en lui disant : ‘This is a nice color.’ Céliane est sortie sans dire un mot pendant que J-F se tordait de rire!


Le matin de notre départ, lorsque nous sommes allés déjeuner, nous trouvions très étrange que les rues soient presque désertes… Lorsque nous sommes sortis avec nos bagages et que nous nous sommes mis à la recherche d’un taxi, nous avons constaté qu’il n’y avait ni voiture, ni motocyclette dans les rues. C’était une grève pour contester contre la hausse des prix de l’essence! Nous avons donc dû prendre un vélo-rickshaw qui a mis 1h30 pour nous amener à l’aéroport et que nous avons dû aider à pousser pour monter les côtes. À l’aéroport, notre avion a eu 3 heures de retard sans que personne ne nous en informe et nous avons presque failli le rater parce qu’il n’y a eu aucun message pour annoncer que l’avion était finalement arrivé et que l’embarquement avait lieu! Une fois assis dans l’avion, nous avons poussé un grand soupir de soulagement!

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