Après quelques simples formalités et la disparition mystérieuse du sleeping bag de Jean-François dans le trajet de bus, nous avons finalement traversé la frontière de l’Inde pour se rendre au Népal. Nous avons tout de suite pu constater la différence. D’abord, les gens souriaient, et le rickshaw qu’on a dû prendre pour se rendre jusqu’à la station d’autobus nous a fait un super prix sans qu’on ait besoin de marchander… Fait intéressant à noter, les gens qui entre en Inde ont généralement un immense sourire de collé au visage. Ceux qui en sortent, quand à eux, ont l’air plutôt fatigués et un peu exaspérés… mais contents de savoir que le pire est derrière eux! Nous devions prendre le bus pour Lumbini, la ville où est né le Buddha. Il y avait justement un autobus qui était sur le point de partir et le changeur nous a fait signe de monter sur le toit. Nous y avons rencontré deux autres voyageurs et avons fait une superbe ride, les cheveux au vent et le vent dans la face!
Arrivés à Lumbini, nous avons décidé de louer une chambre avec nos nouveaux amis car les prix étaient un peu élevés compte tenu qu’il y avait un festival dans la ville. Les formalités réglées, on s’est mis en route pour visiter les nombreux temples bouddhistes construits par les communautés bouddhistes de différents pays. Les plus impressionnants furent le temple Tibétain, celui de la Thaïlande (entièrement blanc), et celui du Japon avec son superbe jardin et ses murales colorées.
Plusieurs autres étaient en construction et nous n’avons malheureusement pas pu les visiter.
Lumbini, étant une ville d’à peu près trois rues, nous avons pris le bus le lendemain matin pour se rendre à Tansen, petite ville charmante et pas très touristique. Nous sommes arrivés au milieu de l’après-midi et en avons profité pour visiter la ville. Nous étions estomaqué par l’aspect de la ville qui semble être restée intacte depuis plusieurs siècles. Au moins un endroit où le tourisme n’a pas encore fait trop de ravage. On a passé l’après-midi dans la ville, on a marché un peu partout, dans toutes les directions et après 1h30 ou 2h, ben on avait fait le tour et même qu’on était repassé deux fois à certains endroits. Nous pensions prendre la journée du lendemain pour aller faire une randonnée en forêt, mais quand le soleil fût couché, nous avons réalisé à quel point il commençait à faire froid dans les montagnes avec nos vêtements qui étaient parfaits pour l’Inde mais un tantinet frisquet pour le Népal. Comme il n’y avait pas vraiment de vêtements pour les grandes personnes nourries aux hormones que nous sommes, nous sommes partis le lendemain pour Pokhara.
Le bus que nous devions prendre a décidé pour une raison quelconque de ne pas partir ce matin-là. Nous avons donc pris un petit jeep beaucoup trop rempli jusqu’à la prochaine ville où nous devions arrêter les bus qui passaient par là… Nous avons attendus une bonne demie-heure, peut-être plus, avant qu’un autobus ne finisse par s’arrêter. Il faisait encore noir et nous étions gelés comme des crottes. Comme le bus était évidemment surpeuplé, le changeur nous a donc fait signe de monter sur le toit. Céliane a sorti son sleeping bag et on s’est couvert du mieux qu’on pouvait. Malgré le froid mordant, le paysage était magnifique! Nous pouvions voir, à la lueur du soleil levant, une brume épaisse tapisser les vallées pendant que les montagnes s’élevaient au-dessus des nuages, grandioses.
Le voyage, qui aurait dû prendre quatre heures selon le guide de voyage s’est étendu sur sept heures… C’est parce que toutes les raisons sont bonnes pour s’arrêter. Habituellement, le chauffeur s’arrête une demie heure après le départ : c’est la première pause pipi. Durant toute la longueur du trajet, le bus s’arrêtera non seulement pour embarquer ou débarquer des passagers (quelques fois au 100m près) mais aussi pour aller faire les commissions de madame chose et surtout pour manger un bon dal baht (riz et lentilles) plat national du Népal. Le plus exaspérant, c’est quand il ne reste qu’une petite demie heure de route et que le chauffeur décide d’aller manger!
Nous sommes arrivés complètement congelés, mais en un seul morceau. Pokhara s’est avérée être une ville parfaite pour se la couler douce. Après avoir exercé notre habileté à marchander polars The North Fake, mitaines et tuques (nous avons encore quelques trucs à apprendre pour pouvoir réussir à se faire prendre au sérieux, mais on sens qu’on est sur la voie du succès!) nous en avons profiter pour marcher sans se faire harceler, s’asseoir tranquillement au resto avec vue sur le lac, se balader paisiblement en forêt et prendre des douches bouillantes à l’auberge. On s’est aussi trouvé un endroit où on pouvait déjeuner pour 1$ par personne et c’était la totale : 2 œufs, patates ashbrown, 2 toasts pain brun home made avec miel et confiture, gruau ou muesli et café…. Ah! La grosse vie sale !!
Afin de tester l’efficacité de nos nouveaux vêtement, nous sommes allés faire une petite ballade en montagne (une toute petite montagne, un colline pour les Népalais) au sommet de laquelle se trouve la Peace Pagoda, une immense stupa bouddhiste vouée à la paix universelle… La vue de là-haut était splendide!

Comme le Népal est le pays du plein air et des montagnes, nous n’avons pu résister à l’envie d’expérimenter le parapente. On s’est dit que c’était sûrement plus sécuritaire que de voyager sur le toit des autobus népalais et que la vue qu’on aurait sur les Himalaya en vaudrait la chandelle! Et ma foi, c’était formidable!

Difficile en fait de ne pas profiter de la vue, on se sent tellement en sécurité assis dans le banc moelleux de l’engin! Jeff a eu droit à quelques acrobaties qui lui ont viré le cœur sans dessus dessous… Il a eu un peu le mal de l’air pour le reste de la journée, observant, le teint un peu verdâtre, Céliane qui pour fêter ça s’était offert une bonne bière froide sur une terrasse ensoleillée!

Mine de rien, nous sommes restés environ une semaine à Pokhara et en somme, on n’a pas fait grand-chose à part relaxer… C’est fou comme le temps passe vite lorsqu’on est bien à un endroit!
Nous avons finalement retrouvés nos esprits de voyageurs et avons repris la route vers Bandipur, où avait lieu un autre festival! Arrivés au village, après une ascension plutôt rocambolesque sur un pick-up surchargé (Céliane accrochée à l’arrière une main et un pied dans le vide et J-F avec les deux gros sac à dos ‘Rodéo style’ sur le toit avec pour seul ancrage une corde un peu lousse… oui, un vrai cowboy!) nous avons été accueillis par une foule qui suivait un immense éléphant décoré et une fanfare un peu broche à foin…
Nous avons encore eu du mal à trouver une chambre libre, la seule du village avait quatre lits et on l’a partagée avec une australienne bien sympathique. On a exploré la superbe petite ville située au sommet d’une petite montagne. C’est un village typiquement Népali avec ses maisons en terre cuite ornementées de milles boiseries ornant les fenêtres et les toitures. La zone de festival, quand à elle, n’était en somme qu’un ramassis de kiosques publicitaires pas encore finis même si le festival était déjà commencé… Le soir, on nous a appris que la chambre était réservée pour le lendemain et qu’il faudrait quitter. On a donc décidé de se lever de bonne heure pour aller admirer la vue des Himalayas. Du point de vue qu’on avait, un lit de nuages s’étendait à nos pieds, ne libérant au loin que la chaîne de montagnes blanches. Nul besoin de vous dire que c’était à couper le souffle!
La journée s’est ensuite passée d’un toit d’autobus à un autre pour se rendre jusqu’à Gorkha, une autre toute petite ville en chemin vers Katmandu. Gorkha est une petite ville montagnarde anciennement réputée pour procurer les meilleurs guerriers du Népal. Lorsqu’on dit petite ville, au Népal, on parle de quelques milliers d’habitants seulement et dont on peut faire le tour en seulement quelques heures (contrairement aux petites villes indiennes qui comptaient quelques centaines de milliers d’habitants!) À Gorkha, ce qu’il y avait à voir, c’est le Durbar Square. Au Népal, il y a plein de Durbar Square, alors ne vous étonnez pas si on vous en reparle plus tard! Il nous a d’abord fallu grimper des centaines de marches (1500 selon le guide de voyage et oubliez les raccourcis et les accès pour handicapés…) avant de visiter le Square. Encore une fois, c’est les boiseries qui étaient le plus impressionnantes! Nous avions entendu dire qu’on y effectuait encore de nos jours des sacrifices d’animaux… nous n’en avons toutefois vu aucun malgré la quantité impressionnante d’animaux qui se trouvait là-haut Nous sommes ensuite redescendus par un autre chemin histoire d’explorer un peu les alentours. Une très belle journée!