Wednesday, May 7, 2008

Dernier stop!

Le Myanmar aura été l’étape finale, le dernier pays à découvrir avant de rentrer chez nous… Si vous n’avez jamais entendu parler du Myanmar, peut-être connaissez-vous le pays par son autre nom : la Birmanie.

Nous étions un peu nerveux d’entrer dans ce pays qui est gouverné par l’armée et qui n’est pas très chaud à l’idée d’avoir des photographes ou des journalistes à l’intérieur des frontières. La population en a vraiment marre du gouvernement en place le peuple tente, de temps à autre, de protester. Vous avez peut-être entendu parler des émeutes qui ont eu lieu en septembre dernier lorsque les moines ont manifesté contre le gouvernement. Ça s’est terminé en émeute avec l’armée qui rentrait dans le tas (et pas juste avec du poivre de cayenne et des matraques…) et les étrangers expulsés du pays (toutes les caméras ont été confisquées).


Bref, on s’est dit qu’on était peut-être mieux de voyager léger et de laisser nos ordis à Bangkok !


Comme il est impossible de passer les frontières terrestres (règle du gouvernement !) nous avons du prendre l’avion pour nous y rendre. Petit vol sans histoire dans un petit avion presque vide.


Arrivés à Yangoon, la plus grande ville du pays, nous nous sommes fait abordés par un homme qui voulait nous montrer son hôtel… Comme on a eu notre dose de ce genre d’offres qui finissent bien souvent en queue de poisson en Inde, on lui a répondu qu’on allait trouver nous-même, pas de problème, merci beaucoup.


À notre grande surprise, il nous a souris, il a dit d’accord de sa petite voix très douce et il est allé un peu plus loin. Quelques minutes plus tard, comme il voyait qu’on cherchait toujours dans notre livre, il est revenu nous voir, très courtoisement et nous a offert encore une fois de venir à son hôtel, précisant cette-fois qu’il figurait dans le guide de voyage et qu’il nous y emmènerait gratuitement. On s’est dit pourquoi pas ? Il avait l’air tellement gentil !


La guesthouse s’est avérée être très bien, alors nous y sommes restés.


Après une petite sieste, nous avons pris notre courage à deux mains et sommes sortis dans la ville où le festival de l’eau battait son plein. Au lieu d’être armés de fusils à l’eau, comme à Bangkok, les gens du Myanmar étaient armés de chaudières remplies d’eau… Ils nous voyaient arriver de loin, nous souriaient, nous montraient la chaudière et se dirigeaient vers nous avec extase. Nous n’aurions jamais pu avoir le cœur de nous sauver tellement ils avaient du plaisir à nous vider les sceaux d’eau dans le cou !



D’ailleurs, ça été notre première surprise, de voir les gens aussi souriants et sereins. Nous aurions cru que dans un pays aussi fermé et maltraité par le gouvernement, la population aurait été plus difficile d’accès.


Au contraire ! Dès notre première ballade, nous avons même été invités pour le thé par un homme qui avait envie de jaser un peu.


Plus tard, on a appris que les gens du Myanmar sourient pour l’apparence, car plusieurs d’entre eux nous ont avoué avoir envie de prendre les armes, si seulement ils avaient assez d’argent pour s’en procurer.


Ce pays est sans contredit le plus pauvre de tous ceux que nous avons visité durant notre voyage. Les gens crèvent de faim et vivent dans des maisons en bambous pour la plupart.


Le trajet a été ponctué de belles rencontres, de visites de temples et de chaleurs insupportables.



Nos rencontres les plus marquantes ont été celles d’un professeur de français, d’un chauffeur de trishaw et d’un sympathique serveur. Chacun de ces hommes nous a permis de connaître mieux le pays qu’on visitait, même si beaucoup de choses resteront cachées à nos yeux.


Les gens se sentent extrêmement surveillés. Le chauffeur de trishaw nous a raconté qu’il lui était déjà arrivé de se faire suivre par un agent du gouvernement, et lors d’une de nos visite de temple, le prof de français nous a pointé des hommes en nous disant qu’il les soupçonnait d’être des agents du gouvernements chargés de surveiller les lieux saints (car les moines sont d’actifs protestataires).



Lorsqu’on visitait Bagan, ville des trois millions de temples (5000 monuments religieux (temples et autres) aux alentours de cette ville !) les gens qui vendaient des pièces d’artisanat semblaient désespérés… Avec les événement de septembre dernier, le tourisme a considérablement ralenti et ces pauvres crèvent littéralement de faim… Ça crevait le cœur de les voir sourire malgré tout, les yeux pleins de désespoir qu’ils ne parvenaient plus à cacher.



Nos derniers jours ont été marqués par l’arrivé du cyclone Narguis qui a ravagé Yangoon (la ville où l’on se trouvait) et plusieurs petits villages, causant (selon les dernières informations) plus de 22 000 morts et plus de 40 000 disparus.

Lors de la tempête, nous étions dans notre chambre qui, pour plus d’aération, avait deux de ses murs couverts de fenêtres… Couchés les yeux grands ouverts, Céliane n’a pas pu fermer l’œil de la nuit, sursautant chaque fois que les fenêtres tremblaient sous la force du vent ou des coups de branches de l’immense arbre qui se trouvait juste en face. Lorsqu’on a commencé à entendre des fenêtres éclater dans les chambres adjacentes, on s’est dit que c’était peut-être mieux de sortir de là, on a pacté nos p’tits et on est sortis juste comme la proprio arrivait pour nous assigner une autre chambre. C’est à ce moment que l’arbre, déraciné, s’est effondré sur notre chambre, qui étonnamment ne semblait pas trop endommagée !


Nous ne sommes restés que quelques heures dans l’autre chambre, car le plafond s’est mis à couler. Cinq minutes plus tard, c’était le déluge dans une partie de l’hôtel et le staff s’affairait à balayer l’eau qui entrait au troisième par l’escalier pour pouvoir l’envoyer dehors. L’escalier est donc rapidement devenu une véritable cascade de trois étage !

Lorsque nous sommes sortis à l’extérieur, nous avons pu constater les ravages. Tous les arbres avaient été déracinés, les fenêtres explosées, les toits arrachés et plusieurs pylônes électriques renversés.

C’est horrible de penser que ces gens, pauvres comme Crésus, devront tout reconstruire.


Après cinq jours à ne rien faire à la guesthouse à cause de la température, nous étions soulagés de pouvoir enfin prendre notre avion (avec une journée de retard) et de revenir à la modernité de Bangkok.

Re-re-re-escale à Bangkok

Le lendemain, nous avons pris le bus pour Chang Mai, ville du Nord de la Thaïlande. Le passage de la frontière s’est déroulé sans histoire et la journée n’a été qu’une succession de différents autobus. Il faut quand même signaler que durant le trajet, nous avons mangé le meilleur épi de maïs que nous ayons jamais goûté (oui oui, meilleur qu’au
Québec) !



Nous ne sommes restés à Chang Mai que deux jours, car la caméra de Jean-François avait rendue l’âme et celle de Céliane avait commencé à faire des siennes… Nous en avons quand même profité pour visiter des marchés, nous sommes entrés dans une galerie d’art qui nous donnait l’impression d’être rendus à New York et nous avons pas mal souffert de la chaleur. Comme nous étions dans les montagnes du Laos, nous n’avions pas encore ressenti l’arrivée de la saison chaude, mais à Chang Mai, ça nous a complètement assommés !

Depuis que nous sommes revenus en Thaïlande, en fait, il fait toujours plus chaud que 30 degrés. En moyenne 36, mais selon météo média, la température ressentie avec l’humidité et tout varie entre 40 et 50 degrés… Même prendre des douches, ça ne nous refroidit plus, il faut rechercher les endroits à l’air climatisé.


Revenus à Bangkok, comme il fallait aller au centre-ville, là où il y a tous les magasins, pour faire réparer la caméra de Céliane et en acheter une autre à J-F, on en a profité pour se refroidir un peu dans les centres d’achat. On a donc visité le centre d’achat de riche où on aurait pu s’acheter une Ferrari, on a découvert le centre d’achat de l’électronique qui fait quatre étages de haut et qui a l’air d’un gros marché aux puces intérieur, on a découvert un petit centre d’achat de jeunes trendi où se trouvait aussi un cinéma qui ressemble au Parisien, à Montréal, et qui passe de meilleurs films qu’ailleurs. On en a donc profité pour aller voir The kite runner et on en est ressortis tellement heureux d’avoir vu un bon film. C’est que ça commence à nous manquer un peu, d’être en contact avec une vie culturelle de qualité !



Le lendemain, on a donc décidé de se faire une journée tournée-des-galeries-d’art. On s’est donc promenés, toute la journée, d’une galerie à l’autre, et on a abouti dans un vernissage où on passait d’une œuvre à l’autre à travers une foule de jeunes Thaïs trendi, avec un verre de Jack and Coke à la main (Jack Daniels commanditait l’événement) et en grignotant les petits canapés qu’ils avaient mis à notre disposition. On a même eu droit à un petit verre de vin cheap, comme dans tout bon vernissage qui se respecte !

On a donc passé deux semaines à Bangkok à faire des aller-retour chez Nikon (qui ont mis trois fois avant de finalement régler le problème), à arranger notre périple au Myanmar (demande de visa, achat de billets d’avion, gestion des finances, etc) et à magasiner une nouvelle caméra pour J-F qui est maintenant l’heureux propriétaire d’une 40D scellée à l’eau et à la poussière avec un déclencheur qui fait à peine de bruit.


Un matin, lorsque Jeff s’est levé prendre sa douche, il est tombé face à face avec Lindon (oui oui, le Nouveau-Zélandais !) qui fumait une cigarette juste en face de notre chambre !


Nous avons donc passé deux jours en sa compagnie, à glander un peu et à jaser de tout et de rien autour d’une bière froide.


Nous aurons aussi eût un aperçu du Songkran Festival, la nouvelle année Thaïlandaise. C’est une fête où tout le monde se pitche de l’eau en pleine gueule ! Ne sortez pas dehors si vous avez peur d’être mouillé parce que c’est sûr que vous aller dégouliner dès que vous aurez mis le gros orteil dans la rue ! Jeff a emballé sa nouvelle acquisition (son 40D) dans des ziplocs pour être sûr qu’il n’arrive rien de fâcheux…



Bref, Bangkok fut une escale assez relaxe de préparation pour notre prochaine destination : le Myanmar.

Trecker en sandales avec les sangsues

Le lendemain, on est partis pour Vieng Poukkha parce qu’on avait entendu dire que les randonnées étaient moins achalandées qu’à Luang Nam Tha et c’était la plus belle région pour trecker. La seule inquiétude qu’on avait, c’était de ne pas trouver assez de monde pour partir avec nous parce les prix variaient par rapport au nombre de personnes et à deux, ça nous aurait coûté les yeux de la tête et on n’aurait pas pu se l’offrir…

On a quand même pris une chance et on a pris le premier bus pour Vieng Poukkha. Première bonne nouvelle, dans l’autobus se trouvait Yan, le Français, qui s’en allait là-bas justement pour faire une randonnée. Arrivés là-bas, on s’est trouvé des petits bungalows en pailles (ils sont très populaires au Laos, ces bungalows !) et on s’est dirigés vers le seul resto du village. En chemin, qui ne voit-on pas ? Rotem, l’Israélienne que nous avions rencontré dans le bus vers Luang Nam Tha ! Elle est aussi très heureuse car elle espérait aussi pouvoir rencontrer d’autres gens intéressés à partir en treck. D’ailleurs, nous étions les seuls touristes du petit village.


Pendant que nous étions en train de manger, nous apercevons deux autres touristes descendre d’un autobus. Ils sont venus nous voir pour nous demander conseil pour trouver un endroit où dormir et pour savoir si nous partions en randonnée… Nous nous sommes donc tous donnés rendez-vous au bureau d’éco-tourisme qui ouvrait à 3 heures.

Cela a très bien adonné car tout le monde était partant pour faire la randonnée de trois jours (c’était le plus long qu’on pouvait faire ). Ça a donc pris dix minutes et tout était réglé : nous partions le lendemain à 9 heures.

On s’est réveillé très tôt, pas parce que le cadran avait sonné, mais parce que la pluie martelait le toit de notre hutte ! Nous nous sommes dépêchés d’aller chercher nos vêtements que nous avions laissé sécher à l’extérieur… Puis, ce fut le branle-bas de combat ! Tout le monde était dehors à se demander si on partait ou pas, car la pluie avait un peu diminué. Chacun a donc préparé son sac à moitié pas trop sûr si ça lui tentait de marcher dans ces conditions, tous on pris un peu plus de temps pour déjeuner, histoire de voir si le ciel se dégagerait et tout le monde s’est finalement pointé un peu en retard au bureau de tourisme. Il y avait un Écossais et une Suédoise qui venaient d’arriver de Luang Nam Tha en moto et qui attendaient pour partir. On est finalement partis avec une heure de retard (même le guide avait mis la préparation de la bouffe en stand by) et pas trop sûr si c’était une bonne décision…


La première journée fut assez facile. Nous avons fait une heure de camion en s’arrêtant pour visiter des villages de différentes tribus. On a ensuite visité une grotte encore plus grande que celles qu’on avait visitées au Cambodge et ensuite, c’était le vrai départ avec nos sacs sur le dos et nos jambes pour nous porter.


La plupart de la marche, cette journée-là, se faisait sur une petite route en gravelle. Nous étions un peu surpris, mais comme nous avions visité plein de villages et que notre guide, Somhak, nous avait assuré que le lendemain nous marcherions dans la jungle, nous avancions gaiement vers le village qui nous accueillait pour la nuit.

La soirée au village s’est très bien déroulée, nous nous sommes amusés avec les enfants qui trouvaient ça dont drôle d’imiter les sons d’animaux que Céliane leur faisait et après le souper nous avons eu droit à un massage traditionnel. Nous nous sommes endormis aussitôt le massage terminé !

Le lendemain, la journée de marche se faisait sur un sentier à travers la jungle. Beaucoup de côtes très à pique qui étaient assez difficiles à monter ou à descendre car la pluie (il y avait eu une grosse averse pendant la nuit) avait transformé le sentier en bouette glissante. Le pire dans tout ça, c’était de voir les sangsues qui se tenaient debout sur le chemin prêtes à nous sauter dessus… Et laissez-nous vous dire qu’il y en avait en maudit de maudit, des sangsues ! Comme Rotem, l’Israélienne, avait une phobie des sangsues et que quatre d’entre nous n’avaient que des sandales pour marcher, nous avons monté les côtes les plus à piques à une vitesse phénoménale afin d’éviter de se faire mordre par les insectes suceurs de sang ! Par chance, on a finalement atteint une partie de la montagne où la forêt, un peu moins dense, avait permis au sentier de sécher et on a pu ralentir le pas et profiter un peu plus de la randonnée !


Cette journée-là, Céliane est tombée face à face avec l’insecte le plus dégueulasse qu’elle n’avait jamais vu. C’était un énorme mille-pattes de trente centimètres de long et 5 centimètres de circonférence avec le corps brun et les pattes orange fluo… Elle marchait tout bonnement lorsqu’elle a aperçu la créature juste au moment où elle allait faire un pas de trop pour marcher dessus ! Céliane à fait un bond vers l’arrière en poussant un cri de dégoût lorsque l’insecte a semblé s’apercevoir de sa présence et a redressé l’avant de son corps comme s’il s’en allait l’attaquer. Céliane a donc reculé et a montré la créature à Jean-François pendant que le Somhak, notre guide, revenait sur ses pas. Après avoir aperçu la créature, Somhak s’est exclamé : Ooooooh ! Don’t touch !! En fait, Céliane avait eu raison d’avoir peu car si l’énorme mille-pattes avait décidé de la mordre, elle n’aurait probablement pas pu s’en tirer vivante !


Bref, nous avons fait bien attention où nous mettions nos pieds !


Le soir, Céliane a pu rencontrer le roi du village lors d’une excursion pour aller acheter du lao-lao (l’alcool local). En fait, il fallait demander la permission au roi pour qu’on nous laisse aller acheter une bouteille pour le groupe. Alors quelques uns d’entre nous se sont retrouvés, avec le guide, dans la maison du roi qui était complètement saoûl et qui nous servait des shooters de lao-lao en guise de bienvenue. Céliane a bien essayé d’aller chercher J-F pour qu’il puisse voir ça, car c’était une scène assez surréaliste, mais le roi refusait que l’on sorte de sa maison parce qu’il avait trop bu (drôle d’excuse, mais bon, auriez-vous osé défié le roi du village ?)


Le reste du treck s’est déroulé sans histoire. Ce fut vraiment une belle randonnée, nous avons traversé des forêts de bambous, la jungle épaisse avec des arbres immenses, des forêts de bananiers, des petites rivières et quelques villages ici et là. Ce fut vraiment notre plus belle aventure au Laos !

Et vive le soccer!

Nous avions beaucoup entendu parler du nord du Laos comme étant un must, une région magnifique et peu fréquentée des touristes. Et cette fois, ces oui dires se sont avérés être très justes.

Dans l’autobus en partance de Luang Prabang, nous avons rencontré une Israélienne très sympathique, Rotem, avec qui nous avons pu placoter en attendant le départ. Puis, nos pilules anti-vomi se sont avérées être de vrais somnifères alors le voyage a passé vraiment très très vite !


Arrivés à Luang Nam Tha, nous sortions d’une guesthouse où les prix nous semblaient exorbitants lorsqu’une Laotienne commence à nous crier : Roooom !! Guesthouse !!! Cheap !! Room ?? Comme elle avait l’air pas mal motivée, on n’a pas pu s’empêcher d’aller yeuter son établissement. La chambre que la dame nous a montré dépassait toutes nos attentes avec un vrai matelas à ressort confortable, des draps qui sentaient bons, un ventilo au plafond, une chambre de bains avec l’eau chaude ainsi qu’une télé satellite pour la modique somme de cinq dollars !


Nous sommes allés faire un p’tit tour dans la ville pour souper et lorsque nous sommes revenus, une grande table avait été installée à l’avant de notre hôtel et une quinzaine de jeunes s’envoyaient des bières sous la cravates. En fait, ils ne portaient pas vraiment de cravates, mais plutôt des chandails de l’équipe de soccer dans laquelle ils jouaient. Ils venaient de gagner le tournoi de soccer régional et invitaient tout le monde à fêter ça ! On a accepté leur invitation et ils nous ont aussitôt servi deus verres de bières qui se remplissaient à mesure qu’on les vidait ! En fait, aucun d’entre eux ne parlait grand mot d’anglais alors on a fait la conversation aux deux autres touristes qui avaient aussi joint le groupe : un Français, Yan et un Japonais dont le nom nous échappe qui ne parlait pas beaucoup plus d’anglais que les jeunes de l’équipe… Cela a d’ailleurs causé quelques malentendus dont une fois où Jean-François pensait que la blonde du Japonais devait bientôt subir une implantation mammaire, alors que c’était en fait une opération pour un problème de poumons ! Bref, la soirée a été bien arrosée, ponctuée par les toasts à intervalles réguliers de l’équipe qui célébrait sa victoire à grandes gorgées !


Le lendemain, bien qu’un peu déshydratés, on s’est loué des vélos et on est allé se balader dans les environs. On a commencé par aller voir une toute petite chute où des enfants s’amusaient à pêcher on ne sait quoi avec leurs masques de plongée et leurs petits paniers en osiers qu’ils avaient accrochés à la taille.


On a pédalé à travers les petits villages avant de repasser en ville pour échanger le vélo de Céliane dont la chaîne débarquait chaque fois qu’elle pédalait pour monter une côte (même si elle était en première vitesse) un tant soit peu à pique. On s’est ensuite dirigés vers d’autres villages et le nouveau vélo de Céliane s’est avéré être aussi pire que le premier ! On a quand même continuer notre ballade parce que le gros de la route était assez plat pour ne pas faire dérailler la chaîne. On a encore une fois dîné dans un endroit où il a fallu mimer et pointer pour se faire comprendre, c’était bourré de chili, mais Céliane a quand même réussi à tout manger (c’est qu’elle va finir par s’habituer, à force !)

Le soir, on a regardé Wallace and Grommit, The curse of the Ware-Rabbit. Une petite soirée cinéma, ça fait toujours du bien !

L'Eurasie


On s’était fait dire à plusieurs reprises que Luang Prabang était sans contredit la plus belle ville du Laos…


C’est vrai que c’est très beau, mais on a eu tout un choc de constater qu’on n’avait plus l’impression d’être en Asie. La ville étant maintenant considérée Patrimoine Mondial par l’UNESCO, la trâlée de touristes a suivie et les hôtels, restaurants et magasins de luxe ont suivis… Ça donne l’impression d’une ville Européenne où plusieurs Laotiens auraient élus domicile!


Après avoir cherché longtemps, on a fini par se trouver une chambre à prix raisonnable (c’est-à-dire en bas de 30$ la nuit!!)

On est allé faire un tour au Night Market qui s’est avéré être un marché d’artisanat trop bien fait pour les touristes, on a mangé des sandwichs au poulet très bons et on a visité quelques temples qui étaient très beaux.


Pas grand chose de plus à dire, sauf que le proprio de notre guesthouse ainsi que la pharmacienne parlaient français! Ça surprend!

Des jarres et des bombes

Comment décrire la ville de Phonsavan ? Si ce n’est que l’on voit d’anciens instruments de guerre (obus, grenades, bombes et missiles en tout genre) partout où l’on pose le regard, c’est une ville sans grand intérêt. En fait, nous avons aboutis à cet endroit dans le but de venir visiter la Plaine des Jarres.

La légende locale veut qu’un roi aurait gagné une guerre et aurait fait construire ses jarres pour faire fermenter le riz et faire un gros party bien arrosé de Lao-Lao (l’alcool local fait à partir de riz collant fermenté).
Mais l’explication plus probable veut que les jarres soit d’anciennes pierres tombales.


La vraie nature de ces jarres reste tout de même mystérieuse et c’était assez impressionnant de se promener sur le site. Attention, par contre, de ne pas sortir des sentiers car le terrain a été lourdement miné durant la guerre.

La plaine des jarres est située assez près de l’ancienne Ho Chi Ming Trail, le chemin que les asiatiques anti-américains utilisaient pour le transport d’armement pendant la guerre du Vietnam (cette guerre aura décidément fait des ravages partout autour) Les États-Unis bombardaient donc tout ce qu’ils soupçonnaient d’être des postes ennemis, sans se soucier de savoir s’ils avaient raison ou pas (on voit que leur façon de faire n’a pas tellement changée…) Et pour être tout à fait certain d’exterminer tous les ennemis, ils se sont donné une zone tempon de quelques dizaines de kilometers en territoire laotien et cambodgien. On dit même que plusieurs soldats américains qui combattaient les Nord-Vietnamiens se trouvaient parfois au Laos ou au Cambodge sans le savoir.


La plaine des Jarres était donc criblée de cratères de bombes… Désolant.

No wonder que le Mékong est à sec!


Après une plus ou moins confortable nuit passée dans un bus reliant Paksé à la capitale, Vientiane, nous essayons péniblement de chasser le sommeil, histoire d’être un peu plus éveillés pour notre arrivée, mais en vain. Nous sautons dans le premier ‘pick-up’ en direction du centre-ville. Après une quinzaine de minutes de route, encore à demi endormis, quelqu’un nous fait signe en disant un truc incompréhensible de descendre. Sans poser de question, nous nous exécutons en ne sachant pas trop où nous nous situons. En fait nous descendons au bon endroit, mais cela nous auras pris 5 minutes à figurer notre emplacement sur la carte (bien sûr, c’est la faute de la fatigue si on ne sait pas lire la carte!).

Après s’être retrouvés, nous partons à la recherche d’une guesthouse. Les 3 premiers essais s’avèrent être infructueux. En marchant sur la rue, nous croisons une autre touriste assise au coin d’une rue et nous lui demandons ce qu’elle fait. Elle nous dit simplement qu’elle et son ami on fait toutes les guesthouse du quartier et sans succès. Il faudrait attendre vers midi pour que les gens quittent leurs chambres et après nous aurons sûrement une place de libre. On décide quand même de chercher un peu plus... ce qui s’avère un échec lamentable…

À un certain point on décide de s’installer dans un café (avec des croissant et des baguettes… comme quoi le colonialisme français n’a pas eu que du mauvais!) pour qu’un de nous deux y reste pour guetter les sacs pendant que l’autre, maintenant plus léger de 30 livres, puisse partir plus loin pour sonder le sombre terrain des guesthouses. Jeff, voulant désespérément trouver une chambre le plus rapidement possible, part à la recherche.

Après 1 heure de marche durant laquelle il a réveillé de nombreux propriétaires qui lui on répondu, tantôt frustrés d’avoir été réveillés, tantôt compatissants et sympathisant avec lui, Jeff revient triomphant avec une chambre de réservé ! Bon cela n’aura pas été l’affaire du siècle, 7$ UD pour une chambre double, avec salle de bain et toilette commune, c’est un peu du vol, mais tout de même, nous avions une chambre.


Après s’être installés et être allés déjeuner, on s’est aperçu ce que voulais dire ‘être dans la saison chaude’ en Asie du sud-est (le pire dans tout cela, c’est que nous n’étions pas encore a l’apogée). Nous étions à l’ombre sans rien faire, n’y bouger et nous étions trempés jusqu’aux os. Nous avions beau prendre notre courage à deux mains, rassembler toutes nos énergies et se gonfler de motivation… rien à faire ! Impossible de sortir sans avoir l’impression de cuire vivant ! Nous ne sommes restés que 2 jours à Vientiane. Durant de bref séjour dans la capitale se tenait le festival de la culture française (le Laos est une ancienne colonie France) aux abords d’un fleuve, le Mékong, presque à sec.

Nous y sommes allés, pour constater que le festival étais très petit et que l’on avait l’impression que l’on était dans une soirée de fin de semaine tout à fait normale. N’empêche que nous sommes allés prendre une coupe de Sangria, pas si mauvaise, pour la modique somme de 50 sous chacun.


Par la suite nous sommes allés nous installer à un des ‘restaurants’ ( un ensemble de tables en métal et de chaises de patios en plastiques) qui borde la rive du fleuve pour manger de succulents spare ribes de porc barbecue accompagnés d’une limonade fraîchement pressée. Le lendemain matin, 5h30 AM, nous quittions notre guesthouse pour nous rendre à la station d’autobus pour partir en direction de Phonsavan.

Arrivés au terminal, une fois les billets achetés et en attendant notre depart nous avons dejeuner ‘à la laotienne’ avec une soupe au nouilles et au canard. Il ne faisait pas encore soleil que nous baignons déjà dans notre sueur ! Vivement le nord du Laos qui est situé en altitude et où la température est plus clémente ! Sur le trajet, nous avons fait la connaissance de Médis, un français bien sympathique qui en était a son deuxième voyage au pays des millions d’éléphants (eh oui, c’est le vrai nom du Laos!!).


Tuesday, May 6, 2008

À cheval sur la moto!

Pakse fut un arrêt sans histoire si on exclu le fait qu’on y a eu notre premier accrochage en moto… À Pakse, les feux de circulation sont à peu près inexistants, mais lorsqu’ils sont présents, ils ne servent en fait qu’à tourner. Si vous allez tout droit, n’arrêtez pas, ce serait dangereux. Comme on ne le savait pas, on s’est fait prendre à attendre à un feux de circulation où nous voulions aller tout droit. Nous attendions peinards que la lumière change, mais lorsqu’elle est devenue verte, le troupeau de motos dans lequel nous nous trouvions s’est mis à tourner à droite alors que nous allions tout droit. Le gars qui se tenait à notre gauche est parti en flèche pour tourner, droit sur nous, il nous a renversé (une chance qu’on était à peu près arrêtés !!) et il a continué sa route comme si de rien n’était ! Jeff et Céliane n’y comprenaient rien, ils ont relevé la moto, la lumière est redevenue rouge et un policier a fait signe aux deux blanc-becs de passer sur la rouge... On s’en est tirés avec quelques égratignures et un miroir brisé qui nous a couté deux grosses piasses à remplacer !


En fait, on s’était arrêtés à Pakse parce qu’on avait envie d’explorer les alentours en moto. Notre première journée fut donc une ballade vers les ruines de Champasak, qui viennent de la même période que les temples d’Angkor qu’on avait tant aimés ! Les escaliers étaient grandioses. C’était pas mal ce qu’il y avait à voir : des escaliers tout déconcrisses qui étaient très impressionnants. Mais la ballade en valait la peine ! Pour s’y rendre on a dû traverser une rivière avec la moto sur un p’tit radeau en bois qui avait l’air pas trop solide (même qu’en revenant, on a eu droit à une escale en plein milieu de la rivière où on a dû, sans trop savoir pourquoi, transférer les trois motos et les cinq passagers d’un radeau à un autre. C’était un peu inquiétant…) on a passé plein de petits villages avec des files d’écoliers qui marchaient au bord de la route principale, on a dîné dans un petit resto où on a dû communiquer par signes et on a profiter de la brise rafraîchissante qui nous soufflait dans la face !


Le lendemain, on partait pour trois jours de moto pour aller dans les terres, histoire de sortir un peu du circuit touristique… Bon, le Lonely Planet a ce défaut d’être le guide de voyage de la plupart des backpackers, ce qui fait que les circuits pas touristiques le deviennent assez rapidement ! On est donc arrivés à Tat Lo pensant y trouver un oasis de paix, un petit village Laotien typique presque pas visité… et on est arrivé dans un petit village avec pas de maison mais cinq guesthouses et des touristes partout. Bon d’accord, c’était quand même pas si pire, mais c’était quand même un refuge à touristes qui ont envie de se dorer la couenne au bord de la cascade…

Nous sommes arrivés à Tat Lo sur l’heure du dîner, alors sitôt nos bagages rangés dans notre petit bungalow en paille, nous nous sommes dirigés vers un petit resto… Sitôt qu’on met le pied dans la place, on aperçoit, assis peinard à l’une des deux tables, Lindon (notre ami Kiwi qu’on avait rencontré en Inde et ensuite à Bangkok) !

On a donc passé un peu de temps avec lui avant d’aller se baigner à la chute avec des enfants Laotiens qui avaient l’air d’avoir beaucoup de plaisir à se laver. Il faut avouer que prendre son bain devient une toute autre aventure lorsque tu dois aller dans une rivière en compagnie des autres enfants du village ! Ils avaient l’air de nous trouver assez étranges, même si Céliane avait pris soin de respecter la coutume Laotienne qui exige de se baigner avec un paréo (les femmes se baignent soit en paréo, soit complètement habillées).

On a bien sûr passé la soirée avec Lindon et une de ses amies, ce fut bien agréable !

Le lendemain, après avoir dit aurevoir à Lindon pour de bon après la troisième fois, on est rembarqués sur la moto (après les deux jours qu’on venait de passer sur l’engin, nos fesses commençaient à protester un peu…) pour se diriger vers Paksong. Arrivés là-bas, on était un peu déçus parce que la ville n’était pas particulièrement agréable à marcher (personne dans les rues et il fallait marcher au bord de la route principale où voitures et motos roulent à toute allure). On s’est donc trouvé une guesthouse, on a mangé une bouchée et malgré le ciel qui semblait vouloir nous tomber sur la tête on a remonté en selle et on s’est dirigés vers une plantation de café.


On ne le savait pas avant d’arriver au Laos, mais ce pays est très réputé pour le café produit dans les environs de Paksong. Ce sont les Français qui ont instauré la culture du café lorsque le Laos faisait partie de l’Indochine Française, puis les locaux ont pris le relais durant la période de guerre (on vous expliquera dans un autre blogue toute cette histoire de guerre au Laos !) après le départ des colonisateurs.

On s’est donc tapé une bonne heure de moto sur une route complètement éclatée (on était trop concentrés à éviter les trous pour penser à prendre une photo, c’est dommage !) avant d’arriver dans la plantation de café. On s’est promenés un peu à travers les arbres à café, reniflant l’odeur particulière qu’ils dégagent et essayant de voir la ressemblance entre les fleurs et nos grains de café…


Le lendemain, on est repartis vers Pakse. En chemin, on s’est arrêtés pour aller voir trois chutes (y’a beaucoup de chutes dans cette partie du Laos !) La première était vraiment magnifique en plus qu’il fallait marcher un peu dans le bois pour s’y rendre. Comme c’était assez tôt le matin, il n’y avait encore personne, c’était d’autant plus paisible. La deuxième chute où on s’est arrêtés était, selon le Lonely Planet, la plus impressionnante du Laos faisant quelques 40 mètres de haut. Arrivés là-bas, on marche vers le point de vue et on voit, au loin, un filet d’eau qui coule… On se dit, ah tien, c’est pas très impressionnant vu d’ici, mais y’a sûrement un chemin qui amène tout en bas de la chute où tu peux vraiment prendre conscience de la hauteur. Mais on n’a pas trouvé de chemin, alors on a repris la route, un peu déconcertés. Juste à côté, il y avait une pancarte qui signalait une autre chute, alors on s’y est dirigés. On est arrivés à un endroit qui avait l’air un peu abandonné, mais il y avait un petit chemin qui avait l’air de mener à la fameuse cascade. On s’est finalement retrouvés au bord d’un petit bassin d’eau où se déversait une petite chute très mignonne. On a déposé nos sacs, on a enfilés nos maillots et on s’est garochés dans le petit lac. Ben en fait, Céliane s’y est garochée pendant que J-F s’y est trempé jusqu’aux genoux prétextant que l’eau était trop froide pour y nager… (Céliane doit avouer que l’eau était assez glaciale !) On a glandé là-bas pendant quelque temps avant de reprendre la route pour Pakse, car on voulait arriver à temps pour prendre un bus de nuit vers Vientiane, la capitale du Laos.

Lao-Lao


Prochaine destination, donc, le Laos. Comme il fallait prendre deux autobus et deux bateaux pour se rendre dans les 4000 îles où nous avions prévu passer la nuit, nous avons décidé d’acheter des billets qui incluaient tous les transports jusque là-bas par le biais de la guesthouse. Et qu’est-ce qu’on a bien fait !

On s’est d’abord tapé trois heures de bus dans une minivan bourrée de touristes qui nous a amenée jusqu’au premier bateau. De l’autre côté de la rivière, une autre minivan nous attendait. Quatre touristes n’avaient pas encore payé pour cet autobus et comme il n’y avait pas vraiment d’autres véhicules le chauffeur a boosté les prix dans le tapis, comme on dit chez nous. Ces quatres personnes ont insisté pour ne payer que jusqu’à la frontière.

Le truc c’est que normalement, les frontières sont super achalandées et surtout par les taxis et les rickshaws, alors nos comparses se disaient qu’après ils pourraient se trouver un autre moyen de transport pour se rendre jusque dans les îles… Mais cette frontière Lao-Cambodgienne est en fait perdue dans une sorte de nowhere et vraiment, rendus là-bas, t’avais pas envie d’avoir à attendre le prochain minibus parce que ça risquait d’être dans longtemps ! Le chauffeur en a donc profiter pour élever encore ses prix. Deux des touristes en étaient tellement insultés qu’ils ont préféré marcher… Après plusieurs kilomètres de marche, ils ont fini par se trouver des moto-taxi qui les ont embarqués jusqu’au traversier. Les deux autres qui n’avaient pas payé se sont retrouvés à débourser le triple ce que nos billets nous avaient coûtés.


Nous sommes finalement arrivés, après une longue journée de transports de toutes sortes, par accoster sur l’île de Don Det, ou malgré le soleil qui se cachait derrière les nuages, une dizaine de touristes se faisaient bronzer sur quelques quatre mètres carrés de sable…

Une image un peu troublante pour Jeff et Céliane qui, on ne sait trop pourquoi, s’attendaient à arriver dans une petite île très tranquille avec des pêcheurs et des fermiers. Finalement, c’était plutôt un endroit quand même très sympa, mais avec son shit load de touristes qui sont là pour chiller dans leurs hamacs avec un p’tit verre de lao-lao (l’alcool local) dans les mains...


Comme on y était, on a décidé de se fondre dans la masse et après un avant-midi de vélo, nous nous sommes aussi calés dans nos hamacs, un mojito au lao-lao à la main, accrochés sur le porche de notre petit bungalow en bambou, parfait pour observer peinard le coucher du soleil sur le superbe fleuve du Mékong !

Après une journée de repos, on avait envie de bouger alors on a refait nos sacs avant de sauter à bord du bateau.

Thursday, April 10, 2008

Bye bye Cambodge

Prochaine destination, donc, le Laos. Comme il fallait prendre deux autobus et deux bateaux pour se rendre dans les 4000 îles où nous avions prévu passer la nuit, nous avons décidé d’acheter des billets qui incluaient tous les transports jusque là-bas par le biais de la guesthouse. Et qu’est-ce qu’on a bien fait !

On s’est d’abord tapé trois heures de bus dans une minivan bourrée de touristes qui nous a amenée jusqu’au premier bateau. De l’autre côté de la rivière, une autre minivan nous attendait. Quatre touristes n’avaient pas encore payé pour cet autobus et comme il n’y avait pas vraiment d’autres véhicules le chauffeur a boosté les prix dans le tapis, comme on dit chez nous. Ces quatres personnes ont insisté pour ne payer que jusqu’à la frontière.



Le truc c’est que normalement, les frontières sont super achalandées et surtout par les taxis et les rickshaws, alors nos comparses se disaient qu’après ils pourraient se trouver un autre moyen de transport pour se rendre jusque dans les îles… Mais cette frontière Lao-Cambodgienne est en fait perdue dans une sorte de nowhere et vraiment, rendus là-bas, t’avais pas envie d’avoir à attendre le prochain minibus parce que ça risquait d’être dans longtemps ! Le chauffeur en a donc profiter pour élever encore ses prix. Deux des touristes en étaient tellement insultés qu’ils ont préféré marcher… Après plusieurs kilomètres de marche, ils ont fini par se trouver des moto-taxi qui les ont embarqués jusqu’au traversier. Les deux autres qui n’avaient pas payé se sont retrouvés à débourser le triple ce que nos billets nous avaient coûtés.

Nous sommes finalement arrivés, après une longue journée de transports de toutes sortes, par accoster sur l’île de Don Det, ou malgré le soleil qui se cachait derrière les nuages, une dizaine de touristes se faisaient bronzer sur quelques quatre mètres carrés de sable…


Une image un peu troublante pour Jeff et Céliane qui, on ne sait trop pourquoi, s’attendaient à arriver dans une petite île très tranquille avec des pêcheurs et des fermiers. Finalement, c’était plutôt un endroit quand même très sympa, mais avec son shit load de touristes qui sont là pour chiller dans leurs hamacs avec un p’tit verre de lao-lao (l’alcool local) dans les mains...


Comme on y était, on a décidé de se fondre dans la masse et après un avant-midi de vélo, nous nous sommes aussi calés dans nos hamacs accrochés sur le porche de notre petit bungalow en bambou, parfait pour observer peinard le coucher du soleil sur le superbe fleuve du Mékong !


Après une journée de repos, on avait envie de bouger alors on a refait nos sacs avant de sauter à bord du bateau.

ATM de quossé ??

On a finalement quitté la capitale Cambodgienne pour de bon afin de se diriger vers la frontière Laotienne. Mais avant de quitter le Cambodge, on s’est arrêtés dans la petite ville très charmante de Kratie parsemée de vieux bâtiments coloniaux un peu décrépis depuis le départ des Français.

Arrivés là-bas, on avait besoin de trouver un guichet automatique histoire de se remplir les poches. On s’est donc promenés dans la ville demandant aux Cambodgiens où se trouvait la banque (car il n’y en avait qu’une !). Quelques personnes nous ont précisé qu’il n’y avait pas d’ATM, mais d’autres nous avaient dit que oui. Nous marchions un peu inquiet vers la banque que nous avons finalement trouvée… À quelques 100m du bâtiment, nous avons aperçu, comble de joie, une petite cabane qui portait une grosse enseigne ATM. J-F c’est précipité à l’intérieur pendant que Céliane lançait des wouhou ! triomphants jusqu’à ce que J-F se retrouve devant un trou vide destiné à recevoir bientôt une machine distributrice… Le gardien de sécurité qui se trouvait-là a eu l’air de trouver la face éberluée de Jean-François bien drôle ! La seule solution a été d’envoyer J-F chercher des sous en autobus au guichet automatique le plus proche, c’est à dire à 5 heures de Kratie. Une journée dans le beurre on pourrait dire !


Le lendemain du retour de Jean-François, on s’est loué une motocyclette parce que c’est vraiment génial la liberté que ça procure. On s’est dirigé vers l’attraction avec un grand A de Kratie qui est d’aller observer les dauphins de rivière du Mékong. Par contre, arrivés là-bas on s’est rendus compte que le prix des bateaux étaient un peu trop chers sauf si on attendait que d’autres touristes arrivent pour partager les frais. On s’est donc posés à l’ombre d’un arbre et on a attendu. Au bout d’un moment, une dame est arrivée en bicyclette et on s’est précipités pour lui demander si elle voulait bien venir avec nous, mais elle ne voulait pas vraiment y aller alors on s’est mis à placoter avec elle pour passer le temps. Un peu plus tard, alors que nous jasions encore avec la dame, deux touristes sont revenus du tour de bateau et ils avaient l’air un peu raplaplats alors on leur a demandé comment c’était, les dauphins… Ils nous ont dit avoir vu quelques bosses grises du coin de l’œil d’un ton un peu déçu et sont partis tout de go. Nous nous sommes regardés et d’un commun accord avons rembarqués sur la moto pour explorer les alentours.

Notre guide de voyage parlait d’un temple qui se trouvait pas très loin de là et d’où il y avait une vue imprenable sur la région, alors on s’y est dirigés… Mais à vrai dire, c’était un temple vraiment pas très intéressant et la vue était en fait cachée derrière les grands arbres de la montagnes. On s’y est quand même arrêter pour manger notre petit lunch et on s’est remis en route.


La ballade était en fait vraiment sympa, on a traversé tout plein de petits villages où l’on pouvait apercevoir quelques bribes de la vie quotidienne des Cambodgiens.

Tuesday, April 1, 2008

Et vive la corruption !!

Dès qu’on a obtenu notre visa pour le Laos (qui nous a coûté plus cher que prévu parce que l’officiel avait envie de se mettre une couple de piasses dans les poches…) nous sommes partis pour Sihanoukville pour se changer les idées. En fait, tout ce qu’il y a là-bas, c’est des plages. Alors aussitôt arrivés, on a enfilés nos costumes de bain et on est allés se jeter dans la mer ! Comme toutes les fois qu’on va sur le bord de l’eau, il faisait nuageux, mais c’était tout de même bien plaisant de nager un peu. Le lendemain on s’est loué une moto pour aller dans une plage un peu moins touristique qui était effectivement moins peuplée et de fait un peu moins propre (plein de déchets un peu partout… pas chic chic). On en a quand même profité et on est revenus juste avant le déluge.

Pour partir de Sihanoukville, on a pris un shared taxi ; une voiture dans laquelle six personnes s’entassaient à l’arrière et quatre en avant (dont deux sur le siège du conducteur…) On préfère encore voyager sur le toit des autobus !

Comme on est arrivés à Kampot assez tôt dans la journée, on s’est loué des vélos histoire de visiter un peu la ville. C’était une toute petite ville sur le bord du Mékong (un fleuve qui traverse plusieurs pays d’Asie).
Le soir il a fallu faire trois petits restaurants avant qu’on réussisse à se faire servir… Ils ne voient sûrement pas beaucoup de touristes débarquer dans les restos locaux !

Le lendemain, on s’est loué une moto dans l’espoir d’aller visiter une ancienne station balnéaire Française à l’abandon, mais on ne nous a pas laissé passer parce qu’ils organisaient des tours à 30$ la journée. On a donc rebroussé chemin pour aller visiter des grottes.

La première qu’on a visité était un peu décevante, mais on était bien contents d’avoir continué notre chemin jusqu’à la deuxième… Nous avons été guidés par un groupe d’enfants à travers des trous et des tunnels, c’était génial ! Notre principal guide (un des enfants) était vraiment sympa. Il nous a même emmené voir une autre grotte pas trop loin dans laquelle s’élevait un petit temple tout en briques. Il parlait un super bon anglais et nous a même fait signer son guestbook. Une très belle journée !

Comme il n’y avait pas grand chose d’autre à voir autour de Kampot, on est reparti le lendemain pour Phnom Penh. Le seul moyen pour y aller, c’était de prendre un mini bus. Il a fallu attendre trois heures avant qu’il se remplisse pour partir et durant le trajet, on a été témoin d’une engueulade d’une demi-heure entre le chauffeur et certains passagers Cambodgiens… Une drôle d’expérience lorsqu’on y repense !

Durant ce deuxième séjour à Phnom Penh, on a été prendre un bière avec Gabriel Béland qu’on avait rencontré à Bangkok et qui était de passage au Cambodge. On s’est aussi tapé une super bouffe dans un resto géré par une ONG qui apprend aux jeunes de la rue à cuisiner et à être des serveurs hors pairs… Les plats étaient incroyablement bons (ou peut-être étions-nous tellement surpris de goûter des saveurs de chez nous) salades au vinaigre balsamique, nachos, bouchées épinard et fromage…


On en a aussi profité pour visiter quelques ONG, dont CMAC qui s’occupe du déminage au Cambodge. On s’est retrouvés à parler avec le directeur général de l’organisation qui était super content de répondre à nos questions. On a aussi visité un centre de réhabilitation pour les victimes de mines antipersonnelles, mais en fait le centre a élargi ses horizons et traite maintenant toutes sortes de patients et presque pas de victimes de mines. Tant mieux, ça veut dire que le travail de déminage porte fruit et c’est rassurant de savoir que les infrastructures mises en places continueront à être utiles même si les gens qui en bénéficiaient à l’origine sont de moins en moins nombreux.

On en a aussi appris un peu plus sur la misérable vie des chauffeurs de cyclo-pousse. La plupart viennent des campagnes et laissent leur famille derrière lorsque les récoltes sont terminées pour aller dans la capitale afin d'essayer d'arrondir leurs fin de mois. Ils dorment bien souvent en plein air sur le banc du véhicule qu'ils doivent louer à une compagnie... Leurs revenus sont donc très maigres et la plupart tentent maintenant de devenir chauffeurs de moto-taxi, lorsqu'ils parviennent à amasser assez d'argent, car de moins en moins de gens font appel aux cyclo-pousses.


À Phnom Penh on s’était aussi loué une motocyclette pour se déplacer. C’était vraiment pratique et relativement économique jusqu’au jour où les policiers ont décidé de nous faire chier en nous arrêtant pour aucune raison (vraiment aucune !) quatre fois en l’espace de deux heures… Ils avaient décidé de faire la piasse ce jour-là, alors ils avaient installé des barrages partout dans la ville pour arrêter tous ceux qui contrevenaient à la loi et tous les touristes. Le truc c’est que si tu leur donnes de l’argent, ils te laissent passer sans contravention et ça leur fait un gros magot pas déclaré à la fin de la journée… Après la quatrième fois, avec Céliane qui gueulait contre le policier pendant que J-F essayait de régler les choses calmement (c’est le monde à l’envers !) on a ramené la moto et on a pris des tuk-tuk ! On a d’ailleurs fait l’expérience des moto-taxi qui nous transportaient tous les deux derrière le chauffeur, on restera toujours étonnés du nombre de passagers qu’une moto peut embarquer en Asie (Le plus qu’on a vu c’est cinq personnes : deux parents et trois enfants…)

Le génocide Khmer


Après avoir fait le tour des temples, on a quitté Gab et les Estoniens et on a pris le bus pour Phnom Pen, la capitale du Cambodge. On y est resté que deux jours, le temps de visiter S-21, un ancien camp de concentration qui avait été installé dans une école durant la période de tyrannie où les Khmers Rouges étaient au pouvoir, de 1975 à 1979.


Le règne des Khmers Rouges fut une période terrible pour le Cambodge. Pendant les quatre ans du Règne de Pol Pot (chef du mouvement), plus de deux millions de Cambodgiens ont été massacrés. Lorsqu’on se documente sur ces évènements, on a l’impression de lire 1984 d’Orson Wells… D’abord, les Khmers Rouges ont envahi la capitale et ont forcé tout le monde à s’exiler dans les campagnes. Ils tuaient tous les intellectuels systématiquement ; le paysan illettré était considéré comme l’être humain idéal. Quiconque semblait contester le parti d’Angkar (l’organisation) disparaissait mystérieusement durant la nuit. Tout le monde devait s’habiller de noir, plus personne ne faisait confiance à personne de peur d’être dénoncé, les enfants se faisaient enseigner les principes de l’Angkar et les rudiments de la guerre, la nourriture était rationnée (deux bols de soupe de riz clair par jour). Et pendant tout ce temps, les Khmers Rouges étaient appuyés par l’opinion internationale qui ne voulait croire qu’à une saine révolution (c’était dans les années 70, le communisme était à la mode…)


Bref, on a visité l’ancien camp de concentration (une ancienne école renommée S-21 pendant le règne des Khmers Rouge et où ceux qui avaient la malchance d'y être envoyés n'avaient aucune chance d'en ressortir vivant, ils y forçaient les gens à faire de fausses confessions.. un interrogatoire sans torture n'était pas envisageable) et ensuite on s'est dirigé vers les killing fields où ils tuaient les gens à coups de masses afin d’économiser les balles. Après, on s’est clanché un docu et on s’est acheté des livres parce qu’on trouvait ça important de s’instruire un peu sur le génocide dont on a si peu entendu parler… Et on a appris que le pays ne s’est réellement libéré des Khmers Rouges qu’au milieu des années 1990 (ils n’étaient plus au pouvoir depuis 1979, mais continuaient à tenter de reprendre le pouvoir en imposant leurs lois dans les campagnes).


En ce moment, ils commencent le procès des Khmers Rouges, seulement ceux qui étaient à la tête de l’organisation (les autres s’étant refait une vie, partageant les mêmes villages que ceux qui étaient jadis leurs victimes), mais ce procès ne restera que symbolique car les personnes qui auraient vraiment dû être jugées sont déjà passées dans l’autre monde.


Les mystérieux temples d'Angkor

Le lendemain matin, on s’est organisés avec les Estoniens pour aller visiter les temples d’Angkor. On est donc embarqués 4 dans un tuk-tuk et nous voilà partis pour Angkor Wat, le temple principal.


En gros, on a visité des temples en ruines et c’était vraiment magnifique! Chaque temple avait sa particularité, le temple d’Angkor était le plus gros, celui de Bayon avait des dizaines de grosses faces sculptées dans des tours et qui semblaient nous observer peu importe où l’on se trouvait dans le temple, Ta Phrom quant à lui était enseveli sous d’immenses racines d’arbres et a été le lieu de tournage de Tomb Raider.

Pour visiter les différents temples, on se déplaçait en tuk-tuk. La première journée, on était quatre (nous et les Estoniens) et la deuxième journée, on était cinq (avec Gabriel Ladouceur, un ami de Montréal qui passait justement par là!). On doit dire que cinq dans un tuk-tuk, surtout quand t’as deux heures de route à faire juste pour te rendre au site, c’est pas ce qu’il y a de plus confortable… En plus on a roulé sur les routes de sable, c'était pas facile pour nos p'tits poumons!


Cette journée-là, en fait, on a fait un peu changement des temples et on est allés visité un site dans la forêt avec une petite chute (un peu à sec parce qu’on est loin de la saison des pluies!) et des espèces de bas-reliefs qui datent de je ne sais combien de centaines d’années… C’était chouette!

À Siem Rep, la ville où on dormait, on s’est roulés dans les baguettes de pain (bon pas littéralement roulés dedans-là…) et on a fait une petite ballade en vélo pour aller voir un musée sur les mines antipersonnelles qu’on n’a jamais trouvé. Comme on aimait bien les temples, on a décidé d’aller en visiter un autre que le Lonely Planet décrivait comme the Indiana Jones experience…


Effectivement, c’est le temple qu’on a visité dans lequel on se sentait le plus comme des explorateurs… tout était en ruine, ensevelis entre des racines d’arbres, on pouvait se faufiler partout et entrer dans toutes les pièces, et surtout : il n’y avait presque pas de touristes!


On s’est fait un pique-nique baguettes au beurre de peanut et bananes (miaammmm!) et on a été accompagnés par des enfants qui avaient l’air d’avoir grandi dans ces ruines.

Friday, March 14, 2008

ARRRRRRRGGG!!!!

Nous avions lu et entendu pas mal de choses sur le poste frontalier de Aranya Prathet / Poi Pet (côté Thaïlande / Cambodge). À vrai dire, rien de bien positif… Que des histoires d’horreurs. Le paradis du scam comme on pourrait l’appeler (scam est le terme anglais que l’on traduirait poliment en québécois par : se faire passer un sapin ou, moins poliment, se faire fourrer). Donc on débarque du bus, et on commence par aller dîner avec les estoniens histoire de faire un peu plus connaissance. À noter que nous ne savions pas que l’enfer sur terre pour les voyageurs n’était qu’à seulement 2 ou 3 kilomètres de nous… Voici donc, méthodiquement, tout ce qui s’est produit avant, pendant et après notre entrée au Cambodge.

Donc de la ville aux douanes, nous avons pris un tuk-tuk (version thaïlandaise des rickshaws indiens et népalais). À peine débarqués du petit triporteur, nous sommes assailli par des gens qui nous disent dans un anglais de piètre qualité que nous devons faire faire le visa cambodgien du coté thaïlandais de la frontière. Notre petite bande a un petit doute car c’est une procédure qui se fait normalement à la frontière du pays dans lequel on entre. On suit quand même l’homme qui nous tend le formulaire officiel pour l’obtention du visa. Il nous mène sur le côté de la route et nous indique une table sous un parasol juste à coté d’un petit kiosque où des gens vendent des liqueurs. Le tout respire les procédures officielles si vous voyez ce que nous voulons dire. On nous explique qu’il faut remplir les documents et que par la suite, un gars part en moto avec une personne, disons Jeff, pour se rendre au consulat du Cambodge pour faire valider les visas. Le touT moyennant la modique sommes de 40 $ américain. Alors Céliane rétorque un peu sèchement : ‘How come 40 USD ? It’s suppose to be 20 $.’ Le gars un peu pris de court commence à dire que nos informations viennent de sources peu fiables, c’est-à-dire le guide de voyage Lonely Planet et il nous sort un dépliant pour touristes tout magané sur lequel il est spécifié que le visa coûte 40$ (ce dépliant parlait d’un autre poste frontière situé dans les îles) Pendant cette petite argumentation, Jeff voit un autre touriste, un gros américain, qui nous dira plus tard « 25$ or 40 $ what’s the difference? It’s only money ! », se faire avoir dans l’arnaque et se faire imposer une ‘’amande’’ de 1000 baths (soit 33 $) pour faire faire ses photos passeport que l’on a pu trouver à Bangkok dans le premier magasin photo pour 3 $. Après avoir vu 2 touristes se faire imposer un amande d’un montant différent et de d’être rappelé qu’il est techniquement impossible d’entrer au Cambodge sans photo, Jeff décide de marcher jusqu’au bureau de l’officier des douanes pour se faire expliquer le tout et ce, peu importe le temps que ça prendra !

Il se rend donc à pied pendant que Céliane et les Estoniens surveillent les sacs. Pendant qu’il n’est pas là, l’homme sort une pièce d’identité sur laquelle est écrit qu’il est agent douanier… La photo est très mal imprimée et la carte respire la fausseté, Céliane lui demande s’il a vraiment 24 ans et le type s’empresse de lui répondre ‘You don’t believe me? Do you belive me?’ et Céliane de le regarder en riant avec les Estoniens qui se disent entre eux combien la carte a l’air fausse…
Jeff est revenu sans info, mais tout le monde était d’accord pour aller au poste frontière de toute façon. Lorsqu’on s’est mis en marche, l’homme est devenu très agressif et il disait à Jean-François que c’était cruel de faire marcher sa blonde au soleil devant Céliane qui éclatait encore une fois de rire… Le pauvre n’était définitivement pas prêt de se faire prendre au sérieux!

On a passé la douane thaïlandaise sans problème. On s’est ensuite retrouvés dans un flou… Autour de nous il y avait plusieurs casinos richement construits devant lesquels mendiaient des petits enfants Cambodgiens. On a ensuite vu une pancarte qui semblait officielle avec un bureau et un guichet derrière lequel se tenait un homme en uniforme. Enfin, on a trouvé l’endroit pour faire faire les visas… On s’est quand même fait donner un prix bien trop élevé et impossible de payer en argent US! À force de s’argumenter, on a fini par faire descendre le prix et à pouvoir payer en dollars. On a même été jusqu’à demander à un policier qui se tenait par là si c’était bel et bien l’endroit pour faire faire les visas pour s’assurer qu’on ne se faisait pas avoir. Le gars nous a offert deux façon de payer (tout en US ou en US et en Bath) qui revenaient à deux prix différents. On a fait le calcul et prix l’option la moins chère, mais bon sang qu’on en avait marre!

Une fois la frontière passée, on se fait offrir des taxis. En fait, on sait qu’il faut prendre un taxi pour se rendre jusqu’à Siem Rep, notre prochaine destination, car il n’y a pas d’autobus. Dans le guide de voyage, ils spécifient qu’il y a une navette gratuite menant jusqu’au terminus d’autobus, on demande à quelqu’un qui nous dit d’embarquer dans un bus. On embarque, mais l’autobus part avec seulement sept personnes à bord (nous, les Estoniens, un français et deux cambodgiens). Céliane trouve ça louche en maudit… On arrive effectivement deux minutes plus tard devant le bureau d’une agence de voyage! Céliane s’est mis à dire aux deux Cambodgiens qui voulaient nous faire descendre là et qui nous disaient d’aller changer de l’argent que ce n’était pas ce qu’on avait demandé et qu’on ne changerait pas d’argent ni ne prendrait aucun taxi avec eux. Un des Cambodgien s’est mis à l’insulter de façon très agressive. Le Français regardait la scène un peu éberlué pendant que le Cambodgien le tirait par la manche pour qu’il descende tout en continuant d’insulter Céliane qui en était rendue à rire de lui tellement il se mettait les pieds dans les plats! On a appris par la suite que le Français avait salement engueulé le Cambodgien qui avait tenté de l’emberlificoter depuis le poste frontière et aurait presque réussi si seulement il ne s’était pas mis à hurler comme un débile… Nous avons donc marché juste un peu avant de trouver un taxi au prix qui nous convenait.

Quatre heures plus tard, nous étions à Siem Rep, enfin! Le chauffeur nous a débarqué au mauvais endroit, espérant que nous prendrions une chambre dans un hôtel qui lui aurait donné une commission… Heureusement, Céliane avait aperçu la guesthouse où nous souhaitions aller sur le chemin et ce n’était pas tellement loin. Nous avons donc débarqué sans dire un mot et avons ramassé nos bagages avant de prendre le chemin de l’endroit où nous avions décidé d’aller. Nous étions épuisés, sans s’en être parlé, nous pensions tous les deux la même chose : re-bienvenue en Inde! Pas seulement à cause des gens qui ne cessent de vouloir vous arnaquer, mais aussi à cause de la pauvreté flagrante du pays. Les enfants qui mendient, la poussière partout, les maisons décrépies…

La différence entre la Thaïlande et le Cambodge est flagrante, dès qu’on met le pied du côté cambodgien de la frontière. C’est presque choquant de voir une si grande différence entre deux pays si près l’un de l’autre. Ce qu’il faut savoir, par contre, c’est que le Cambodge sort à peine de 25 années de guérilla et de guerre civile. Les Khmer Rouge ont commis un génocide dans les années soixante dix et ont été longtemps actifs après avoir été chassés du pouvoir en 1979 par les Vietnamiens. Les Cambodgiens utilisent trois monnaies différentes : le bath, le dollars US et le riel qui ne vaut pratiquement rien (4000 riels pour un dollar). Tout ça pour dire que cette soirée-là, après la journée qui ne nous avait semblé être qu’une interminable série de batailles et d’argumentations, Jean-François se disait tout bas que si c’était pour continuer ainsi, il prendrait le premier bus en direction du Laos!