De Pondichéry, on a fait 3h de bus jusqu’à Chennai, puis on s’est rendus à la gare d’où nous devions prendre un train pour Delhi. Nous avons attendu quelques heures à la gare. Comme toutes les places assises étaient prises, on a fait comme les Indiens et on s’est assis par terre. Autour de nous, il y avait plein de gens qui dormaient, couchés un peu n’importe où. Puis, on s’est pris une masala dosai pour souper, qui était épicée a en vomir, et on a embarqué dans le train. Le voyage a duré plus de 39h… Deux nuits à dormir sur les trop petites banquettes et à regarder les mendiants passer dans l’allée. Être mendiant ici, c’est un business. Il y a des chefs des mendiants qui gèrent les territoires, qui coupent parfois des membres aux bébés mendiants qui naissent pour qu’ils fassent plus pitié et qui bien sûr se prennent une cote sur l’argent que font les mendiants. Dans les trains, ils déambulent l’un après l’autre. Les petites filles avec des anneaux et maquillées à outrance qui font ‘’du cirque’’, les hommes qui n’ont plus de jambes ou de mains, les hommes habillés en femmes, les femmes avec leur bébé, les gens déformés par la polio… C’est triste à voir. En même temps, quand on sait que les mendiants le sont de génération en génération parce qu’ils apprennent à leurs enfants qu’il n’y a rien d’autre à faire que d’attendre l’aumône et qu’ils donnent une grosse partie de leur argent au maître des mendiants, on se dit que ce n’est pas vraiment les aider que de leur donner de l’argent.
Le voyage s’est tout de même assez bien passé, même si on trouvait que le temps ne passait pas tellement vite.
Juste à la sortie du train, un peu trop pressé de débarquer, Jean-François prenant sont plus bel élan pour enfiler son sac à dos et ne sachant pas que Céliane était près de lui, très près, lui a envoyé une décente du coude en plein visage. En plus d’avoir un peu assommé Céliane, la monture de ses lunettes a rendu l’âme. Bon matin tout le monde et bienvenue à Delhi!!
On s’est trouvé une chambre dans le quartier touristique, parce que c’est plus pratique en plus d’être juste à côté de la gare de train.
On a ensuite trouvé un restaurant où ils servaient des petits déjeuners américains : œufs, jambon, patate hashbrown… déception totale! Un jour on finira par se dompter et par arrêter de penser qu’on va recevoir quelque chose qui goûte ce que l’on croit que ça va goûter si c’est autre chose que des mets locaux.
On préfère manger dans les boui-bouis, c’est moins cher et ça goûte meilleur! Et Céliane s’est résignée à endurer ses caprices intestinaux jusqu’à ce qu’elle sorte de l’Inde…
À Delhi, donc, on avait tout plein de commissions à faire… comme magasiner de nouvelles montures de lunettes pour Céliane! On a trouvé une monture qui se plie dans tous les sens, histoire d’éviter d’autres accidents.
On a visité le Red Fort, mais pas la Mosquée parce que ça coûtait trop cher d’y entrer avec nos appareils photos. Mais comme on reviendra à Delhi, on s’est promis d’y retourner.
On a aussi vu un film : Chakde India, avec un acteur super connu qui s’appelle Shah Rukh Khan! Petite déception parce que ce n’était pas un film avec plein de chansons et de chorégraphies comme on croyait… Mais on a bien rigolé quand le film a coupé en plein milieu; un entracte au cinéma! C’est pour pouvoir vendre plus de popcorn…
On s’est ensuite promené à Connaught Place, le quartier des magasins de marque. On a croisé la jeune trentaine aisée qui peut s’offrir des jeans Levis et on a mangé chez McDo. On s’est dit qu’on se devait de comparer les McDo Indiens des McDo Québécois, surtout après toutes les mauvaises imitations de mets ‘continental’ qu’on a goûté… Étonnamment, le McDo goûtait bel et bien le McDo. C’est sûr que le burger Maharaja goûtait un peu différent de nos fameux big macs, mais le burger filet de poisson goûtait vraiment comme chez nous!
C’est dans des quartiers comme Connaught Place qu’on se rend compte qu’il y a pas mal d’Indiens qui sont très à l’aise financièrement. C’est troublant de voir toute cette richesse à côté de la pauvreté, de la saleté et du manque d’infrastructures de la ville.
Ensuite, on a pris le train pour Chandigarh, nouvellement rebaptisé Chandigarh de mes deux par Céliane. La capitale de la province du Punjab a été conceptualisée par Le Corbusier, un architecte Français. Comme on était dans la capitale, la clientèle des hôtels devait se composer principalement de diplomates, de gens d’affaires et compagnie. Notre chambre nous a donc coûté un gros 10$... On n’était pas trop contents, mais on a décidé de n’y rester qu’une nuit. On est donc très vite sortis de la chambre pour visiter l’œuvre de Le Corbusier. La ville est divisée en secteurs qui sont nommés par des numéros placés dans un ordre tout à fait logique, tout est carré et droit. Facile de s’y balader? Non! Premièrement les distances sont astronomiquement grandes, ce qui rend impossible de s’y déplacer à pieds. Deuxièmement, les chauffeurs de rickshaws ne connaissent même pas leur ville. C’est absolument impossible de se faire amener devant son hôtel. Ils te déposent à un coin du secteur et toi, débrouille-toi avec le reste, même si t’as encore 15 minutes de marche à te taper! En plus, les petits vilains nous chargent des prix de fous pour nous trimballer dans la ville!
Le premier rickshaw qu’on a pris, il n’avait pas bien compris où on voulait aller, alors il nous a amenés dans un trou perdu au milieu de nulle part et nous a chargé deux fois le prix qu’on avait marchandé au départ (parce qu’on était deux!) Rendus dans le nowhere, on n’avait pas très envie de rembarquer avec lui, d’autant plus qu’il ne comprenait rien de ce qu’on lui disait. On s’est donc trouvé un autre auto-rickshaw qui a dû demander son chemin 5 fois avant de nous dire qu’il ne connaissait pas du tout l’endroit où on voulait aller. Il nous a tout de même fait voir, de loin, quelques uns des projets du Corbusier. Message d’un étudiant en architecture à Mr. Le Corbusier : Mon vieux, tes projets sont vachement plus beau en photos qu’en vrai. Ils vieillissent un peu mal, surtout quand ils sont entretenus comme seuls les indiens savent le faire !
Comme on était très fatigués et qu’on en avait notre claque de faire du taxi pour rien, nous sommes repartis vers l’hôtel, les chauffeurs de tuk-tuk et de vélo-rickshaw plus riches de 300 roupies.
Juste à côté, il y avait une méga promenade avec plein de magasins de marque, c’était encore plus impressionnant, niveau luxe, que la Connaught Place de Delhi! On est donc allés s’y balader à pieds. À vrai dire, on se faisait un malin plaisir d’envoyer paître, en français, les rickshaws qui avaient le malheur de ralentir sur notre chemin pour nous offrir leur Oh, combien dispendieux services! Et puis, il s’est mis à nous pleuvoir dessus. Alors on s’est dit qu’on était dus pour rentrer pour de bon! On s’est acheté des légumes et on s’est fait une super salade qu’on a accompagnée d’un petit verre de rhum pour se remonter le moral…
Le lendemain, on est partis très tôt pour Shimla, parce que Chandigarh, ce n’était pas pour nous. Shimla, c’est dans les montagnes Himalayennes. Pour la première fois, on a enfilé nos bottes de marche et nos chandails chauds et on s’est baladé dans la fraîcheur et l’air pur des montagnes!
Shimla, c’est une petite ville très populaire chez les touristes Indiens qui ont les moyens. La rue principale est bordée de petits magasins de marques américaines et européennes et au moins le tiers de la ville semble être composé d’hôtels et de restaurants.
Et comme on était dans les montagnes, on a pu aller faire quelques randonnées. On s’entend; les randonnées ne se font pas, ici, sur de beaux petits sentiers bien aménagés mais plutôt sur la même route asphaltée qu’empruntent autobus, motocyclettes et compagnie! Ce furent tout de même de belles balades avec des paysages superbes…
Nous avons vécu quelques émotions fortes lors d’une de nos randonnées vers le temple d’Hanuman, le Jakhoo temple (Divinité Indienne dont l’apparence s’apparente à celle d’un singe et qui est souvent représentée dans des circonstances très violentes...)
Lorsque nous avons amorcé notre ascension vers le temple, un Indien s’est mis à nous crier quelque chose comme ‘Monkey sticks! Monkey sticks!!! Five roupies!’ en brandissant des bâtons de marche dans les airs. Un peu intrigués et ayant lu un avertissement contre les ‘’vicious monkeys’’ dans notre guide de voyage, nous nous approchons du vieillard. ‘Beware your googles! Take the sticks against monkeys! Five roupies and you give it back…’ Nous avions déjà croisé quelques singes en ville et nous les trouvions plus mignons qu’autre chose, mais considérant l’avertissement du livre et le 20 sous que cela nous coûtait, nous avons opté pour la tranquillité d’esprit et avons loué les bâtons, absolument certains de se faire arnaquer pour la millionième fois du voyage… La marche jusqu’au temple s’est déroulée à merveille et les singes que nous avons croisé nous regardaient passer peinards, sans trop bouger.
Rendus en haut, juste avant l’entrée du terrain du temple, nous nous sommes arrêtés pour prendre une gorgée d’eau et s’asseoir deux petites minutes. Une maman singe très mignonne était assise par terre, derrière notre banc. Jean-François l’a prise en photo, et elle lui a montré les dents… Céliane a vu la lueur du ‘’vicious monkey’’ briller au fond des yeux de la guenon et s’est promptement levée, bâton aux aguets. Mais Jean-François, lui, ne se pouvait plus de se foutre de la gueule qu’avait le singe sur la photo qu’il venait de prendre, il riait sur le banc, ramassant tranquillement ses avoirs quand la saloparde de guenon a sauté sur le bord du banc et a arraché les lunettes de Jean-François! Il était là, debout, complètement hébété alors que Céliane le regardait, tout aussi éberluée, ne réussissant qu’au bout de quelques secondes à articuler : ‘Elle t’a volé tes lunettes la c%$?lisse…’
Jean-François a tout à coup réalisé l’ampleur de ce que signifiait ne pas avoir de lunettes… On ne vous dira pas ce qu’il a dit parce que ce n’était pas très beau à entendre! Entendant la complainte garnie de sacres de J-F, un Indien est accouru vers nous avec un sac d’arachides et nous a fait signe d’attendre. Deux minutes plus tard, il était revenu avec les lunettes de J-F pleines de baves et un peu croches, mais intactes. Il nous a remis les lunettes en échanges de quelques roupies… C’est là qu’on s’est demandé si les singes n’avaient pas été dressés à arracher les lunettes des touristes afin que les employés du temple puisse arrondir leurs fins de mois avec les sous qu’ils recevaient en échange…
Le gars nous a dit d’enlever nos lunettes et de faire de grands cercles avec les bâtons pour éloigner les singes. Comme on est aussi myopes que les chauves-souris sans nos lunettes, on a décidé de garder nos lunettes et d’opter pour la stratégie des coups de bâtons dans le vide. Pour finalement accéder au temple, il nous fallait traverser un passage couvert d’un toit en tôle. Céliane avait très peur des singes qui devaient le sentir, car ils s’approchaient dangereusement d’elle, malgré ses moulinets du bâton… Nous avons donc marché très vite le petit chemin qui menait jusqu’au temple. Au beau milieu du chemin, Jean-François s’arrête net. Il vient de voir deux macaques perchés non loin d’eux. Aussitôt qu’il les regarde, ils se mettent à s’énerver d’une étrange façon. J-F tire avec insistance sur le bras de Céliane. Il lui demande alors si elle voit bien la même chose que lui. Céliane oublie tout à coup qu’elle a peur et lui dit : « Il y a quelque chose que je ne comprends pas… ». Imaginez-vous donc que dans un moment de panique un des singes en a profité pour sauter derrière l’autre afin de le sodomiser frénétiquement en ne cessant pas de crier et de nous regarder de façon très agressive… À noter que le premier n’a semblé s’apercevoir de rien. Un peu troublés, nous avons donc décidé de continuer rapidement notre ascension en étant plus insistants avec nos bâtons. Rendus là-haut, c’était beaucoup plus agréable parce qu’il y avait des chiens dressés à marcher avec les touristes et à poursuivre les singes trop téméraires… On a donc pu en profiter un peu. Le temple était tout petit et les murs étaient décorés de peintures représentant Hanuman avec des têtes coupées dans les mains ou bien Hanuman qui s’ouvre le thorax à mains nues… Un peu troublant, quoi... Et rien pour rassurer Céliane sur la gentillesse des singes. Ce fut d’ailleurs un peu pénible de redescendre, car nous avions enlevé nos lunettes le temps de traverser le couloir des singes tueurs (c’est Céliane qui l’a baptisé ainsi…) et comme nous n’y voyions que dalle, Céliane avait encore plus peur et les singes étaient encore plus agressifs et ils tapaient sur le toit de tôle, ce qui créaient un vacarme assourdissant, et se mettaient en bandes pour nous bloquer le chemin. Par chance, Jean-François, maniait le bâton avec tellement de férocité (un peu de rancune J-F??) que nous avons réussi à passer!
Après Shimla, on a pris le bus de nuit pour Dharamshala, la ville où le Dalai Lama habite. Un petit 10 heures de déplacement sur les routes qui serpentent dans les montagnes. Ici, pour être chauffeur, il faut tout d’abord avoir ses accréditations pour piloter une Formule 1 semble-t-il. La seule différence c’est que le chauffeur est responsable d’une soixantaine de passagers et qu’il n’y a pas de parapet au bord des routes escarpées…Toujours est-il qu’une petite Gravol a été nécessaire aux deux seuls touristes blancs pas trop habitués de se faire autant brasser.
Comme on est arrivés à 5 heures du matin, il n’y avait pas d’autobus avant un bon bout de temps pour nous amener de la basse ville à la haute ville. On s’est donc tapé un bon 4 km de marche avec nos gros sacs à dos dans les montagnes. En chemin, on a rencontré Alain, un Québécois qui voyage depuis quelques années. Il était très gentil et nous a montré quelques raccourcis pour se rendre jusqu’en haut. On a fini par trouver l’escalier qui menait à notre hôtel. Il n’en finissait plus de finir, mais ça valait la peine, parce que notre chambre, tout à fait propre, nous coûtait trois fois rien. Il y avait même un divan, un peu décrissé, mais un divan quand même, avec une petite table pour écrire et deux grandes fenêtres qui laissait entrer la lumière du jour… En plus, on avait une super vue des montagnes sur la terrasse du troisième étage, et comble du luxe, nous avions de l’eau chaude! C’est a ce demander si la loi qui s’applique a la nourriture (moins tu paies cher plus tu en as et meilleur c’est) s’applique aussi aux chambres d’hôtel. Note a part, les tibétains étant conscients de la qualité de fabrication des produits indiens et étant soucieux de la santé de leurs clients, avaient pris soin de mettre une petite note à côté de notre chauffe-eau qui disait : Pour votre propre sécurité, ne pas laisser allumé plus d’une heure, produit de qualité Indienne.
Dharamshala est une petite ville peuplée de Tibétains souriants, de moines bouddhistes un peu coquins et de gens de toutes les cultures attirés par les enseignements du Dalai Lama.
Comme il y avait justement une session d’enseignement qui commençait le lendemain, on s’est levé très très tôt. On s’était procuré une petite radio pour pouvoir écouter la traduction simultanée en anglais, parce que notre pote Dalaï parle en Tibetain. Lorsqu’on est sorti dans la rue, ça été très facile de trouver notre chemin, parce qu’il y avait tout plein de moines bouddhistes qui s’en allaient au même endroit que nous. Et finalement, on s’est trouvé des places sans trop de mal… la seule chose, c’est qu’on ne voyait pas le Dalaï Lama en vrai, on le voyait sur une des télés qu’ils avaient disposées un peu partout dans l’édifice. Mais on l’a vu arriver, entouré de ses gardes du corps.
Ce qui était le plus impressionnant, ce n’était pas de le voir lui, parce qu’il était assez loin de nous, mais plutôt de voir les milliers de fidèles qui, aussitôt qu’ils l’apercevaient, se prosternaient et lui envoyaient des prières et des bénédictions, même s’il était très très loin.
Durant la séance, on a eu droit à un petit pain et un thé au beurre. Le thé au beurre, ça goûte vraiment le beurre et très peu le thé. Grâce à nos supers papilles, on croit en avoir découvert la recette : Faîtes fondre une livre de beurre dans deux tasses d’eau bouillie et servez immédiatement. C’est assez riche et un peu surprenant comme goût! Nous nous sommes par la suite aperçu qu’il est préférable d’y tremper un bout de pain au lieu de faire comme JF et d’essayer de le boire ‘straight’ comme si de rien n’était.
La nourriture Tibétaine s’est avérée être d’une jouissance totale pour Céliane… Les épices n’étaient que très subtiles ou complètement inexistantes dans tous les plats que nous avons goûtés. Nous mangions très souvent au restaurant tenu par les moines, parce que les profits servaient à soutenir le monastère et en plus, c’était bon! Mais pour les momos, c’est au Momo Café que nous allions! Un tout petit endroit, un peu crade, tenu par des jeunes Tibétains très sympas, (qui aimaient, disons-le, prendre un petit coup le soir venu) qui faisaient des momos au mouton du tonnerre!
On s’est aussi clanché une assiette de fromages dans un resto pour les touristes. Normalement, en Inde, ce qu’ils appellent du fromage, c’est le paneer. On est même pas sûrs que c’est à base de produit laitier. Ça goûte un peu comme le tofu… c’est-à-dire : rien! Alors le petit emmenthal qu’ils ont mis dans notre assiette, c’était le paradis pour nos papilles! Tout ce qu’il manquait, c’était le verre de vin…
Comme les fromages étaient bons et que la nourriture n’était pas excessivement épicée, on s’est dit que peut-être les plats ‘continentaux’ goûteraient sensiblement meilleurs que dans le reste de l’Inde. On s’est donc commandé une croustade aux pommes… Vraiment, en Inde, la bouffe qu’on connaît ne se ressemble pas! On s’est retrouvé avec un pudding chaud à la vanille avec des pommes pas cuites dedans. Pas que c’était mauvais, mais c’était loin d’être la croustade de nos mamans!
À Dharamshala, on en a donc profité pour se balader dans les montagnes (toujours sur les routes asphaltées), respirer l’air pur et faire une petite coupe de cheveux à JF. C’est qu’il commençait à être dû!
Ça a fait un bien fou d’être entourés de Tibétains. C’est un peuple souriant, sympathique et chaleureux qui nous considéraient comme des êtres humains, plutôt que comme des roupies sur pattes!
Ensuite, nous avons pris le bus pour Amritsar. Comme le bus n’était pas tellement confortable et qu’on se faisait constamment bousculer par les gens qui s’entassaient dans l’allée (même si on était en pleine nuit!), on a pas très bien dormi… Malgré les gravols qu’on a prises (rappelez-vous l’épisode du trajet pour arriver a Dharamshala). On est arrivés à Amritsar avec seulement une intense envie de dormir! On s’est donc trouvé une chambre d’hôtel juste à côté du Temple d’Or (Un temple Sikh recouvert d’or qui attire des milliers de pèlerins et de touristes Indiens ou pas) et on a dormi. C’est bien, parce que malgré la fatigue, on a réussi à négocier le prix de la chambre au propriétaire qui était un peu bête. Qu’est-ce qu’on a bien fait, car on a été réveillés par un robinet de notre salle de bain qui a explosé sans aucune raison… On a fait monter le gérant qui semblait trouver ça complètement normal et qui nous faisait signe d’attendre un peu. Quand Céliane lui a demandé s’il allait nous donner une autre chambre, il a répondu que non. Quand Céliane lui a ordonné de son air le plus bête de nous donner une autre chambre, il nous a tout de suite montré la chambre juste à côté. C’est qu’on commence à savoir s’y prendre avec les Indiens!
Durant l’après-midi, on est allé voir de quoi ça avait l’air, ce fameux Temple d’Or… On s’est un peu baladés autour et on a découvert qu’on pouvait loger dans le complexe du Temple gratuitement. On a aussi découvert qu’on pouvait manger gratuitement dans la cuisine communautaire du Temple. Puis, on s’est couvert les cheveux, on a enlevé nos souliers et passés nus pieds dans le petit bassin d’eau pas trop propre où des milliers de personnes avaient eux-mêmes déjà passées (Le peuple Sikh est vraiment un peuple génial; posé, sympathique, avenant, pas trop profiteur et prêts à vous aider si vous avez un pépin ou une question, et ce sans réclamer le moindre roupie, mais ils ont l’étrange habitude de boire l’eau du bassin de pieds dans lequel tout le monde doit passer!) et on s’est retrouvés devant le Golden Temple.
On n’est pas trop fort sur l’or, mais là, c’était vraiment magnifique! Le temple, entièrement recouvert d’or, s’élève au centre d’un immense bassin d’eau. Tout autour est fait de marbre blanc. Ajoutez à cela les chants religieux qui jouent 24 heures sur 24 et qui ajoutent grandement à l’atmosphère. À vous couper le souffle!
Quand nous sommes retournés à l’hôtel, il y avait des milliers de petites mouches qui avaient envahi notre chambre… On a fermé les fenêtres et on les a toutes exterminées! C’est qu’on était bien contents de partir, le lendemain matin, pour le dortoir du Temple!
Pour déjeuner, on a décidé d’essayer la cuisine communautaire. C’est une immense salle qui peut accueillir des milliers de personnes. De longs tapis de jutes très étroits sont étendus par terre. Lorsqu’on entre, on doit s’asseoir en rangées, sur les tapis, avec les assiettes vides qui nous ont été distribuées et il y a des gens qui passent avec des sceaux et qui servent la nourriture. C’était un peu toujours la même chose, mais c’était très bon. On a mangé du halva pour la première fois et c’était délicieux! On a été vraiment impressionnés de l’ordre et du calme qui régnaient dans la cuisine… Les Indiens ont toujours l’air tellement désorganisés que c’est toujours assez surprenant de voir des trucs comme ça qui fonctionnent aussi bien!
Lorsqu’on est revenus au dortoir, Jean-François a vu une souris entrer dans l’armoire juste au dessous de celle où il avait mis ses affaires. Il n’en a pas fait de cas, mais a quand même décidé de dormir dans le lit qui n’était pas collé à l’armoire en question… Jean-François s’est aperçu, à sa grande surprise, que la souris avait du flair et qu’elle s’était frayé un passage jusque dans sa propre armoire, et par la suite, jusque dans son chandail pour aller y trouver quelques miettes de muffin. Si bien que maintenant, il a une poche de gilet trouée.
Comme nous logions au Temple, nous en avons fait le tour à plusieurs reprises. En fait, nous n’y restions jamais trop longtemps, car aussitôt que nous arrêtions de marcher, nous nous faisions invariablement harceler par des bandes de jeunes garçons (Indiens) qui voulaient nous prendre en photo… Ceux qui ont lu notre aventure à la ferme des crocodiles comprendront notre réticence face à ce genre de propositions. Mais ils étaient particulièrement bornés et désagréables, ce qui rendait nos visites toujours plus brèves que ce que nous aurions voulu. Une journée, nous avions décidé d’aller à l’intérieur du Temple d’Or qui se trouve au centre du bassin. Nous devions donc attendre en ligne sur la petite passerelle bondée de monde qui menait jusqu’au Temple. Malheureusement, nous nous sommes retrouvés avec une de ces bandes de jeunes blancs becs (Indiens) derrière nous qui semblaient se foutre royalement de notre gueule. Entassés comme nous étions au milieu de tout ce monde, c’était vraiment impossible de bouger. On a donc espéré qu’ils se calmeraient et on a attendu. Et puis ensuite, ils ont commencé à tâter les fesses de Jean-François… Il a dû se retourner et leur dire fermement d’arrêter. Ils ont continué de se foutre de notre gueule et de pousser dans le dos de J-F pour qu’il avance, alors qu’on était dans une foule où il était techniquement impossible de bouger du moindre centimètre. J-F est resté d’un calme exemplaire (surprenant), mais bon sang qu’on avait tous les deux envie de leur foutre une raclée et de les balancer dans le bassin d’eau qui nous entourait! Il est parfois difficile pour les gens de l’ouest, comme nous, de comprendre le comportements Indiens. En général, on s’y fait plutôt bien, mais certaines journées, un rien vous fait perdre patience et vous met le moral a zéro.
Quand, après une bonne demi-heure d’attente, on a pu entrer dans le temple, c’était le branle bas de combat! Tout le monde se poussait pour pouvoir aller donner leur offrande et pour pouvoir regarder les prêtres chanter. Même si on était dans un lieu saint, il n’y avait vraiment aucune courtoisie, aucun savoir vivre et aucune règle de conduite… La désorganisation et le chacun pour soi semblent vraiment faire partie de la nature profonde des Indiens.
Après cette aventure au temple, on a décidé d’aller se balader dans la ville et on s’est offert une crème glacée à 10 sous le cornet… Ça nous a un peu réconciliés avec le pays. C’est tellement plus agréable de se promener dans les petites rues pas faites pour les touristes! D’abord, on ne se fait pas trop harceler et en plus, on se sent vraiment au cœur de la vie de tous les jours des Indiens, qui nous semblent soudainement beaucoup plus humains.
Avant de quitter le temple, nous sommes allés faire des donations à la cuisine communautaire et au complexe d’hébergement. Lors notre départ, le gardien nous demandé de lui donner l’argent de nos donations… nous lui avons dit avec un grand sourire ‘Oh sorry, we put it in the donation Box..’ car on s’était fait avertir de ne rien donner à personne sauf aux boites faites à cet usage. Pas mal pour arrondir ses fins de mois, les donations laissées par les touristes!
Il était temps de quitter le temple car tous les touristes et pèlerins arrivaient pour la fin de semaine et des petits campements s’organisaient un peu partout dans les espaces libres et les jardins du temple, laissant entrevoir une foule incroyable pour la fin de semaine a venir.
Après Amritsar, c’est un retour à Delhi pour quelques jours…
















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