Monday, September 10, 2007

Short stop à Mamallapuram

Pour se rendre de Kolkota à Pondichéry, le moyen le plus économique est d’effectuer le trajet en train. Et comme tout ce qui est économique comporte souvent certains inconvénients, notre trajet a duré au total 29 heures. (À noter que notre vol Montréal-Bangkok, incluant les escales, durait 31h.) Évidemment, tenant compte de notre maigre budget, nous avons décidé de prendre la catégorie de siège de classe moyenne : un « sleeper ». Wagon dans lequel tous les occupants ont un siège ainsi qu’une banquette pour dormir… (L’utilisation du mot lit serait ici un peu mensongère!) Est-ce que nous vous avions dit que les indiens sont, en général, plus petits que nous ? Ce petit détail, que nous trouvions pourtant assez anodin, a pris toute une autre ampleur lorsque nous avons découvert la taille de nos couchettes dans le train… Ceci dit, le trajet s’est effectué avec seulement quelques courbatures et nous a permis de voir du pays.



Bien entendu, nous n’avions pas choisi le luxe, mais nous n’avions pas non plus choisi le pire. Certains wagons ne sont affublés que de bancs en bois et n’ont pas de sièges assignés. C’est donc la folie furieuse lorsque le train entre en gare, car tout le monde s’y précipite afin de s’y trouver une place où s’asseoir!

Le train ne se rendait pas directement à Pondichéry. Nous avons donc fait escale à Chennai (Madras), une des quatre grandes villes de l’Inde.

Nous sommes arrivés à Chennai à 21h30 et nous désirions trouver un endroit où passer la nuit le plus rapidement possible. Merci à notre Footprint (guide de voyage) pour les quelques bonnes adresses d’auberges à prix modique, mais surtout pour la carte qui a permis à notre chauffeur de tuk-tuk (petit taxi à trois roues) de nous mener à bon port! En Inde, tous les chauffeur de taxi, ou de tuk-tuk, ne connaissent pas nécessairement la ville dans laquelle ils travaillent…

Autre léger inconvénient, les hôtels et guesthouse étaient tous déjà remplis. Quelle idée de vouloir trouver une chambre lorsqu’il est presque 22h30!!

Mais après avoir cogné à presque toutes les portes des auberges du quartier, nous avons dégoté une sympathique petite chambre aux murs complètement délabrés, avec une toilette turque qui empestait, une douche qui n’en était pas une, des millions de fourmis et d’araignées qui se baladaient sur les murs de la salle de bain et le courant électrique qui fonctionnait une fois sur deux. Le garçon de l’hôtel s’est fait une joie de répandre du Fe-Breeze devant nous pour cacher les odeurs. Il en a tellement mis que nous avons dû lui demander d’arrêter, car ça devenait irrespirable. Le prix d’une nuit dans cet endroit miteux où l’eau coule du plafond en plein milieu des corridors et où les boites électriques sont des trous béants dans les murs : 300 roupies (7,50 $CAN). C’est la chambre la plus chère que nous ayons louée depuis notre arrivée en Asie.

Heureusement, les autobus pour Mamallapuram partaient toutes les 15 minutes à partir de 6h30 du matin! Nous avons accueilli cette information avec une grande joie! Nous avons dormi tout habillés par-dessus nos sacs de couchage et sommes partis à 6h de la chambre.

Arrivée à Mamallapuram, petite ville de bord de mer, où les bruits de klaxon sont remplacés par le son des artistes qui travaillent la pierre.



En nous promenant dans les rues de la ville, nous avons eu la chance de rencontrer plusieurs sculpteurs qui nous ont fait visiter leurs ateliers.

L’économie de la ville repose sur la sculpture, la pêche et le tourisme. Comme nous avons la chance d’y être venu en basse saison, nous profitons du calme de l’endroit. Mais à voir le nombre d’auberges, de restaurants et de magasins à l’attention des touristes, tout ne doit pas être toujours aussi paisible… Les restaurants sont d’ailleurs peuplés de cool dudes indiens, qui ressemblent à nos granos de Montréal, mais en plus bronzés. Nous avons aussi fait la connaissance d’un vieil hippie, tout vêtu de blanc, qui dit se prénommer ‘Free-and-cool’.

Pour sortir un peu du village, nous avons loué une petite mobylette. Après plusieurs (vraiment plusieurs) essais infructueux, J-F a finalement compris comment démarrer notre machine sans étouffer le moteur. Il a aussi presque écrasé un chien… Nous avons profité de notre engin pour aller visiter la ferme des crocodiles, où nous avons eu droit à un exposé sur les serpents vénéneux et à une démonstration de l’extraction du venin de l’un de ces serpents.

Il nous est arrivé une expérience un peu inusitée lorsque nous étions à la ferme de crocodiles. Nous étions tranquillement assis en train de déguster une petite collation (des chips Lays à l’indienne… c'est-à-dire, ENCORE ÉPICÉES!!) quand, tout à coup, des indiens sont venus à nous en disant ‘Picture? Picture?’. Un peu surpris, nous avons pensé qu’ils voulaient nous photographier ensemble, avec notre appareil, pour qu’on ait une photo genre nous-en-amoureux-devant-les-crocodiles. Nous avons donc poliment décliné leur offre en leur disant que nous n’avions pas besoin de photo souvenir. Mais devant leur insistance, nous avons compris qu’ils désiraient se faire photographier en notre compagnie par leurs amis! Un peu pris au dépourvu et sans trop comprendre ce qui se passait, nous avons accepté... Grave erreur! Il nous a fallu tout d’abord prendre un cliché avec tout le groupe, ensuite celui qui prenait la photo (à l’aide de son téléphone cellulaire, bonjour les belles images!) voulait changer de place avec quelqu’un pour aussi avoir un souvenir de lui en notre compagnie. Mais ce n’est pas tout! Le reste de leurs copains, qui étaient en train d’acheter leur billet d’entrée, sont arrivés. Encore une photo de groupe, et une autre pour le photographe! Bien entendu, ils ont aussi tenu à se faire prendre en photo un à la fois à nos côtés…

Après nous en être finalement sortis, Céliane, ayant encore un peu la va-vite, en a profité pour se ruer aux toilettes avant d’amorcer la visite de la ferme pour de bon. Pendant ce temps Jean-François glandait un peu, de gauche à droite, observant un enclos contenant quelques 591 crocodiles en train de se faire dorer la couenne. Se retrouvant soudainement entouré d’enfants, il s’est demandé quelle en était la raison… En se retournant : CHEESE ! Il s’est vu mitraillé de flashs, et les indiens se l’arrachaient sauvagement, comme s’il était Boule de Neige ou le Bonhomme Carnaval…

Nous n’accepterons plus jamais ce genre de propositions!


De retour à Mamallapuram, nous sommes allés voir le Krishna ButterBall, un immense rocher en forme d’œuf qui semble constamment sur le point de dégringoler vers la ville et de tout saccager sur son passage. Cette drôle de roche se situe dans un parc qui fait partie des zones protégées par le Archeological Survey of India, car on retrouve, dans les falaises et les rochers de ce parc, plusieurs temples et bas reliefs sculptés à même les parois.



Lors de notre petite randonnée, nous avons eu la chance de croiser une famille de singes pas très stressés par la présence des humains. C’est incroyable comment, parfois, ces créatures peuvent nous ressembler. Nous avons d’ailleurs trouvé plusieurs similarités entre le visage des bébés singes et celui de Gandhi… Mais nous étions terriblement étonnés de la patience qu’avaient les parents singes avec leurs petits énervés! Non seulement les enfants se chamaillaient constamment, mais ils se faisaient aussi une fête de grimper sur leurs parents et de leur écrabouiller la figure avec leurs pieds. Pour les adultes, tout semblait normal et sous contrôle, ils ne bronchaient pas.



Cette proximité entre les animaux et des humains est quelque chose d’assez dépaysant pour nous, nord-américains. En effet, ce n’est pas sur le boulevard St-Denis qu’on pourrait voir des vaches et des chèvres se balader, pas plus qu’on ne verrait, au Parc Jean-Drapeau, des poules, des coqs et des cochons courir dans toutes les directions. Et il serait assez inconcevable de devoir céder le passage à un berger qui promène ses chèvres en plein milieu du boulevard St-Laurent. Mais ici, tout se peut! Autant dans les grandes villes que dans les petites!

Notre séjour à Mamallapuram tire déjà à sa fin.

Prochain arrêt (et là, c’est pour de vrai!) : Pondichéry.

2 comments:

Patalon said...

Pfft ... moi tout les jours je suis entourré de vaches, de truies et de porcs !!!

Félicitations à Céliane pour avoir soulever la grosse roche ... c'est impressionant et JF ... j'aime la photo de toi avec les autres Indous ... on dirait que tu as bronzé un peu hein !

Unknown said...

Toujours intéressant de lire le récit de votre voyage.
J'ai déjà hâte au prochain chapitre!
Bye
Guillaume