
Les guides de voyage disent qu’on ne devrait y venir qu’après s’être déjà acclimaté à l’Inde.
Toutes les personnes qu’on rencontre nous disent que Kolkata n’est pas un endroit très plaisant à visiter. Que les voyageurs ne font habituellement qu’y passer. Sauf ceux qui viennent faire de l’aide humanitaire.
Mais nous, c’est ici qu’on est arrivés.
Comme nous avions la chance de loger chez un gentil Indien, nous sommes arrivés en dehors de la zone touristique.
Le taxi (une vieille Ambassador Classic) nous a d’abord débarqués devant une immense tour à bureaux, au milieu d’un quartier à l’apparence très, très pauvre. Nous devions y rencontrer notre hôte, Biplob, pour qu’il nous donne les clés de son appartement.
Nous sommes restés quelques minutes, sacs au dos, l’air un peu perdu, à se faire dévisager par les gens qui passaient. Les agents de sécurité de la bâtisse devant laquelle nous poirotions sont venus nous chercher, nous ont gentiment invités à s’asseoir avec eux, dans leur bureau, ont passé un coup de fil à Biplob pour nous et nous ont généreusement offert une tasse de thé.
Un quart d’heure plus tard, nous étions déjà réduits au silence, ayant épuisé le peu de mots que nous avions en commun (ils ne parlaient qu’Hindi), Biplob est arrivé. Après avoir chaleureusement remercié les agents de sécurité, nous avons monté dans le taxi que Biplob nous avait réservé. Lui, il devait retourner au travail.
Lorsque nous sommes arrivés sur la rue de Biplob, nous n’y croyions pas… Une toute petite rue dans un quartier… comment dire… résidentiel? Avec du monde partout! Partout dans les rues, les uns jouant aux cartes, les autres se savonnant sous un robinet municipal. Des gens qui dormaient par terre, des gens qui jouaient au ballon à côté, des jeunes qui dansaient le ‘disco’, des gens qui travaillaient le métal, d’autres qui faisaient à manger. À peine y avait-il de la place pour laisser passer les voitures. À peine y avait-il de la place pour marcher. Et tous ces gens, ils n’avaient pas l’air malheureux, ne mendiaient pas. Ils étaient là chez eux. Simplement.
Et tous, ils nous dévisageaient sans la moindre gêne, sans jamais détourner le regard. C’est angoissant d’avoir autant d’attention lorsqu’on ne s’y attend pas.
Nous fûmes heureux de pouvoir se reposer, seuls, dans le petit appartement.
16 millions de personnes, c’est autrement plus peuplé que le petit 1,5 million que nous connaissons à Montréal.
Mais déjà, on se sent mieux. On s’habitue à la proximité, aux Indiens qui veulent tous vendre quelque chose, aux autres qui veulent simplement savoir d’où l’on vient… On s’habitue aussi à la poussière, à l’humidité, à voir courir des rats sur les trottoirs. En fait la seule chose avec laquelle on a vraiment du mal, c'est les klaxons et les voitures qui vous accotent les mollets pour vous faire avancer plus vite... La courtoisie, ici, n'est pas de mise!
Une semaine après notre arrivée, nous n’avons toujours pas visité Kolkata Les quatre murs de la chambre, le plafond délabré et la légère odeur de renfermé de la petite chambre de l’Armée du Salut (notre hôte ne pouvait nous héberger qu’une seule nuit) n’ont plus de secret pour nous. La fièvre a attaqué Jean-François, tandis que Céliane s’est vu assiégée par la diarrhée du voyageur… Deux choses complètement banales, à ce qu’on nous a dit.
Nous nous demandons seulement si nous aurons la force et le temps de visiter Kolkata avant de partir puisque notre billet de train, direction Pondichéry, est déjà réservé pour le 26 août. Au moins, Jean-François s’en remet bien et ne fait plus de fièvre du tout. Sa seule grande déception, c’est de ne pas avoir pris une seule photo depuis son arrivée en Inde. Quant à Céliane, qui s’en est finalement à peu près remise aujourd’hui, elle s’est retrouvée face à une porte close en voulant aller s’inscrire afin d’être bénévole pour les œuvres de Mère Theresa. Et déception commune, aucun sujet, rien à publier sur notre site web. Mais bon, on se résigne et on se reprendra lorsque nous serons tous deux en meilleure forme. En plus la ville qui nous attend risque d’être haute en couleurs, ancien comptoir Français, la culture et la langue y sont encore bien vivantes malgré le gouvernement du pays qui tente par tous les moyens d’indianiser la ville et d’atténuer cette influence historique. Tout cela risque d’être très intéressant, et nos comparses de l’Association Française vont bientôt nous voir débarquer avec nos millions de questions! On vous en reparle bientôt.



1 comment:
Haha! Vraiment interressant tout ça! Je vais vous suivre religieusement ! Prenez soin de vous mes coquins et instruisez-nous! :P
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