Thursday, August 23, 2007

Kolkata


Les guides de voyage disent qu’on ne devrait y venir qu’après s’être déjà acclimaté à l’Inde.

Toutes les personnes qu’on rencontre nous disent que Kolkata n’est pas un endroit très plaisant à visiter. Que les voyageurs ne font habituellement qu’y passer. Sauf ceux qui viennent faire de l’aide humanitaire.

Mais nous, c’est ici qu’on est arrivés.

Comme nous avions la chance de loger chez un gentil Indien, nous sommes arrivés en dehors de la zone touristique.

Le taxi (une vieille Ambassador Classic) nous a d’abord débarqués devant une immense tour à bureaux, au milieu d’un quartier à l’apparence très, très pauvre. Nous devions y rencontrer notre hôte, Biplob, pour qu’il nous donne les clés de son appartement.

Nous sommes restés quelques minutes, sacs au dos, l’air un peu perdu, à se faire dévisager par les gens qui passaient. Les agents de sécurité de la bâtisse devant laquelle nous poirotions sont venus nous chercher, nous ont gentiment invités à s’asseoir avec eux, dans leur bureau, ont passé un coup de fil à Biplob pour nous et nous ont généreusement offert une tasse de thé.

Un quart d’heure plus tard, nous étions déjà réduits au silence, ayant épuisé le peu de mots que nous avions en commun (ils ne parlaient qu’Hindi), Biplob est arrivé. Après avoir chaleureusement remercié les agents de sécurité, nous avons monté dans le taxi que Biplob nous avait réservé. Lui, il devait retourner au travail.

Lorsque nous sommes arrivés sur la rue de Biplob, nous n’y croyions pas… Une toute petite rue dans un quartier… comment dire… résidentiel? Avec du monde partout! Partout dans les rues, les uns jouant aux cartes, les autres se savonnant sous un robinet municipal. Des gens qui dormaient par terre, des gens qui jouaient au ballon à côté, des jeunes qui dansaient le ‘disco’, des gens qui travaillaient le métal, d’autres qui faisaient à manger. À peine y avait-il de la place pour laisser passer les voitures. À peine y avait-il de la place pour marcher. Et tous ces gens, ils n’avaient pas l’air malheureux, ne mendiaient pas. Ils étaient là chez eux. Simplement.

Et tous, ils nous dévisageaient sans la moindre gêne, sans jamais détourner le regard. C’est angoissant d’avoir autant d’attention lorsqu’on ne s’y attend pas.

Nous fûmes heureux de pouvoir se reposer, seuls, dans le petit appartement.

16 millions de personnes, c’est autrement plus peuplé que le petit 1,5 million que nous connaissons à Montréal.

Mais déjà, on se sent mieux. On s’habitue à la proximité, aux Indiens qui veulent tous vendre quelque chose, aux autres qui veulent simplement savoir d’où l’on vient… On s’habitue aussi à la poussière, à l’humidité, à voir courir des rats sur les trottoirs. En fait la seule chose avec laquelle on a vraiment du mal, c'est les klaxons et les voitures qui vous accotent les mollets pour vous faire avancer plus vite... La courtoisie, ici, n'est pas de mise!

Une semaine après notre arrivée, nous n’avons toujours pas visité Kolkata Les quatre murs de la chambre, le plafond délabré et la légère odeur de renfermé de la petite chambre de l’Armée du Salut (notre hôte ne pouvait nous héberger qu’une seule nuit) n’ont plus de secret pour nous. La fièvre a attaqué Jean-François, tandis que Céliane s’est vu assiégée par la diarrhée du voyageur… Deux choses complètement banales, à ce qu’on nous a dit.

Nous nous demandons seulement si nous aurons la force et le temps de visiter Kolkata avant de partir puisque notre billet de train, direction Pondichéry, est déjà réservé pour le 26 août. Au moins, Jean-François s’en remet bien et ne fait plus de fièvre du tout. Sa seule grande déception, c’est de ne pas avoir pris une seule photo depuis son arrivée en Inde. Quant à Céliane, qui s’en est finalement à peu près remise aujourd’hui, elle s’est retrouvée face à une porte close en voulant aller s’inscrire afin d’être bénévole pour les œuvres de Mère Theresa. Et déception commune, aucun sujet, rien à publier sur notre site web. Mais bon, on se résigne et on se reprendra lorsque nous serons tous deux en meilleure forme. En plus la ville qui nous attend risque d’être haute en couleurs, ancien comptoir Français, la culture et la langue y sont encore bien vivantes malgré le gouvernement du pays qui tente par tous les moyens d’indianiser la ville et d’atténuer cette influence historique. Tout cela risque d’être très intéressant, et nos comparses de l’Association Française vont bientôt nous voir débarquer avec nos millions de questions! On vous en reparle bientôt.

Sunday, August 12, 2007

31 heures de vols, d'attentes et de décalage plus tard…

Alors, nous y voici ! L'Asie ! Après avoir fait le tour de la moitié du globe en avion, après avoir visité 4 aéroports différents, dont celui d'Anchorage en Alaska qui est, disons-le, plutôt ordinaire (sauf le respect que nous devons aux nombreux animaux empaillés qui s'y trouvent). Toutes ces heures de déplacement et d'attente ne nous ont parues comme une longue, très longue nuit, puisque nous avons décollé de Montréal à 18h45 et nous sommes arrivés à Bangkok à midi (au lieu de 12h00 am comme nous le pensions).

Nous voici donc à Bangkok, dans un sympathique petit 'guesthouse' qui nous a été conseillé par une québécoise croisée à l'aéroport de Taipei (Taiwan). Il se nomme le Bamboo Guesthouse. Rien de vraiment extravaguant mais tout de même : une chambre spacieuse, des douches propres et surtout, un ventilateur. Cet instrument pour lequel nous aimerions bien décerner à sont inventeur le prix Nobel du confort! Il risque de devenir notre meilleur ami tout au long de notre périple car ici, la chaleur est écrasante. Nous sommes constamment poisseux et luisants de sueur…



Notre petit refuge est situé juste en périphérie du quartier touristique de Bangkok. Pour se rendre à notre hôtel, nous devons passer devant une école de musique, un petit temple et devant plusieurs maisons qui s'ouvrent comme des garages et qui se transforment, comme elles le peuvent, en petits magasins ou en mini restaurants. C'est ainsi que nous avons mangé une soupe succulente entre la rue et le salon du type qui écoutait tranquillement la télé pendant que sa femme s'occupait de la soupe et des clients. D'ailleurs, ici tout le monde a la télé ouverte tout le temps.



Nous n'avons en fait passé que 3 jours à Bangkok. Nous nous sommes dirigés assez rapidement vers le sud de la Thaïlande (nous trouvions qu'il ne faisait pas assez chaud ici…) vers une ile nommée Ko Phayam. Vous savez voyager force à apprendre la patience. Attendre 7 heures dans un terminal d'autobus qui est loin de tout n'est pas si long finalement, ça nous permet de croiser quelques touristes et de constater à quel point les chiens errants et galleux sont nombreux. Les Thaïlandais ne semblent même plus les voir.

Nous avons donc passé 9 heures dans un autobus de nuit, kitch à souhait (avec des petites guirlandes dans les fenêtres et un magnifique film Thaïlandais dont nous n'avons entendu que la musique, car nous étions au fond du bus, très loin de la télé, mais si près des hauts parleurs…) qui nous a amené à Ranong, au sud ouest de la Thaïlande. Nous découvrons cette ville d'une agréable façon : nous effectuons le chemin nous séparant du port en motocyclette. Incroyable, un chauffeur peut a lui celle prendre un passager et tous ses bagages! C'est donc sur ces petites mobylettes surchargées que nous découvrons la ville encore toute endormie, à la lueur d'un lever de soleil. Sur le bateau, nous nous sommes fait un ami. Il devait avoir onze ans, ne parlait pas un mot d'anglais et semblait très intrigué par l'appareil photo de Jean-François. Lorsque ce dernier lui a passé la caméra autour du cou, c'est des feux d'artifices que le petit avait dans les yeux! Il nous a pointé quelques photos à prendre, nous a protégé des éclaboussures et nous a gaiement montré l'île sur laquelle nous devions accoster. C'était une des première fois qu'un habitant nous parlait sans essayer de nous vendre quelque chose.

Arrivés sur l'ile, quelle surprise, les deux seuls moyens de transports sont les souliers et les mobylettes! Encore une fois, l'expérience se répète et nous partons du port vers notre 'resort', le Bamboo Bungalows (on est fort sur les bamboos!). L'ile est presque vide à cette période-ci de l'année. Mais sur les quelques occupants que comporte notre 'resort', nous comptons 6 autres québécoises. Lors d'une de nos promenade sur l'île, nous avons abouti sur un 'resort' en construction. Deux très gros chiens couraient vers nous en jappant très fort, et comme à l'habitude, se sont montrés tous gentils dès que nous nous sommes approchés. Puis un homme nous a invités à venir nous asseoir sur son petit balcon. Il avait de drôles de tatous sur le corps et semblait très content d'avoir de la visite. Il nous a offert du café et nous a parlé, dans un anglais approximatif, mais surtout par signes, des animaux qui se trouvaient sur son terrain. Nous pouvions voir les aigles qui volaient au-dessus de nos têtes, mais il y avait aussi des toucans et deux familles de singes à longues queues que nous n'avons malheureusement pas eu la chance d'apercevoir. Il nous a expliqué, par gestes, comment les singes vont à la pêche aux mollusques, nous a appris une autre forme de salutation et nous a montré le chemin vers la plage en nous invitant à revenir bientôt. C'est toujours surprenant tout ce qu'on peut se dire avec si peu de mots en commun! La cinquième journée, il a fait soleil. La mer était superbe et il faisait bon s'y baigner.



Et voilà! Nous sommes maintenant de retour à Bangkok, après une longue nuit dans un autobus réfrigéré à l'excès. Nous nous sommes offert un de ces jus de clémentines fraîchement pressées et un muesli délicieux avant de faire un somme bien mérité dans notre chambre toute en bois du Bamboo Guest House.