Wednesday, December 26, 2007

Des chameaux et des hommes



À Pushkar, il y avait des chameaux. Au début, il y avait juste un tit peu de chameaux. Après, ont commencé à arriver plus et encore plus et encore encore plus de chameaux. Dans le champ désertique où les chameliers se rassemblaient pour comparer, vendre ou acheter leurs bêtes, il y eu au moins 15 000 chameaux. Une petite année, selon les habitués. Nous, on était pas mal impressionnés. C’était assez spectaculaire de se promener entre les animaux, aux premières lueurs du jour, qui poussaient leurs rugissements (d’étranges sonorités rappelant celui des dinosaures de Jurassic Park). Pushkar fût une étape assez calme, malgré les centaines de personnes qui arrivaient chaque jour pour jouir de la Foire annuelle de chameaux. Il y eu quelques spectacles plutôt broche à foin, du genre salle communautaire, dont un concours de la plus belle mariée Rajasthanaise où furent couronnées gagnantes les trois touristes qui y participaient, aux grand dam des vraies femmes du Rajasthan qui semblaient n’y comprendre que dalle!

En même temps qu’on a vu arriver les chameaux, on a vu arriver les éclopés. Chaque jour, des mendiants avec des membres en moins ou complètement déformés par la polio arrivaient dans les rues de la toute petite ville de Pushkar. Lorsque la foire a officiellement débutée, des dizaines d’entres eux parcouraient les rues, du soir au matin, pour profiter des Hindous qui doivent faire la charité pour améliorer leur karma. Il fallait vraiment faire attention où on mettait les pieds, parce qu’ils se promenaient en pleine rue, au milieu des centaines de gens qui affluaient et qui s’ajoutaient chaque jour.



Un matin que nous étions en train de déjeuner tranquillement après avoir été se promener dans le champs de chameaux, nous avons entendu, provenant de la table à côté, le superbe accent québécois… J-F s’est retourné spontanément avec un grand sourire, leur demandant de quelle région du Québec ils venaient. Ils, c’était un couple Sherbrookois qui voyageaient en Inde depuis deux mois déjà. On s’est mis à parler de toutes sortes de choses. À force, on a fini par changer de table et s’asseoir avec eux. C’est assez rare qu’on rencontre des touristes qui voyagent à petit budget, et franchement, ça change énormément la façon de faire les choses. La plupart des touristes, ils ne mangent que dans les restos pour touristes et ne goûtent jamais vraiment les vraies saveurs Indiennes, ils passent leurs journées à magasiner et à fumer, parce que l’herbe est super accessible ici. Les touristes qui ont des sous, ils voyagent dans des autobus pour touristes ou des wagons de train avec un garde de sécurité à l’entrée, alors ils ne voient pas les foules inimaginables qui peuvent entrer dans les bus, ni les mendiants qui passent de wagon en wagon. Bref, ça faisait un bien fou de pouvoir échanger avec des gens qui vivaient à peu près la même chose que nous. Est venu un moment où on s’est rendu compte que ça faisait quatre heures qu’on était assis là… Alors on a décidé d’aller dîner dans un autre resto parce qu’on commençait à avoir faim! Lorsqu’on est partis de l’autre restaurant, il était déjà 5 heures du soir et on avait rendez-vous le lendemain matin pour aller voir un des temples au sommet d’une colline.

On s’est dit qu’on partirait pas trop tard, parce qu’on avait rencontré un Italien qui nous avait dit : ‘It’s quite a mission to go up there! You should plan to sleep over and come back the next day..’ Il en avait bavé pour monter jusque là…



La montée jusqu’au temple nous a pris une demie heure. On en a conclu que l’Italien devait être un peu trop amorti à force de fumer du pot… Ensuite, on est restés là à admirer la vue avant de visiter le temple au plancher tout collant, parce que les Hindous ont pour coutume d’offrir à leurs dieux une espèce de dessert formé de millions de petites boules sucrées qu’ils finissent toujours par échapper un peu partout…

À Pushkar, Jean-francois se levait presque tous les matins au environ de 6h / 6h30 pour aller au «Cattle ground » (le champs de chameaux). Il s’y rendait en passant presque toujours par le même chemin, si bien qu’après deux ou trois jours, les gens le reconnaissaient. Ce qui était le plus drôle c'est que tous les vendeurs de souvenirs inimaginables lui proposaient jour après jour la même camelote, même s’il leur avait dit qu'il n'était pas intéressé. À l’une des entrées du champ s'était installé un chauffeur de camel-car (c'est le même principe que de faire un tour de calèche dans le vieux Montréal sauf que c'est un chameau à la place du cheval et qu'au lieu de voir des centaines de vieux bâtiments ben tu vois des milliers de chameaux, c'est presque aussi romantique). Donc, toutes les fois que Jean-François entrait et sortait du champ (entre 4 et 6 fois par jour), l'homme lui demandait : « Hey sir, camel-car tour ?? Cheap price, you'll see all the field!! ». Comme avec tous les vendeurs de pacotilles, Jeff déclinait poliment son offre. Et ce, jusqu'au matin où, voyant l'homme devenir un peu trop entreprenant, Jeff lui dit, avant même que que l’homme n'ait commencé à parler, qu'il n'était pas intéressé depuis 3 jours et que ce serait pareil pour tous les autres jours et que si jamais l'envie lui prenait de faire un tour de chameau il ne manquerait pas de lui en faire part. C'est alors que la dynamique entre l'homme et Jeff prit une tournure plutôt intéressante. En effet, l'homme lui dit : «No, no, I know you don't want a ride! I just want to know if you are interested in some good Manali grass?". Jeff déclina encore cette offre, mais se mit à jaser avec lui, lui demandant comment allait la business. L'homme se mit donc à parler de son boulot de camel boy, de combien d’argent il faisait en moyenne par jour, quels avaient été ses meilleurs coups, etc… Après une quinzaine de minutes Jeff et l'homme se séparèrent pour retourner chacun à leur occupation, l'un faisant faire des tours de chameaux à des prix un tantinet exorbitant à des touristes fortunés et l'autre allant pour la énième fois faire des images des gens du désert et de leurs bêtes.



Une soirée où Céliane et Jeff se rendaient à un des merveilleux spectacles bien mal organisés par l'office de tourisme du Rajasthan, quelqu'un cria : « Hey ! Hey, you !! Sir !! SIR !!!! » dans la foule. Notre couple pris donc la décision d'utiliser la tactique suivante : On fait comme si personne ne nous parlait, il va se tanner avec le temps, on va l'avoir à l'usure. Mais non ! Impossible, c'est qu'il était coriace celui-là !! En plus de continuer à gueuler, Céliane et Jeff entendaient la voix du type qui se rapprochait dangereusement, jusqu’à ce qu’il en soit rendu à taper sur l’épaule de Jeff. Ce dernier se retourna en se préparant à renvoyer l’individu de façon plutôt expéditive. Quelle grande surprise : c'était le garçon des camel-cars ! Il venait simplement lui parler et lui demander comment il allait. Il venait aussi pour lui dire qu'il avait eu une de ces journées du tonnerre. Et pour que Jeff le croie il sortit une liasse de billets de ses poches. Pas une petite pile de billets mais plutôt ce que l'on qualifierait au Québec d'un sacré gros motton de cash. Céliane et Jeff n'eurent donc pas d'autre choix que de le croire. Le couple et l'homme discutèrent pendant quelques minutes jusqu’à ce que le chauffeur de chameaux se défile pour repartir à la « chasse au touriste qui rapporte beaucoup ».

Deux jours plus tard, à la fin d'une journée de photos dans le champ, Jeff marchait en direction de la ville pour rentrer à l'hôtel lorsqu’il croisa le convoie rempli de touristes accompagnés du chamelier. Ce dernier lui cria : « Come on ! Jump abord, i'll make you space ! It's a free ride for you ! » devant les touristes qui ne comprenaient pas trop ce qui se passait. Jeff sauta sans hésiter sur le chariot. L'homme lui dit « I can't talk to you about money today. » en pointant ses clients à quelques centimètres de lui. Jean-François et lui eurent une petite jasette tout à fait banale jusqu'à ce que vienne le temps pour Jeff de sauter en bas pour prendre une autre direction.



Lorsqu’est venu le temps de partir de Pushkar, nous avions acheté un billet pour un autobus Sleeper qui se rendait à Agra. Mais comme il y avait la foire, toutes les rues de la ville étaient barrées et le terminus de bus avait été déplacé, sans que le vendeur de billet ne nous en ait informés… On a demandé aux chauffeurs de bus publics qui nous disaient tous d’embarquer et de faire un stop à Ajmer, la ville voisine, pour prendre un autre bus vers Agra… Mais comme nous avions déjà nos billets pour un autobus direct de Pushkar à Agra, on savait que ce n’était pas la bonne chose à faire. On a fini par trouver un bus privé qui nous a dit : oui, oui, c’est le bon bus, je m’en vais à Ajmer et vous devez changer à Ajmer pour aller à Agra. On s’est dit : ‘encore un Indien qui essait de nous emberlificotter’ et nous avons continué à marcher (jogger serait plus approprié) durant une bonne heure avec nos bagages, tournant en rond, sacrant contre la désorganisation des Indiens et suivant les indications toutes plus fausses les unes que les autres des gens qui ne savaient pas trop mais faisaient semblant que oui! Lorsqu’on a finalement su où il fallait aller pour prendre notre autobus, il nous restait deux minutes pour parcourir un kilomètre de route, nous avons donc accroché un pickup à trois roues pour qu’il nous débarque au bon endroit. Dès que nous sommes arrivés, J-F est descendu de la boîte du petit camion et s’est mis à courir vers le bus pour qu’il nous attende… Pendant ce temps, Céliane essayait tant bien que mal de débarquer pendant que le chauffeur redémarrait pensant que nous étions tous les deux sortis. L’autobus s’est avéré être le premier autobus privé que nous avions vu… La seule chose, c’est que le chauffeur avait jugé inutile de nous dire que le bus direct pour Agra avait un problème technique et que c’est pour ça qu’on devait faire un transfert dans la ville voisine… Le bus est finalement parti avec une demie heure de retard parce que le gars de la compagnie a dû chercher les touristes qui s’étaient éparpillés un peu partout à force de chercher où était la foutue station.

Dans le bus, on a fait la connaissance d’un Kiwi (un gars de la Nouvelle-Zélande) nommé Lindon qu’on trouvait bien sympathique. Il s’en allait à Agra aussi. On s’est finalement retrouvés dans un bus avec des sièges assis et surpeuplé, mais on était contents parce qu’au moins, on savait qu’on finirait par se rendre.

Wednesday, November 21, 2007

New Delhi, Prise deux !

De retour à Delhi, on s’est trouvé, pour la première fois, un chauffeur d’auto rickshaw super sympa! On a regardé pour trouver un hôtel dans le vieux Delhi, un quartier moins fréquenté pas les ‘Westerners’, mais c’était vraiment hors de prix. On a alors émis l’hypothèse de s’établir dans le quartier musulman près des chowks (bazars et marchés) mais il en était hors de question selon notre chauffeur. Muslims are bad people’ qu’il nous disait, ‘Not secure erea, people fighting all night and not reliable people!!’ On voit ici qu’il n’y a aucun préjugé entre musulmans et hindous… Le chauffeur de rickshaw nous a alors amené visiter un hôtel qu’il connaissait. Il se situait dans Paraganj, le quartier des touristes. Durant les 7 minutes où on nous a fait visiter les chambres, nous avons croisé la route de trois rats… alors, on a fait ni une ni deux et on est retournés au même endroit que la dernière fois. C’était bien parce qu’on connaissait déjà un peu le quartier et on savait par quelles rues passer pour éviter la très désagréable rue du Bazar, où les vendeurs et les chauffeurs de rickshaw ne cessent de harceler les touristes! On a donc retrouvé nos petits bouis-bouis préférés et l’endroit où on allait toujours prendre le thé, parce que la famille qui tenait l’endroit était vraiment sympathique. Malgré leur connaissance assez rudimentaire de l’anglais (trois mots : water, big bottle et another chai ?) on réussissait quand même a établir le contact.


On a donc repris une chambre dans notre ancienne guesthouse magnifiquement baptisée : My Hotel. Malgré le manque de fenêtre, les chambres étaient relativement propres et pas très dispendieuses. Cette fois, que de surprises… On nous a donné une chambre où il y avait un nid de coquerelles dans l’armoire du meuble à télé et une souris qui essayait d’entrer dans nos sacs à dos… La pauvre souris! On a bien essayé de lui montrer la sortie, mais elle n’en n’avait que pour nos sacs. J-F est donc parti à la chasse à la souris pendant que Céliane était debout sur le lit avec les bagages et pointait la souris lorsqu’elle se montrait le bout de la queue. C’est qu’elle courait plus vite que Jean-François, la petite vlimeuse! Mais il a tout de même fini par avoir raison d’elle… Quel dommage, tout de même, de terminer sa vie dans un sac de plastique… On l’a amenée à la réception, pour la forme. Le garçon de service a regardé curieusement J-F lorsqu ‘il lui a tendu le sac. What’s this ?‘a mouse...’ le garcon : ‘ in your room ??’ jeff : ‘Not anymore, in this plastic bag now !’. Ça valait le coup de voir la gueule du garçon qui a tenu le sac à bouts de bras jusqu'à la porte de l’hôtel ou il s’est débarrassé de la souris en lançant le sac le plus loin possible dans la rue. Parce qu’en Inde, la rue, c’est la poubelle de tout le monde!



Le lendemain, on a visité la Jama Masjid, la mosquée où on avait refusé de payer pour deux caméras la dernière fois. Cette fois, on en a apporté qu’une seule et Céliane s’est amené un foulard pour se couvrir les épaules au lieu de revêtir l’horrible petite cape qu’ils mettent aux jeunes filles et aux femmes qui ont les bras exposés. La mosquée était magnifique! Tout était très simplement décoré, construit en pierre rouge et en marbre blanc, le résultat final était grandiose, majestueux! Nous sommes bien heureux d’y être retournés.



Nous avons aussi visité le Temple du Lotus. Ce temple, est situé au milieu d’un grand parc très calme, et comme son nom l’indique, il a réellement la forme d’un lotus. C’est un lieu qui ne prône aucune religion, qui est destiné au recueillement et à la méditation. Lorsque l’on entre à l’intérieur, il est interdit de parler… Le silence! Ou plutôt, le cliquetis régulier des bracelets de chevilles que portent les Indiennes. Une atmosphère très paisible qui contraste avec le vacarme constant de la ville.


Puis, après plusieurs essais infructueux, on a réussi à rejoindre Sara, une amie d’amis du Québec, qui fait du bénévolat pour une ONG qui vient en aide aux enfants de la rue à la gare de New Delhi. Lors de notre première rencontre, elle nous a amenés dans un resto bien sympa où on pouvait manger de la salade avec du vrai fromage… deux denrées assez rares pour les touristes en Inde! Puis, par la suite, nous avons longuement discuté de son boulot et de sont récent accident dans la vallée de Spiti, en Inde. La pauvre, elle s’est retrouvée au milieu d’un ébouli de roches, une petite aventure qui lui a value quelques semaines de convalescence.

Le lendemain, on est allés la voir travailler sur le terrain. Au centre, où nous sommes retournés à quelques reprises, nous avons fait la connaissance de quelques uns des enfants.Les jeunes étaient vraiment chouettes, le cœur grand ouvert avec un immense besoin d’affection. On s’est assis avec eux, on leur a donné des câlins, on leur a flatté le dos. Les intervenants Indiens ont une toute autre façon d’agir avec les enfants… Ils ne les touchent pas, s’assoient toujours en retrait, les frappent lorsqu’ils s’énervent un peu trop… Ce fut assez troublant d’être témoin de tout ça.

Une journée, on est allés au zoo avec eux. Un des intervenants, avec lequel Sara travaille depuis maintenant 10 mois, a essayé de faire de l’argent sur notre dos et celui de Sara en nous réclâmant, sans aucun scrupule, deux fois la valeur du montant des billets pour l’entrée au zoo... Ce n’est pas la première fois qu’un Indien tente de nous arnaquer, mais là, c’était vraiment le comble! C’est à croire qu’on ne pourra jamais faire confiance à personne, en Inde, parce que tant qu’ils auront la chance d’exploiter quelqu’un, ils le feront.

Malheureusement, cette promenade au zoo ne fut pas particulièrement agréable non plus. D’abord, les animateurs passaient à une vitesse folle devant les cages. On pouvait à peine apercevoir les animaux qui s’y trouvaient. En plus, au moins le quart des cages étaient vides et les animaux qui daignaient se montrer le bout du nez nous ont semblé être en bien triste condition. On a même vu un Indien qui visitait le zoo frapper un tigre avec un bâton à travers les barreaux de la cage… Sara s’est mis à l’engueuler en Hindi, espérant qu’il se rendrait compte de sa bêtise et qu’il se sentirait au moins un peu honteux, mais ça l’a plutôt fait rire. Connard!

Puis, on s’est arrêtés quelques minutes à l’ombre d’un arbre avec les enfants. Moins de cinq minutes plus tard, il y avait un attroupement d’au moins une cinquantaine d’Indiens (et nous n’exagérons même pas!) qui s’étaient arrêtés pour nous observer, nous les Blancs. Les jeunes qu’on accompagnaient semblaient eux-mêmes troublés… ‘’Les gens vous regardent comme si vous étiez des singes’’ qu’ils nous ont dit. D’ailleurs, tout le long de la ballade au zoo, Sara et Céliane se faisaient traiter de putes et étaient le centre de commentaires assez déplacés sur le fait qu’elles tenaient la main à des petits de sept ans… Ce sont les enfants de la rue qui nous disaient de presser le pas et de ne pas écouter les commentaires déplaisants. Vraiment, les enfants de la rue avaient plus de respect et de savoir vivre que la plupart des Indiens de classe moyenne qu’on a croisé depuis le début du voyage!

Bref, lors de notre passage à l’ONG nous avons été témoins de plusieurs situations désagréables… On a vu des enfants inhaler du décapant en cachette, on fait connaissance avec une adolescente ayant un léger retard mental qui s’était fait lacérer le visage à coups de couteaux par l’homme qui l’avait mise enceinte, un intervenant frapper un enfant…

À ce moment-là, à Delhi, on ne savait plus trop quoi penser de l’Inde. Tous les Indiens nous paraissaient corrompus et prêts à profiter de tout un chacun, sans aucune sympathie pour son prochain. Le Québec nous manquait plus que jamais. Notre province n’est certes pas parfaite, mais on s’occupe tout de même un peu des gens qui sont dans le besoin. Et lorsqu’on demande son chemin ou qu’on a besoin de conseil, la plupart des gens sont prêts à nous aider, et ce sans exiger d’argent ou quoi que ce soit d’autre en retour. L’entraide et le respect font partie de nos habitudes. Ici, il faut choisir les gens à qui on demande de l’aide et vérifier par trois fois pour être sûrs d’avoir la bonne information. L’Inde se vante d’être un pays en pleine ascension économique et industrielle, mais elle a encore beaucoup à faire pour parvenir à devenir une puissance mondiale. Le trois quart de la population vit dans une très grande pauvreté, les infrastructures sociales sont défaillantes ou inexistantes et personne n’a à cœur de développer le bien commun, d’améliorer la société. C’est chacun pour soi et la loi du plus fort. En espérant pour eux que ce ne soit qu’un bordel transitoire, parce que s’ils continuent comme ça, ils en resteront toujours au même stade.

On s’est enfermé quelques jours, n’allant qu’aux endroits qu’on aimait bien… Déjeuner à la chambre de Sara qui nous faisait un café du tonnerre et qui nous faisait du bien à côtoyer, petit thé avec la famille sympathique, dîner dans notre boui-boui préféré où nos serveurs, de gentils Népalais, étaient toujours contents de nous voir. On a aussi visité le quartier Tibétain, parce que les Tibétains sont beaucoup plus aimables et beaucoup plus calmes que les Indiens. Le quartier lui-même était plus propre, mieux entretenu et tellement plus paisible que tous les quartiers Indiens que nous avons visités jusqu’à maintenant!

Ces quelques jours nous ont permis de se réconcilier un peu avec l’Inde.

Puis, on a décidé de partir pour Pushkar,au Rajasthan, parce que c’est une petite ville très calme. C’est à cet endroit que tous les ans, après la première pleine lune de novembre, se tient une immense foire aux chameaux.

Sara nous a appris qu’on pouvait réserver des autobus sleeper. Ben oui, on ne savait pas que ça existait, nous, des autobus avec des couchettes doubles pour les longs trajets de nuit! Vraiment, le confort! Pour une fois, le trajet d’autobus nous a permis d’arriver frais et dispos. La seule chose un peu désagréable pour Céliane, c’est que lors de ce trajet 10 heures, le bus a fait plusieurs escales, mais il n’y avait jamais de toilettes… Pour les hommes, aucun problème. On sort du bus, on s’installe un peu n’importe où et Hop! C’est fait. Mais Céliane n’avait pas envie du tout de se déculotter devant les dizaines d’Indiens qui croient tous que les blanches sont des nymphomanes accomplies. Elle s’est donc retenue jusqu’au matin, mais bon sang qu’il était temps!



Arrivés à Pushkar, nous n’avions pas encore mis le pied hors de l’autobus que nous étions déjà assaillis par les propriétaires d’hôtels qui brandissaient leurs cartes d’affaires à deux pouces de notre face et nous offraient de payer le rickshaw pour s’y rendre (dans cette ville, le rickshaw consiste en une grande plateforme de bois montée sur quatre roues, le tout étant poussé ou tiré par les hommes). Petite note au passage, il faudrait que quelqu’un explique un jour aux Indiens que de mettre leur carte d’affaire à 10 cm du visage ne fait pas que l’on peut mieux lire le nom de l’hôtel. De toute façon, on savait qu’on pouvait marcher et qu’on finirait par trouver, alors on a poussé les gens pour se faire un chemin, on a pris nos bagages et on s’est mis à marcher. Mais cette bande de mouettes nous suivaient et ne cessaient de lancer des prix et de nous dire qu’ils avaient des piscines et qu’ils étaient près du lac etc, etc. L’un d’entre eux, qui s’était tenu à l’écart depuis le début, s’est approché de Jean-François et lui a chuchoté à l’oreille qu’il pouvait nous faire une chambre à 2$ la nuit. Comme il avait l’air plus relax et que le prix nous plaisait, on s’est dit pourquoi pas, et on l’a suivi. L’hôtel est situé juste un peu à l’écart de la ville (5 minutes à pieds) avec un petit jardin où se baladaient peinards une tortue et un paon. Sur le toit, on avait une super vue sur la montagne. En arrivant, Bunti (le gars de l’hôtel) nous a montré la chambre à 2$ et une autre à 5$. Comme la moins chère était parfaitement correcte (la seule différence était la vue, un peu moins pittoresque), c’est celle-là qu’on a pris… On a pu lire la déception dans le regard de Bunti. On a ensuite réussi à marchander une chambre à 250 roupies (5$) pour la foire de chameaux qui aura lieu à la mi-novembre. C’est vraiment bien, parce qu’on avait regardé un peu les prix et qu’on n’avait pas réussi à trouver en bas de 600 roupies (15$!!), ce qui aurait fait un large trou dans notre budget! La chambre qu’on a marchandée est grande comme un garde robe et on dormira sur des matelas à même le sol, mais on n’aurait pas trouvé mieux ailleurs, de toute façon. Et puis, on commence à s’habituer à la saleté et à l’inconfort… C’est drôle, quand même, parce que Bunti a encore une fois essayé sa tactique de chambre un peu crade dans notre budget versus une chambre potable un peu plus chère… mais comme on est pas trop regardants, il s’est encore fait avoir à son propre jeu!



Pushkar était effectivement très calme. Nous ne sommes pas restés longtemps, parce qu’on savait qu’on reviendrait pour la foire. J-F a quand même eu le temps de se faire presque encorner par une vache pour aucune raison (ce fut la première d’une longue série qui, à ce jour, continue encore). On s’est fait offrir à plusieurs reprises des fleurs destinées à être jetées dans le lac sacré de Pushkar… On a toujours refusé, un grand sourire au lèvres, parce qu’on s’était fait prévenir à l’avance que c’est une attrape à touristes. L’idée derrière cette arnaque est assez simple : si nous acceptons la fleur et que nous allons la jeter dans le lac, alors on te demande des centaines de roupies, et ils se mettent en bande pour que tu n’aies pas d’autre choix que de donner l’argent pour t’en sortir.

Après ce court séjour è Pushkar, on a pris le bus pour Chittaurgarh. C’est un nom qui semble pas très compliqué à prononcer, surtout si on le prend syllabe par syllabe… du moins c’est ce que l’on croyais! Arrivé au terminus d’autobus, impossible de se faire comprendre. Ils nous demandais tous ‘which city ?’ alors on a sorti le guide de voyage pour leur montrer le nom. Le responsable au kiosque d’info s’est alors exclamé : ‘Ah ! Chittaugarh !’ Céliane et Jeff se sont alors regardés, l’air un peu hébétés en se demandant où était le problème, et nous avons demandé à l’homme de répéter le nom de la ville. Nous avions beau répéter et répéter après lui, rien à faire! Il y a une nuance qu’on ne parvenait pas à entendre… Il nous a alors regardés, un peu découragé, et nous a pointé l’autobus à prendre. Même arrivés dans cette ville on n’a jamais été capables, selon les Indiens, de bien prononcer le nom. Là-bas, on a logé dans le seul hôtel de la partie fortifiée de la ville. On s’est dégoté une méga chambre qui ressemblait plus à une salle communautaire qu’à une chambre. Dans le fort, c’est comme si le temps s’était arrêté. Il n’y avait presque pas de véhicule. Tout était tranquille et c’était vraiment comme un petit village. On a marché pour visiter le fort et les temples. C’était superbe, vraiment. Et tranquille en plus. Et l’air qu’on respirait n’était pas saturé de pollution.

Puis, on a pris le bus pour Ujjain, une des sept villes importantes dans l’Hindouisme car il y coule un fleuve sacré. Le bus devait nous mener à Ratlam en cinq heures, d’où nous devions ensuite prendre le train pour Ujjain. Le trajet en a duré huit. Durant une des escales, Céliane qui a jeté sa pelure de banane par la fenêtre du bus, a failli se faire bouffer la main par une chèvre trop gourmande. On s’est finalement rendus à la gare de train de Ratlam où nous devions attendre le train jusqu’à 2 heures du matin. On s’est trouvé un petit coin au milieu de la gare où tout le monde dormait avec leurs couvertures et leurs oreillers. Nous avons patiemment regardé le temps s’écouler sur l’énorme horloge électronique. On était assis pas très loin d’un sâdhu (Les sâdhus sont des Indiens considérés comme des sages, qui vivent de la charité des gens. On a appris qu’un certain nombre d’Entre eux sont en fait d’anciens criminels qui se sauvent des autorités en se faisant passer pour des sages) qui parlait à quelqu’un d’invisible à côté de lui. Il parlait aussi aux vaches et aux chiens qui passaient. Malgré tout, il étais bien sympathique et il nous a même fortement recommandé d’aller prendre une chambre à l’hôtel au lieu de passer une partie de la nuit à la gare. Tout le monde autour se moquait de lui, dont une prostituée qui se croyait sensuelle quand elle relevait son sari pour se gratter frénétiquement la jambe… Nous, on trouvait qu’il avait l’air bien plus humain que tous les autres qui riaient de lui. Il avait l’air sans malice, enlevait les puces des chiens et nous disait de ne pas avoir peur des vaches, qu’elles étaient gentilles.

Lorsque est enfin venu le temps de prendre notre train, on s’est rendu compte qu’on avait des billets pour les wagons deuxième classe dans lesquels il n’y a pas de siège réservé… En fait, c’était un peu par accident qu’on s’est retrouvés avec des billets de cette catégorie, parce que le gars qui vendait les billets ne parlait pas un traître mot d’anglais, alors J-F a eu toute la misère du monde seulement pour lui faire comprendre qu’il voulait deux places (avec en plus une dizaine d’Indiens tout autour de lui qui essayaient de le shifter… On ne comprend pas trop d’où vient l’expression : se tenir en file Indienne. En fait, en Inde, tout le monde se pousse pour passer en avant de l’autre, ce qui forme plutôt des tapons!) Alors pour ce qui était de choisir la classe de nos sièges, c’était même pas à envisager! Lorsqu’on s’est aperçu qu’on n’avait pas de places assignées, on s’est tenu prêts à courir dès l’arrivée du train… Parce que les Indiens ne sont pas du genre à attendre que le train soit arrêté pour y grimper et s’y trouver une place! Dès que le train est entré en gare, on a donc ciblé un wagon qui avait l’air moins plein et on s’est lancés dans une course folle contre les Indiens, qui eux n’avaient pas d’énormes sacs à dos sur les épaules! Rendus au wagon, Céliane s’est dépêchée à grimper, mais lorsque J-F a tenté d’y mettre le pied, un policier lui a mis la main sur la poitrine et lui a dit : NO SIR! Only women, next couch for men. Qu’est-ce que vous voulez y faire… J-F s’est donc précipité vers le second wagon. Le problème, c’est qu’on n’avait qu’un seul billet qui prouvait qu’on avait payé pour deux. Céliane est donc sortie du wagon des femmes en panique et s’est précipitée dans le wagon des hommes, derrière Jean-François. Un policier a bien essayé de l’en empêcher, mais en voyant l’air affolé de Céliane il l’a laissée passer. Comme on est rentrés les derniers, il n’y avait plus de place. Il y avait des gens empilés sur les bancs et sur les portes bagages, les autres s’entassaient debout dans l’allée. Le seul endroit où on a pu se faufiler, c’est à côté des toilettes. Céliane est allée se foutre dans le coin le plus reculé pour ne pas trop se faire voir. Le vérificateur de billet a bien voulu, après quelques blagues, la laisser faire le voyage dans le wagon des hommes. On était assis par terre, près des toilettes, et ça sentait pas la rose… Sur le mur devant nous, on pouvait observer quelques coquerelles se promener. On a préféré ne pas vérifier si c’était la même chose sur le mur auquel on était accotés… À côté de nous, il y avait un vieux monsieur pas trop propre qui se raclait constamment la gorge avant de cracher de gros roupillons sur le mur, à deux pouces de nos jambes et du sac à dos de J-F. Il crachait juste en dessous du lavabo, en fait, trop paresseux pour se lever et cracher dedans. Quand on vous dit que les Indiens n’ont aucune conscience de l’autre et de l’environnement qui les entoure! On a préféré en rire, mais on était assez contents lorsqu’on est descendus, après deux heures de route.

Comme on est arrivé à 5 heures du matin, tous les hôtels étaient fermés. Ceux qu’on a réussi à réveiller nous ont renvoyés, nous disant que toutes les chambres étaient prises. On s’est gelé le popotin sur un banc de parc au milieu de la ville endormie et on s’est finalement trouvé une chambre dans un hôtel un peu crade, mais moins dégueu que le wagon d’où on sortait, où on a dormi tout habillés après la nuit blanche qu’on venait de passer.

À Ujjain, on est resté seulement deux jours. On a marché dans la ville sacrée (une des 58 villes sacrées de l’Inde… 58 villes sacrées, non mais!) où les pèlerins viennent se baigner dans la rivière et visiter les nombreux temples qui s’y trouvent.

Dans cette ville, il n’y avait pas de touristes… ou plutôt, que des touristes indiens! Nous n’avons croisé la route que d’un seul blanc. Et il nous a arrêtés pour nous parler parce qu’il trouvait lui aussi que c’était tout un évènement de croiser d’autres blancs becs comme nous autres. C’était un vieux de la vieille, un de ces trippeux revenu en Inde pour la enième fois. Est-ce qu’on vous a déjà dit que les standards de qualité des Indiens sont loin des standards occidentaux? On a cherché pour trouver une autre chambre d’hôtel, et le seul endroit qu’on a trouvé avait des murs gris chamoirés de noir (anciennement beiges) et des draps blancs tachés d’on veut pas savoir quoi… mais bon, à 2,25$ la nuit on n’est pas trop regardant là-dessus.

À Ujjain, il y avait beaucoup de petits boui-bouis, mais qui servaient tous la même maudite affaire, c’est-à-dire un espèce de riz aux chili (ou plutôt du chili au riz!) servis avec un truc sucré comme pas possible, du genre crise-d’hypoglycémie-instantanée! On a déjeuné avec ça une fois et ça nous a enlevé toute envie de remanger de ce machin-truc. Les Indiens, eux, vont jusqu’à mélanger la sucrerie au sirop dans le riz au chili… Pour nos estomacs pas habitués, ça provoque une drôle de sensation pas très agréable…

Le seul autre resto qu’on a trouvé où ils servaient autre chose que ça, c’était un endroit qui sentait le sous-sol humide. Il était décoré à la mode des années 70, avec des mosaïques de miroirs sur le mur en bois, des tapisseries de paysages qui recouvraient d’autres parties de murs, des banquettes orange et brunes… Dans ce resto, où on a mangé la majorité de nos repas, on a pu apercevoir quelques coquerelles (dont une qui sortait du pichet d’eau) un chat et un rat, sans compter le chien qui n’a pas réussi à franchir le comptoir de réception… C’était à se demander si le proprio n’avait pas l’intention de reconvertir son resto en SPCA!

Pour partir d’Ujjain, on s’est pris une couchette dans un autobus Sleeper. Erreur redoutable!

En embarquant dans l’autobus qui arrivait déjà plein d’on ne sait où, le gars de l’autobus était trop paresseux pour descendre mettre nos sacs dans la soute à bagages… dans le bus, on pouvait difficilement marcher à cause justement des valises de tout le monde qui encombraient l’allée, en plus d’une vieille qui s’était pris un siège assis pour économiser et qui avait décidé de dormir sur une pile de bagages au beau milieu de l’allée (J-F lui a échappé son énorme sac à dos sur la face par accident et elle n’a même pas bougé d’un poil pour nous laisser passer!). On a finalement mis nos sacs par-dessus d’autres et on est monté dans notre couchette qui était située complètement à l’arrière du bus. Le problème, c’est que la route qu’on a empruntée était jonchée de nids de poule immenses (bien pire que ceux de Montréal!) et comme on voyageait de nuit et que les routes étaient relativement désertes, le chauffeur avait le pied pesant… On n’a pas dormi de la nuit, trop occupés qu’on était à essayer de s’aggriper après n’importe quoi. De nombreuses fois, durant la nuit, les bosses nous faisaient faire des sauts dans les airs et nous projetaient la tête contre le mur arrière… Pas mal comme manège, mais pas 10 heures de temps !

Nous sommes arrivés à Udaipur avec un mal de bloc lancinant, des cernes jusqu’aux genoux et plus une goutte d’énergie. On s’est trouvé un rickshaw. L’endroit qu’on s’était fait conseiller s’est révélé être assez crade et trop loin de la ville à notre goût, alors le chauffeur de rickshaw nous a amené à l’hôtel de son ami ‘recommended by Lonely Planet, very well situated!’… Comme on n’avait pas trop de force pour s’obstiner (et encore moins pour marcher) on l’a laissé faire en se disant que de toute façon à partir de là, on n’aurait qu’à marcher pour trouver un autre hôtel. Arrivés là-bas, on est entrés pour demander les prix, mais il n’y avait rien dans notre budget. Alors on est sortis. Mais comme on sortait, le gars de l’hôtel nous a dit d’aller à l’hôtel juste à côté qui appartenait à son ami. Ici tout le monde connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un qui est l’ami de l’autre qui va te faire un bon prix... Comme c’était pas loin, on y est allés, pour la forme. On est entrés, on a demandé les prix et c’était encore deux fois trop cher pour notre budget. Alors on est sortis. Mais comme on sortait, le gars de l’hôtel s’est mis à descendre ses prix, et à chaque fois qu’on faisait un pas, le prix baissait un peu plus… On a marché jusqu’à ce qu’il atteigne le prix qu’on voulait et on est revenus sur nos pour voir les chambres. La chambre qu’il nous a donnée s’est avérée être une des chambres les plus confortables qu’on a eu jusqu’à maintenant. Mieux que celle du ashram de Pondychéry et deux fois moins chère (voir ancien blogue). Deux pièces, grandes fenêtres, eau chaude, télé (qu’on n’a pas écoutée, mais quand même!) et propre en plus! Vraiment, après la crasse d’Ujjain, ça faisait drôlement du bien!


Udaipur est une ville très propre, avec des petites rues à l’Européenne, un lac, des palais, des hôtels, des magasins et des restaurants sur les toits d’à peu près tous les buildings du quartier touristique! C’était vraiment superbe, d’aller manger! Chaque fois, on avait droit à une vue différente de la ville. Au Rajasthan, les vendeurs ont compris que les touristes n’aiment pas la vente à pression… Ils te vendent tous leur salade en insistant beaucoup sur le fait qu’ils ne te mettent pas de pression. Ils insistent beaucoup pour te donner du thé et ensuite, ils insistent beaucoup pour te montrer tout ce qui se trouve dans leur magasin. Toujours sans pression. Et quand tu veux partir, t’en a pour dix minutes à te faire convaincre de revenir parce qu’ils sont donc gentils et qu’ils ne te mettent pas de pression… Finalement, le résultat reste le même, mais en plus sympathique. Et en plus t’as droit à un thé.


À Udaipur, on s’est bourrés la face de Chocolate balls, un mix entre un brownie et un macaron au chocolat. Et étonnamment, ça goûtait le vrai chocolat!

Après deux jours qu’on était là, après avoir visité le city palace (qui était vraiment magnifique!) on s’est mis en quête d’un guichet. On a trouvé au moins une bonne douzaine de guichets, mais lorsqu’ils n’étaient pas incompatibles avec nos cartes canadiennes, ils étaient à sec de billets… On a finalement trouvé un guichet où on a pu retirer un petit montant, juste assez pour tenir jusqu’à la prochaine ville!

Pour aller à Jodhpur, qui était l’étape suivante sur notre route, on a décidé de voyager de jour et de prendre des places assises dans un bus du gouvernement. C’est un peu comme voyager dans un vieux bus de ville de Montréal à l’heure de pointe. Pendant 10 heures. Ça a son charme…

Il faisait noir lorsqu’on est arrivés à Jodhpur. Le premier chauffeur de rickshaw nous a fait un prix honnête, alors on l’a pris. On a su plus tard qu’on était bien tombés, parce que les chauffeurs refusent normalement de se rendre à l’hôtel où on allait car cet hôtel ne leur offre pas de commission… On s’est pris une petite chambre très correcte et on est allés manger sur le toit du guesthouse. C’était bien parce que leur terrasse avait plusieurs niveaux. Nous, on est monté jusqu’en haut, où il n’y avait d’espace que pour une seule table et d’où on avait une vue imprenable sur le fort qui surplombe la ville en contrebas et sur la ville. Le soir venu, on entendait le chant des mosquées qui se faisaient écho de part et d’autre de la cité, vraiment superbe.

Le lendemain, on s’est baladés dans la ville et on est montés vers le fort qui surplombait la ville, sauf qu’on est partis dans la direction opposée du chemin qui menait à l’entrée. On s’est retrouvés à l’entrée d’un temple où un Indien de notre âge glandait. C’était dimanche. Quand il nous a vu, il s’est mis à nous parler… Normalement, quand les Indiens nous parlent, c’est pour nous demander de l’argent ou pour rire de nous. Mais celui-là avait l’air bien sympathique. Il nous a fait entrer dans le temple et nous a expliqué quelques trucs sur la religion hindoue et ses dieux. C’était vraiment super intéressant! Ensuite, il nous a conseillé de continuer notre chemin vers un autre temple situé sur la pointe du roc. Ce qu’on a fait. De là-haut, on pouvait voir toute la ville. Jodhpur est aussi surnommée la ville bleue, car la majorité des maisons de la ville fortifiée sont peintes d’un bleu éclatant. Anciennement, c’était les Brahmanes, gens de castes supérieures, qui peignaient leurs maisons de cette couleur, mais plus tard les gens ont découvert que le pigment utilisé dans la peinture bleue éloignait les tiques. À partir de ce moment, tout le monde qui pouvait se le permettre s’est mis à peindre sa maison en bleu.


À force de marcher, on a fini par se retrouver dans un quartier un peu plus pauvre de la ville. Normalement, les touristes sont concentrés dans un certain quartier et n’en sortent pas. Dans les quartiers pas touristiques, c’est fatigant parce qu’on se fait souvent harceler par les enfants qui veulent des roupies ou des crayons, les hommes font des blagues déplacées sur Céliane (ça se comprend aisément au ton employé et aux regards) et les vieux nous courent aussi après pour quêter. Mais bon, ce sont des choses auxquelles on s’attend maintenant, on en fait abstraction plus facilement. Mais cet après-midi-là, Céliane s’est fait lancer je ne sais quoi d’humide dans le dos par des enfants. Elle s’est retournée et s’est mis à leur gueuler après en anglais, leur disant qu’ils n’avaient aucun savoir-vivre… Au Québec, Céliane avait pour habitude d’ignorer ce genre d’imbéciles sur son chemin. Mais l’Inde l’a amenée à réagir beaucoup plus promptement face à ce genre de connards.

Nous sommes revenus à l’hôtel, un peu fatigués de l’Inde. La chambre que nous avions n’avait pas de salle de bain privée. Nous devions donc sortir pour aller à la toilette qui donnait sur la cour intérieure. Lors d’une de ses excursions au petit coin, Céliane était tranquillement assise sur le siège quand elle a aperçu une énorme coquerelle qui se dirigeait vers son pied… Elle s’est levée très promptement, effrayant l’insecte au passage qui s’est réfugié dans un coin. Céliane pouvait encore l’apercevoir et en l’examinant de plus près, elle s’est rendue compte que le cafard était aussi long que son pouce (Céliane s’est toujours fait dire qu’elle avait de longs doigts de pianistes, alors vous pouvez imaginer la grosseur de la chose!) Elle est revenue à la chambre un peu dégoûtée, laissant précautionneusement la porte ouverte, pour inciter l’insecte à sortir… Avant de se coucher, Céliane a dû se résigner à retourner aux toilettes, espérant que le cafard aurait déguerpi, mais lorsqu’elle a allumé la lumière de la salle de bain, c’est non pas une, mais deux énormes coquerelles qu’elle y a trouvées. Lorsque J-F y est allé, un peu plus tard, il est parvenu à massacrer l’une d’entre elles, la coupant littéralement en deux… mais quand il y est revenu, le lendemain matin, la tête avait disparue! On savait que les coquerelles résistaient à la bombe atomique, mais de là à survivre à la décapitation…

Le reste du séjour à Jodhpur s’est bien déroulé. On s’est bourré la face de peanuts fraîchement rôties, de lassi au safran (un délice!) et de raita aux légumes (yogourt avec ail, oignons, concombres et tomates) et un marchand de thé a beaucoup insister pour nous faire goûter (sans pression) à son thé au safran tout en nous expliquant comment différencier le vrai safran du faux.

On a ensuite pris le bus (du gouvernement, toujours) vers Bikaner. Le chauffeur nous avait fait mettre nos sacs dans sa cabine plutôt que dans la soute. Nous étions assis un peu plus vers l’arrière du bus et lors d’une escale quelque part au beau milieu de nulle part, nous avons vu quelqu’un marcher à côté du bus avec nos sacs à dos. J-F, qui était du côté de la fenêtre a fait un signe à Céliane qui s’est levée tellement vite qu’elle s’est assommée sur le porte-bagages. C’est là qu’on a vu le chauffeur qui nous faisait un gros sourire pour nous dire qu’il devait les mettre dans la soute pour faire asseoir des gens dans sa cabine… On a quand même eu un petit moment de stress!


On se rendait à Bikaner principalement parce qu’on avait lu dans notre guide que pas très loin de là, il y avait une toute petite ville nommée Kakoo située aux abords du désert. On ne savait pas trop comment on pourrait s’y rendre, mais on s’est dit que c’était pas perdu d’essayer. À Bikaner, il commence à y avoir plus de tourisme, mais pas tant que ça, parce qu’à part un fort, il n’y a pas grand-chose et que de toute façon, des forts, il y en a plein le Rajasthan. Y’a quelques touristes qui viennent ici pour faire des safaris à dos de chameaux dans le désert aussi.

Au terminus d’autobus, on était entourés de chauffeurs de rickshaw qui voulaient nous embarquer. On a négocié le prix pour se rendre à un certain hôtel. Lorsqu’on a embarqué dans le véhicule, le chauffeur nous a tendu la carte d’un autre hôtel, mais on a insisté pour qu’il nous amène à celui où on voulait aller. Il nous a alors débité un truc comme quoi la rue où se trouvait notre hôtel n’était pas accessible parce que c’était bientôt la Diwali (fête hindoue) et que les rues étaient barrées. On lui a dit de nous amener le plus près possible et qu’après on marcherait, ce à quoi il a acquiescé. Le salopard nous a amené à son foutu hôtel où il recevait des commissions pour amener des touristes… On lui a dit de nous amener à l’autre hôtel, mais il a recommencé avec son truc des rues barrées. C’est là que Céliane, exaspérée, sous les yeux étonnés de Jean-François, a dit au chauffeur d’un ton glacial qu’il était malhonnête et que puisqu’il ne nous avait pas amené là où on voulait, on ne le payerait pas. Et elle est sortie du rickshaw avec J-F et le chauffeur qui la regardait silencieusement. Lorsque Céliane se fut éloignée, le chauffeur a bien essayé de rouspéter quelque chose à J-F, mais il ne l’a même pas laissé commencer et l’a un peu engueulé avant de le laisser en plan pour aller rejoindre Céliane qui était déjà rendue dans la rue. On a ensuite demandé notre chemin à un Indien vraiment sympa qui nous a même négocié un rickshaw pour nous rendre à l’hôtel où on voulait aller.

Arrivés à l’hôtel, on avait vraiment l’estomac dans les talons. On a pris la chambre la moins chère, qui sentait la cigarette. On s’en foutait, on avait faim et on était fatigués. Lorsqu’on est allés remplir les informations avec le gars de l’hôtel, on lui a demandé s’il connaissait Kakoo et s’il savait comment s’y rendre. Il a dit que non, mais le type qui se tenait à côté de lui nous a dit qu’il organisait des safaris et qu’il se rendait là-bas le lendemain pour aller reconduire quelqu’un qui partait en safari. Il nous a dit qu’il pourrait nous y amener. Il nous faisait un bon prix, alors on lui a dit qu’on considérerait la chose.

Puis, il est revenus nous voir lorsqu’on était en train de manger au restaurant d’en face. Il nous a dit qu’il avait des chambres à louer chez lui, à 1$ la nuit, et il nous a invités à venir voir nous offrant de payer le rickshaw aller-retour. On s’est dit : Pourquoi pas? Il était assez sympa et ça ne coûtait rien d’aller voir…

En chemin, on a pu voir des chameaux tirer des charrettes un peu partout dans les rues. C’est la première fois qu’on en voyait en si grande quantité… Qu’est-ce qu’on avait hâte de voir la foire de chameaux de Pushkar!

Lorsqu’on est arrivés chez Prakash, on a été accueillis par ses quatre enfants et sa femme qui nous a offert du thé. Il nous a fait lire son livre de commentaires des touristes qu’il avait hébergés et qu’il avait amenés en safari. La chambre était bien mieux que l’autre qu’on payait 5 fois plus cher et en plus l’endroit était très paisible. Avec la Diwali qui s’en venait, on s’est dit qu’il valait mieux être ici qu’au centre ville. On lui a dit que le lendemain, on déménagerait chez lui et qu’on irait avec lui à Kakoo.

On est retournés à l’hôtel et on n’a pas très bien dormi… Quelque part au milieu de la nuit, J-F s’est réveillé pour aller à la toilette. Il a essayé d’ouvrir la porte, mais n’y parvenait pas. Quelqu’un avait fermé le loquet de l’extérieur et nous avait embarrés dans notre chambre. Heureusement, on avait une fenêtre qui donnait sur le corridor, alors on a pu finir par demander à quelqu’un de nous ouvrir. C’était vraiment une blague à la con. Et quand vous avez une envie qui presse, les minutes vous paraissent des heures ! Par chance, on s’en est rendus compte avant que Céliane n’ait dû se lever pour renvoyer son souper qui n’avait visiblement pas passé.

Le lendemain matin, on s’est rendus chez Prakash et sa famille. On a rencontré Marc, l’Anglais qui s’en allait en safari à dos de chameau. On est ensuite embarqués dans la voiture en direction du désert. On a fait un arrêt dans un temple où les rats sont adulés. Dans les temples Hindou, c’est obligatoire d’enlever ses chaussures pour entrer. On s’est donc baladés nu pieds parmi les rats en liberté et les pigeons (et leurs fientes)! Les rats avaient à leur disposition de grands bols de nourriture et de lait, mais ils semblaient tout de même assez mal en point.



Ensuite, on a repris la route vers le désert. On a laissé Marc (l’Anglais) avec son guide et ses chameaux et on est repartis vers Kakoo. En fait, on n’est pas vraiment allés à Kakoo. Prakash nous a expliqué que les gens de ce village sont de plus en plus habitués à voir des touristes et ils n’aiment pas ça du tout, ils trouvent ça un peu trop envahissant et sont devenus hostiles envers les touristes. Alors, il nous a amené dans la maison d’un de ses amis. En route, on s’est un peu perdu et l’auto a arrêté de fonctionner à quelques reprises. J-F trouvait que c’était une drôle d’idée de conduire une voiture, genre Lada, dans le désert, mais bon. Ce n’était pas un problème parce que tout ce qu’on avait à faire, c’était de pousser le char et il repartait comme si de rien n’était. Mais à un moment donné, on ne pouvait plus tellement pousser, parce que la voiture était un peu enlisée dans le sable… Comme on n’était plus très loin, on a marché jusqu’à la maison de terre et de paille. Ils nous ont offert à manger et J-F s’est pris d’affection pour un bébé chèvre. Un bel après-midi très relax. Quand est venu le temps de repartir, on s’est rendu jusqu’à la voiture. Ça a pris une bonne heure et quelques personnes de renfort pour parvenir à dégager la voiture et à la repartir. Pendant tout ce temps, Jean-François s’est vraiment demandé à quoi le chauffeur avait pensé de louer une voiture au lieu d’un jeep pour se déplacer dans le sable... Quand le véhicule est repartit, bon sang qu’on était soulagés de ne pas avoir à marcher jusqu’au prochain village, parce qu’on en aurait eu pour quelques heures, ça c’est sûr!



Avec la voiture, on s’est rendus jusque sur une dune de sable en périphérie d’un village. C’est là qu’on devait rejoindre Marc et son guide pour souper. On a regardé les chameaux arriver dans le soleil couchant. Puis, pendant que Prakash et le guide nous faisait à manger au bord du feu, nous on était couchés sur la dune, avec les scarabées qui nous chatouillaient les orteils, et on regardait les étoiles apparaître. La voie lactée et des milliers d’étoiles. Ça faisait un bail qu’on n’avait pas vu ça! C’était très paisible. On a mangé au bord du feu, et on est reparti vers la ville. Une bien belle journée, somme toute.

Le jour d’ensuite, c’était le jour de la Diwali. Ici, la fête de la Diwali serait un peu comparable à notre ô combien religieuse fête de Noëll. C’est l’occasion d’acheter de nouveaux vêtements, des feux d’artifice, de changer de cellulaire, de dépenser pour des décorations, d’acheter des cadeaux… et de faire quelques offrandes à la déesse Laxmi.. Les enfants étaient tout excités... Céliane s’est fait tatouer quelques motifs au henné sur le bras par une des enfants. Quand le soir est tombé, la petite famille a allumé plus d’une centaine de petites lampes à l’huile qu’ils ont répandues tout autour de la maison. Ils se sont ensuite tous habillés avec leurs nouveaux vêtements et ils ont prêté une robe Râjasthâni à Céliane. Ensuite, c’était l’heure de la puja, une sorte de petite cérémonie religieuse. Toutes les familles Indiennes ont un autel avec des représentations de leurs divinités favorites devant lequel ils font leurs prières et leurs offrandes. La Diwali, c’est la fête où l’on célèbre Laxmi, la déesse de la prospérité. Devant l’autel, ont été déposés fruits, sucreries, argent, or, encens bijoux. La mère et la plus vieille des filles ont chanté l’ode à Laxmi et on a ensuite tous eu droit à la tikka (petit point rouge au front) et à un cordon autour du poignet, pour la chance.


Après la puja, les enfants sont allés mettre d’autres nouveaux vêtements qu’ils avaient reçus, puis la mère a commencé à préparer le repas pendant que Prakash et les enfants (incluant J-F) se sont lancés dans les pétards de toutes sortes. Il y avait ceux qui faisaient un vacarme du tonnerre, ceux qui tournaient comme des toupies en faisant des flammèches de toutes les couleurs, les mini-fusées qui éclataient dans le ciel et bien d’autres encore! Les enfants s’amusaient à les allumer sous nos yeux un peu inquiets… Le plus petit, Sandip, devait avoir quatre ans! On a pu entendre les pétards éclater sans arrêt partout dans la ville, jour et nuit, pendant deux jours! Sans compter que certaines personnes avaient peur de rater la Diwali, ils avaient donc commencé a faire sauter leurs pétards une bonne semaine en avance et que les retardataires, et ceux soucieux de bien faire les choses, ont continué leur manège durant les trois ou quatre jours suivants. Il faut bien écouler les inventaires…


Après, ça été le souper de Diwali. Des chips au chili avec des desserts dans le sirop. On s’est couchés l’estomac un peu à l’envers, mais heureux du beau moment qu’on venait de passer avec cette petite famille.

Le lendemain, on est allés se promener dans la vieille ville fortifiée. En chemin vers là-bas, Céliane s’est fait subtilement tâter les fesses par un Indien qu’elle s’est mise à frapper tout en l’engueulant. Il s’est sauvé. Encore une fois, Céliane n’aurait jamais pensé en arriver au point de frapper des étrangers. C’est la répétition de ce genre de truc qui fini par vous pousser à bout.

En entrant dans la partie fortifiée de la ville, un jeune Indien de notre âge a commencé à nous parler. Au départ, on était un peu réticents, surtout après ce qui venait d’arriver, mais il a offert de nous montrer où était le temple qu’on voulait aller voir. Il s’est avéré être très gentil. Un étudiant en histoire.

À un moment de la balade, Céliane s’est fait attraper un sein par un enfant. Il était avec ses amis et il se trouvait très drôle… Céliane s’est retournée, l’a attrapé par le bras en l’engueulant un peu et lui a donné une petite tape derrière la tête. Rien pour lui faire mal, même qu’il riait. En fait, elle l’a fait juste pour le principe, pour qu’il comprenne que ce n’était pas une chose bien, mais elle était assez troublée parce que le petit il ne devait pas avoir plus de six ans.

Heureusement, le gars qui était avec nous était assez sympathique pour nous faire oublier l’épisode. Il nous a fait faire quelques détours pour nous montrer des havelis (habitations indiennes), et le marché aux épices. Comme on était le lendemain de la Diwali, tout était fermé. Notre nouvel ami nous a donc amenés visiter un ancien haveli qui a été reconverti en hôtel très luxueux (75$/nuit). C’était vraiment très bien comme ballade, avec notre guide qui ne nous a même pas demandé d’argent!

Le soir, Marc est revenu de son safari avec son guide. On a mangé les restes du repas de Diwali et Prakash a sorti une bouteille de fort. Le guide, un villageois du désert, s’est calé au moins les deux tiers de la bouteille à lui tout seul et dans un laps de temps assez court… Il s’est mis à danser, nous entraînant avec lui dans des rondes un peu étranges et maladroites. Il avait beaucoup de plaisir, mais faisait un peu peur au petit Sandip. J-F est allé racheter d’autres pétards qu’on a fait sauter au grand plaisir des enfants! Un peu plus tard dans la soirée, J-F s’est rendu aux toilettes et s’est mis les deux pieds dans quelque chose de visqueux…Dans les maisons et les jardins Indiens, il est généralement de mise de marcher pieds nus. Lorsqu’il a allumé la lumière, il s’est rendu compte qu’il avait les deux pieds dans le vomi du guide qui n’avait vraisemblablement pas eu le temps de se rendre jusqu’à la bécosse…

Malgré tout, ce fut, encore une fois, une soirée superbe et mémorable.

Le lendemain, on s’est rendus jusqu’à Kolayat dans un autobus qu’il a fallu pousser pour qu’il démarre ?!? On avait fait l’expérience des voiture qu’il faut démarrer en poussant, mais un bus, c’est un peu moins rassurant… On a tout de même fini par se rendre! Kolayat est une autre des 58 villes sacrées de l’Inde. C’est une petite ville assez simple qui possède un lac sacré et… rien d’autre. On est arrivés, on a fait le tour du lac et on est revenus.

Nous avons terminé la journée à Bikaner, ou nous sommes allés visiter le fort. C’était vraiment très beau et on avait même un guide qui accompagnait notre groupe et qui essayait très fort de nous expliquer les choses. Il avait un accent presque incompréhensible et la visite a sûrement duré deux fois plus longtemps que la normale tellement on l’a fait répéter de fois!

Prochaine destination : Pushkar et la foire aux chameaux!

Friday, October 19, 2007

Un long moment d'absence

Nous sommes de retour, après une absence prolongée, pour vous raconter nos aventures. Comme vous allez le voir, nous avons roulé notre bosse depuis notre dernière publication !


De Pondichéry, on a fait 3h de bus jusqu’à Chennai, puis on s’est rendus à la gare d’où nous devions prendre un train pour Delhi. Nous avons attendu quelques heures à la gare. Comme toutes les places assises étaient prises, on a fait comme les Indiens et on s’est assis par terre. Autour de nous, il y avait plein de gens qui dormaient, couchés un peu n’importe où. Puis, on s’est pris une masala dosai pour souper, qui était épicée a en vomir, et on a embarqué dans le train. Le voyage a duré plus de 39h… Deux nuits à dormir sur les trop petites banquettes et à regarder les mendiants passer dans l’allée. Être mendiant ici, c’est un business. Il y a des chefs des mendiants qui gèrent les territoires, qui coupent parfois des membres aux bébés mendiants qui naissent pour qu’ils fassent plus pitié et qui bien sûr se prennent une cote sur l’argent que font les mendiants. Dans les trains, ils déambulent l’un après l’autre. Les petites filles avec des anneaux et maquillées à outrance qui font ‘’du cirque’’, les hommes qui n’ont plus de jambes ou de mains, les hommes habillés en femmes, les femmes avec leur bébé, les gens déformés par la polio… C’est triste à voir. En même temps, quand on sait que les mendiants le sont de génération en génération parce qu’ils apprennent à leurs enfants qu’il n’y a rien d’autre à faire que d’attendre l’aumône et qu’ils donnent une grosse partie de leur argent au maître des mendiants, on se dit que ce n’est pas vraiment les aider que de leur donner de l’argent.

Le voyage s’est tout de même assez bien passé, même si on trouvait que le temps ne passait pas tellement vite.

Juste à la sortie du train, un peu trop pressé de débarquer, Jean-François prenant sont plus bel élan pour enfiler son sac à dos et ne sachant pas que Céliane était près de lui, très près, lui a envoyé une décente du coude en plein visage. En plus d’avoir un peu assommé Céliane, la monture de ses lunettes a rendu l’âme. Bon matin tout le monde et bienvenue à Delhi!!

On s’est trouvé une chambre dans le quartier touristique, parce que c’est plus pratique en plus d’être juste à côté de la gare de train.

On a ensuite trouvé un restaurant où ils servaient des petits déjeuners américains : œufs, jambon, patate hashbrown… déception totale! Un jour on finira par se dompter et par arrêter de penser qu’on va recevoir quelque chose qui goûte ce que l’on croit que ça va goûter si c’est autre chose que des mets locaux.


On préfère manger dans les boui-bouis, c’est moins cher et ça goûte meilleur! Et Céliane s’est résignée à endurer ses caprices intestinaux jusqu’à ce qu’elle sorte de l’Inde…

À Delhi, donc, on avait tout plein de commissions à faire… comme magasiner de nouvelles montures de lunettes pour Céliane! On a trouvé une monture qui se plie dans tous les sens, histoire d’éviter d’autres accidents.

On a visité le Red Fort, mais pas la Mosquée parce que ça coûtait trop cher d’y entrer avec nos appareils photos. Mais comme on reviendra à Delhi, on s’est promis d’y retourner.



On a aussi vu un film : Chakde India, avec un acteur super connu qui s’appelle Shah Rukh Khan! Petite déception parce que ce n’était pas un film avec plein de chansons et de chorégraphies comme on croyait… Mais on a bien rigolé quand le film a coupé en plein milieu; un entracte au cinéma! C’est pour pouvoir vendre plus de popcorn…


On s’est ensuite promené à Connaught Place, le quartier des magasins de marque. On a croisé la jeune trentaine aisée qui peut s’offrir des jeans Levis et on a mangé chez McDo. On s’est dit qu’on se devait de comparer les McDo Indiens des McDo Québécois, surtout après toutes les mauvaises imitations de mets ‘continental’ qu’on a goûté… Étonnamment, le McDo goûtait bel et bien le McDo. C’est sûr que le burger Maharaja goûtait un peu différent de nos fameux big macs, mais le burger filet de poisson goûtait vraiment comme chez nous!


C’est dans des quartiers comme Connaught Place qu’on se rend compte qu’il y a pas mal d’Indiens qui sont très à l’aise financièrement. C’est troublant de voir toute cette richesse à côté de la pauvreté, de la saleté et du manque d’infrastructures de la ville.


Ensuite, on a pris le train pour Chandigarh, nouvellement rebaptisé Chandigarh de mes deux par Céliane. La capitale de la province du Punjab a été conceptualisée par Le Corbusier, un architecte Français. Comme on était dans la capitale, la clientèle des hôtels devait se composer principalement de diplomates, de gens d’affaires et compagnie. Notre chambre nous a donc coûté un gros 10$... On n’était pas trop contents, mais on a décidé de n’y rester qu’une nuit. On est donc très vite sortis de la chambre pour visiter l’œuvre de Le Corbusier. La ville est divisée en secteurs qui sont nommés par des numéros placés dans un ordre tout à fait logique, tout est carré et droit. Facile de s’y balader? Non! Premièrement les distances sont astronomiquement grandes, ce qui rend impossible de s’y déplacer à pieds. Deuxièmement, les chauffeurs de rickshaws ne connaissent même pas leur ville. C’est absolument impossible de se faire amener devant son hôtel. Ils te déposent à un coin du secteur et toi, débrouille-toi avec le reste, même si t’as encore 15 minutes de marche à te taper! En plus, les petits vilains nous chargent des prix de fous pour nous trimballer dans la ville!


Le premier rickshaw qu’on a pris, il n’avait pas bien compris où on voulait aller, alors il nous a amenés dans un trou perdu au milieu de nulle part et nous a chargé deux fois le prix qu’on avait marchandé au départ (parce qu’on était deux!) Rendus dans le nowhere, on n’avait pas très envie de rembarquer avec lui, d’autant plus qu’il ne comprenait rien de ce qu’on lui disait. On s’est donc trouvé un autre auto-rickshaw qui a dû demander son chemin 5 fois avant de nous dire qu’il ne connaissait pas du tout l’endroit où on voulait aller. Il nous a tout de même fait voir, de loin, quelques uns des projets du Corbusier. Message d’un étudiant en architecture à Mr. Le Corbusier : Mon vieux, tes projets sont vachement plus beau en photos qu’en vrai. Ils vieillissent un peu mal, surtout quand ils sont entretenus comme seuls les indiens savent le faire !

Comme on était très fatigués et qu’on en avait notre claque de faire du taxi pour rien, nous sommes repartis vers l’hôtel, les chauffeurs de tuk-tuk et de vélo-rickshaw plus riches de 300 roupies.


Juste à côté, il y avait une méga promenade avec plein de magasins de marque, c’était encore plus impressionnant, niveau luxe, que la Connaught Place de Delhi! On est donc allés s’y balader à pieds. À vrai dire, on se faisait un malin plaisir d’envoyer paître, en français, les rickshaws qui avaient le malheur de ralentir sur notre chemin pour nous offrir leur Oh, combien dispendieux services! Et puis, il s’est mis à nous pleuvoir dessus. Alors on s’est dit qu’on était dus pour rentrer pour de bon! On s’est acheté des légumes et on s’est fait une super salade qu’on a accompagnée d’un petit verre de rhum pour se remonter le moral…


Le lendemain, on est partis très tôt pour Shimla, parce que Chandigarh, ce n’était pas pour nous. Shimla, c’est dans les montagnes Himalayennes. Pour la première fois, on a enfilé nos bottes de marche et nos chandails chauds et on s’est baladé dans la fraîcheur et l’air pur des montagnes!

Shimla, c’est une petite ville très populaire chez les touristes Indiens qui ont les moyens. La rue principale est bordée de petits magasins de marques américaines et européennes et au moins le tiers de la ville semble être composé d’hôtels et de restaurants.



Et comme on était dans les montagnes, on a pu aller faire quelques randonnées. On s’entend; les randonnées ne se font pas, ici, sur de beaux petits sentiers bien aménagés mais plutôt sur la même route asphaltée qu’empruntent autobus, motocyclettes et compagnie! Ce furent tout de même de belles balades avec des paysages superbes…

Nous avons vécu quelques émotions fortes lors d’une de nos randonnées vers le temple d’Hanuman, le Jakhoo temple (Divinité Indienne dont l’apparence s’apparente à celle d’un singe et qui est souvent représentée dans des circonstances très violentes...)



Lorsque nous avons amorcé notre ascension vers le temple, un Indien s’est mis à nous crier quelque chose comme ‘Monkey sticks! Monkey sticks!!! Five roupies!’ en brandissant des bâtons de marche dans les airs. Un peu intrigués et ayant lu un avertissement contre les ‘’vicious monkeys’’ dans notre guide de voyage, nous nous approchons du vieillard. ‘Beware your googles! Take the sticks against monkeys! Five roupies and you give it back…’ Nous avions déjà croisé quelques singes en ville et nous les trouvions plus mignons qu’autre chose, mais considérant l’avertissement du livre et le 20 sous que cela nous coûtait, nous avons opté pour la tranquillité d’esprit et avons loué les bâtons, absolument certains de se faire arnaquer pour la millionième fois du voyage… La marche jusqu’au temple s’est déroulée à merveille et les singes que nous avons croisé nous regardaient passer peinards, sans trop bouger.


Rendus en haut, juste avant l’entrée du terrain du temple, nous nous sommes arrêtés pour prendre une gorgée d’eau et s’asseoir deux petites minutes. Une maman singe très mignonne était assise par terre, derrière notre banc. Jean-François l’a prise en photo, et elle lui a montré les dents… Céliane a vu la lueur du ‘’vicious monkey’’ briller au fond des yeux de la guenon et s’est promptement levée, bâton aux aguets. Mais Jean-François, lui, ne se pouvait plus de se foutre de la gueule qu’avait le singe sur la photo qu’il venait de prendre, il riait sur le banc, ramassant tranquillement ses avoirs quand la saloparde de guenon a sauté sur le bord du banc et a arraché les lunettes de Jean-François! Il était là, debout, complètement hébété alors que Céliane le regardait, tout aussi éberluée, ne réussissant qu’au bout de quelques secondes à articuler : ‘Elle t’a volé tes lunettes la c%$?lisse…’


Jean-François a tout à coup réalisé l’ampleur de ce que signifiait ne pas avoir de lunettes… On ne vous dira pas ce qu’il a dit parce que ce n’était pas très beau à entendre! Entendant la complainte garnie de sacres de J-F, un Indien est accouru vers nous avec un sac d’arachides et nous a fait signe d’attendre. Deux minutes plus tard, il était revenu avec les lunettes de J-F pleines de baves et un peu croches, mais intactes. Il nous a remis les lunettes en échanges de quelques roupies… C’est là qu’on s’est demandé si les singes n’avaient pas été dressés à arracher les lunettes des touristes afin que les employés du temple puisse arrondir leurs fins de mois avec les sous qu’ils recevaient en échange…


Le gars nous a dit d’enlever nos lunettes et de faire de grands cercles avec les bâtons pour éloigner les singes. Comme on est aussi myopes que les chauves-souris sans nos lunettes, on a décidé de garder nos lunettes et d’opter pour la stratégie des coups de bâtons dans le vide. Pour finalement accéder au temple, il nous fallait traverser un passage couvert d’un toit en tôle. Céliane avait très peur des singes qui devaient le sentir, car ils s’approchaient dangereusement d’elle, malgré ses moulinets du bâton… Nous avons donc marché très vite le petit chemin qui menait jusqu’au temple. Au beau milieu du chemin, Jean-François s’arrête net. Il vient de voir deux macaques perchés non loin d’eux. Aussitôt qu’il les regarde, ils se mettent à s’énerver d’une étrange façon. J-F tire avec insistance sur le bras de Céliane. Il lui demande alors si elle voit bien la même chose que lui. Céliane oublie tout à coup qu’elle a peur et lui dit : « Il y a quelque chose que je ne comprends pas… ». Imaginez-vous donc que dans un moment de panique un des singes en a profité pour sauter derrière l’autre afin de le sodomiser frénétiquement en ne cessant pas de crier et de nous regarder de façon très agressive… À noter que le premier n’a semblé s’apercevoir de rien. Un peu troublés, nous avons donc décidé de continuer rapidement notre ascension en étant plus insistants avec nos bâtons. Rendus là-haut, c’était beaucoup plus agréable parce qu’il y avait des chiens dressés à marcher avec les touristes et à poursuivre les singes trop téméraires… On a donc pu en profiter un peu. Le temple était tout petit et les murs étaient décorés de peintures représentant Hanuman avec des têtes coupées dans les mains ou bien Hanuman qui s’ouvre le thorax à mains nues… Un peu troublant, quoi... Et rien pour rassurer Céliane sur la gentillesse des singes. Ce fut d’ailleurs un peu pénible de redescendre, car nous avions enlevé nos lunettes le temps de traverser le couloir des singes tueurs (c’est Céliane qui l’a baptisé ainsi…) et comme nous n’y voyions que dalle, Céliane avait encore plus peur et les singes étaient encore plus agressifs et ils tapaient sur le toit de tôle, ce qui créaient un vacarme assourdissant, et se mettaient en bandes pour nous bloquer le chemin. Par chance, Jean-François, maniait le bâton avec tellement de férocité (un peu de rancune J-F??) que nous avons réussi à passer!


Après Shimla, on a pris le bus de nuit pour Dharamshala, la ville où le Dalai Lama habite. Un petit 10 heures de déplacement sur les routes qui serpentent dans les montagnes. Ici, pour être chauffeur, il faut tout d’abord avoir ses accréditations pour piloter une Formule 1 semble-t-il. La seule différence c’est que le chauffeur est responsable d’une soixantaine de passagers et qu’il n’y a pas de parapet au bord des routes escarpées…Toujours est-il qu’une petite Gravol a été nécessaire aux deux seuls touristes blancs pas trop habitués de se faire autant brasser.



Comme on est arrivés à 5 heures du matin, il n’y avait pas d’autobus avant un bon bout de temps pour nous amener de la basse ville à la haute ville. On s’est donc tapé un bon 4 km de marche avec nos gros sacs à dos dans les montagnes. En chemin, on a rencontré Alain, un Québécois qui voyage depuis quelques années. Il était très gentil et nous a montré quelques raccourcis pour se rendre jusqu’en haut. On a fini par trouver l’escalier qui menait à notre hôtel. Il n’en finissait plus de finir, mais ça valait la peine, parce que notre chambre, tout à fait propre, nous coûtait trois fois rien. Il y avait même un divan, un peu décrissé, mais un divan quand même, avec une petite table pour écrire et deux grandes fenêtres qui laissait entrer la lumière du jour… En plus, on avait une super vue des montagnes sur la terrasse du troisième étage, et comble du luxe, nous avions de l’eau chaude! C’est a ce demander si la loi qui s’applique a la nourriture (moins tu paies cher plus tu en as et meilleur c’est) s’applique aussi aux chambres d’hôtel. Note a part, les tibétains étant conscients de la qualité de fabrication des produits indiens et étant soucieux de la santé de leurs clients, avaient pris soin de mettre une petite note à côté de notre chauffe-eau qui disait : Pour votre propre sécurité, ne pas laisser allumé plus d’une heure, produit de qualité Indienne.



Dharamshala est une petite ville peuplée de Tibétains souriants, de moines bouddhistes un peu coquins et de gens de toutes les cultures attirés par les enseignements du Dalai Lama.


Comme il y avait justement une session d’enseignement qui commençait le lendemain, on s’est levé très très tôt. On s’était procuré une petite radio pour pouvoir écouter la traduction simultanée en anglais, parce que notre pote Dalaï parle en Tibetain. Lorsqu’on est sorti dans la rue, ça été très facile de trouver notre chemin, parce qu’il y avait tout plein de moines bouddhistes qui s’en allaient au même endroit que nous. Et finalement, on s’est trouvé des places sans trop de mal… la seule chose, c’est qu’on ne voyait pas le Dalaï Lama en vrai, on le voyait sur une des télés qu’ils avaient disposées un peu partout dans l’édifice. Mais on l’a vu arriver, entouré de ses gardes du corps.


Ce qui était le plus impressionnant, ce n’était pas de le voir lui, parce qu’il était assez loin de nous, mais plutôt de voir les milliers de fidèles qui, aussitôt qu’ils l’apercevaient, se prosternaient et lui envoyaient des prières et des bénédictions, même s’il était très très loin.


Durant la séance, on a eu droit à un petit pain et un thé au beurre. Le thé au beurre, ça goûte vraiment le beurre et très peu le thé. Grâce à nos supers papilles, on croit en avoir découvert la recette : Faîtes fondre une livre de beurre dans deux tasses d’eau bouillie et servez immédiatement. C’est assez riche et un peu surprenant comme goût! Nous nous sommes par la suite aperçu qu’il est préférable d’y tremper un bout de pain au lieu de faire comme JF et d’essayer de le boire ‘straight’ comme si de rien n’était.


La nourriture Tibétaine s’est avérée être d’une jouissance totale pour Céliane… Les épices n’étaient que très subtiles ou complètement inexistantes dans tous les plats que nous avons goûtés. Nous mangions très souvent au restaurant tenu par les moines, parce que les profits servaient à soutenir le monastère et en plus, c’était bon! Mais pour les momos, c’est au Momo Café que nous allions! Un tout petit endroit, un peu crade, tenu par des jeunes Tibétains très sympas, (qui aimaient, disons-le, prendre un petit coup le soir venu) qui faisaient des momos au mouton du tonnerre!



On s’est aussi clanché une assiette de fromages dans un resto pour les touristes. Normalement, en Inde, ce qu’ils appellent du fromage, c’est le paneer. On est même pas sûrs que c’est à base de produit laitier. Ça goûte un peu comme le tofu… c’est-à-dire : rien! Alors le petit emmenthal qu’ils ont mis dans notre assiette, c’était le paradis pour nos papilles! Tout ce qu’il manquait, c’était le verre de vin…


Comme les fromages étaient bons et que la nourriture n’était pas excessivement épicée, on s’est dit que peut-être les plats ‘continentaux’ goûteraient sensiblement meilleurs que dans le reste de l’Inde. On s’est donc commandé une croustade aux pommes… Vraiment, en Inde, la bouffe qu’on connaît ne se ressemble pas! On s’est retrouvé avec un pudding chaud à la vanille avec des pommes pas cuites dedans. Pas que c’était mauvais, mais c’était loin d’être la croustade de nos mamans!

À Dharamshala, on en a donc profité pour se balader dans les montagnes (toujours sur les routes asphaltées), respirer l’air pur et faire une petite coupe de cheveux à JF. C’est qu’il commençait à être dû!

Ça a fait un bien fou d’être entourés de Tibétains. C’est un peuple souriant, sympathique et chaleureux qui nous considéraient comme des êtres humains, plutôt que comme des roupies sur pattes!

Ensuite, nous avons pris le bus pour Amritsar. Comme le bus n’était pas tellement confortable et qu’on se faisait constamment bousculer par les gens qui s’entassaient dans l’allée (même si on était en pleine nuit!), on a pas très bien dormi… Malgré les gravols qu’on a prises (rappelez-vous l’épisode du trajet pour arriver a Dharamshala). On est arrivés à Amritsar avec seulement une intense envie de dormir! On s’est donc trouvé une chambre d’hôtel juste à côté du Temple d’Or (Un temple Sikh recouvert d’or qui attire des milliers de pèlerins et de touristes Indiens ou pas) et on a dormi. C’est bien, parce que malgré la fatigue, on a réussi à négocier le prix de la chambre au propriétaire qui était un peu bête. Qu’est-ce qu’on a bien fait, car on a été réveillés par un robinet de notre salle de bain qui a explosé sans aucune raison… On a fait monter le gérant qui semblait trouver ça complètement normal et qui nous faisait signe d’attendre un peu. Quand Céliane lui a demandé s’il allait nous donner une autre chambre, il a répondu que non. Quand Céliane lui a ordonné de son air le plus bête de nous donner une autre chambre, il nous a tout de suite montré la chambre juste à côté. C’est qu’on commence à savoir s’y prendre avec les Indiens!


Durant l’après-midi, on est allé voir de quoi ça avait l’air, ce fameux Temple d’Or… On s’est un peu baladés autour et on a découvert qu’on pouvait loger dans le complexe du Temple gratuitement. On a aussi découvert qu’on pouvait manger gratuitement dans la cuisine communautaire du Temple. Puis, on s’est couvert les cheveux, on a enlevé nos souliers et passés nus pieds dans le petit bassin d’eau pas trop propre où des milliers de personnes avaient eux-mêmes déjà passées (Le peuple Sikh est vraiment un peuple génial; posé, sympathique, avenant, pas trop profiteur et prêts à vous aider si vous avez un pépin ou une question, et ce sans réclamer le moindre roupie, mais ils ont l’étrange habitude de boire l’eau du bassin de pieds dans lequel tout le monde doit passer!) et on s’est retrouvés devant le Golden Temple.



On n’est pas trop fort sur l’or, mais là, c’était vraiment magnifique! Le temple, entièrement recouvert d’or, s’élève au centre d’un immense bassin d’eau. Tout autour est fait de marbre blanc. Ajoutez à cela les chants religieux qui jouent 24 heures sur 24 et qui ajoutent grandement à l’atmosphère. À vous couper le souffle!


Quand nous sommes retournés à l’hôtel, il y avait des milliers de petites mouches qui avaient envahi notre chambre… On a fermé les fenêtres et on les a toutes exterminées! C’est qu’on était bien contents de partir, le lendemain matin, pour le dortoir du Temple!



Pour déjeuner, on a décidé d’essayer la cuisine communautaire. C’est une immense salle qui peut accueillir des milliers de personnes. De longs tapis de jutes très étroits sont étendus par terre. Lorsqu’on entre, on doit s’asseoir en rangées, sur les tapis, avec les assiettes vides qui nous ont été distribuées et il y a des gens qui passent avec des sceaux et qui servent la nourriture. C’était un peu toujours la même chose, mais c’était très bon. On a mangé du halva pour la première fois et c’était délicieux! On a été vraiment impressionnés de l’ordre et du calme qui régnaient dans la cuisine… Les Indiens ont toujours l’air tellement désorganisés que c’est toujours assez surprenant de voir des trucs comme ça qui fonctionnent aussi bien!



Lorsqu’on est revenus au dortoir, Jean-François a vu une souris entrer dans l’armoire juste au dessous de celle où il avait mis ses affaires. Il n’en a pas fait de cas, mais a quand même décidé de dormir dans le lit qui n’était pas collé à l’armoire en question… Jean-François s’est aperçu, à sa grande surprise, que la souris avait du flair et qu’elle s’était frayé un passage jusque dans sa propre armoire, et par la suite, jusque dans son chandail pour aller y trouver quelques miettes de muffin. Si bien que maintenant, il a une poche de gilet trouée.


Comme nous logions au Temple, nous en avons fait le tour à plusieurs reprises. En fait, nous n’y restions jamais trop longtemps, car aussitôt que nous arrêtions de marcher, nous nous faisions invariablement harceler par des bandes de jeunes garçons (Indiens) qui voulaient nous prendre en photo… Ceux qui ont lu notre aventure à la ferme des crocodiles comprendront notre réticence face à ce genre de propositions. Mais ils étaient particulièrement bornés et désagréables, ce qui rendait nos visites toujours plus brèves que ce que nous aurions voulu. Une journée, nous avions décidé d’aller à l’intérieur du Temple d’Or qui se trouve au centre du bassin. Nous devions donc attendre en ligne sur la petite passerelle bondée de monde qui menait jusqu’au Temple. Malheureusement, nous nous sommes retrouvés avec une de ces bandes de jeunes blancs becs (Indiens) derrière nous qui semblaient se foutre royalement de notre gueule. Entassés comme nous étions au milieu de tout ce monde, c’était vraiment impossible de bouger. On a donc espéré qu’ils se calmeraient et on a attendu. Et puis ensuite, ils ont commencé à tâter les fesses de Jean-François… Il a dû se retourner et leur dire fermement d’arrêter. Ils ont continué de se foutre de notre gueule et de pousser dans le dos de J-F pour qu’il avance, alors qu’on était dans une foule où il était techniquement impossible de bouger du moindre centimètre. J-F est resté d’un calme exemplaire (surprenant), mais bon sang qu’on avait tous les deux envie de leur foutre une raclée et de les balancer dans le bassin d’eau qui nous entourait! Il est parfois difficile pour les gens de l’ouest, comme nous, de comprendre le comportements Indiens. En général, on s’y fait plutôt bien, mais certaines journées, un rien vous fait perdre patience et vous met le moral a zéro.


Quand, après une bonne demi-heure d’attente, on a pu entrer dans le temple, c’était le branle bas de combat! Tout le monde se poussait pour pouvoir aller donner leur offrande et pour pouvoir regarder les prêtres chanter. Même si on était dans un lieu saint, il n’y avait vraiment aucune courtoisie, aucun savoir vivre et aucune règle de conduite… La désorganisation et le chacun pour soi semblent vraiment faire partie de la nature profonde des Indiens.


Après cette aventure au temple, on a décidé d’aller se balader dans la ville et on s’est offert une crème glacée à 10 sous le cornet… Ça nous a un peu réconciliés avec le pays. C’est tellement plus agréable de se promener dans les petites rues pas faites pour les touristes! D’abord, on ne se fait pas trop harceler et en plus, on se sent vraiment au cœur de la vie de tous les jours des Indiens, qui nous semblent soudainement beaucoup plus humains.

Avant de quitter le temple, nous sommes allés faire des donations à la cuisine communautaire et au complexe d’hébergement. Lors notre départ, le gardien nous demandé de lui donner l’argent de nos donations… nous lui avons dit avec un grand sourire ‘Oh sorry, we put it in the donation Box..’ car on s’était fait avertir de ne rien donner à personne sauf aux boites faites à cet usage. Pas mal pour arrondir ses fins de mois, les donations laissées par les touristes!

Il était temps de quitter le temple car tous les touristes et pèlerins arrivaient pour la fin de semaine et des petits campements s’organisaient un peu partout dans les espaces libres et les jardins du temple, laissant entrevoir une foule incroyable pour la fin de semaine a venir.


Après Amritsar, c’est un retour à Delhi pour quelques jours…