Le Myanmar aura été l’étape finale, le dernier pays à découvrir avant de rentrer chez nous… Si vous n’avez jamais entendu parler du Myanmar, peut-être connaissez-vous le pays par son autre nom : la Birmanie.
Nous étions un peu nerveux d’entrer dans ce pays qui est gouverné par l’armée et qui n’est pas très chaud à l’idée d’avoir des photographes ou des journalistes à l’intérieur des frontières. La population en a vraiment marre du gouvernement en place le peuple tente, de temps à autre, de protester. Vous avez peut-être entendu parler des émeutes qui ont eu lieu en septembre dernier lorsque les moines ont manifesté contre le gouvernement. Ça s’est terminé en émeute avec l’armée qui rentrait dans le tas (et pas juste avec du poivre de cayenne et des matraques…) et les étrangers expulsés du pays (toutes les caméras ont été confisquées).
Bref, on s’est dit qu’on était peut-être mieux de voyager léger et de laisser nos ordis à Bangkok !
Comme il est impossible de passer les frontières terrestres (règle du gouvernement !) nous avons du prendre l’avion pour nous y rendre. Petit vol sans histoire dans un petit avion presque vide.
Arrivés à Yangoon, la plus grande ville du pays, nous nous sommes fait abordés par un homme qui voulait nous montrer son hôtel… Comme on a eu notre dose de ce genre d’offres qui finissent bien souvent en queue de poisson en Inde, on lui a répondu qu’on allait trouver nous-même, pas de problème, merci beaucoup.
À notre grande surprise, il nous a souris, il a dit d’accord de sa petite voix très douce et il est allé un peu plus loin. Quelques minutes plus tard, comme il voyait qu’on cherchait toujours dans notre livre, il est revenu nous voir, très courtoisement et nous a offert encore une fois de venir à son hôtel, précisant cette-fois qu’il figurait dans le guide de voyage et qu’il nous y emmènerait gratuitement. On s’est dit pourquoi pas ? Il avait l’air tellement gentil !
La guesthouse s’est avérée être très bien, alors nous y sommes restés.
Après une petite sieste, nous avons pris notre courage à deux mains et sommes sortis dans la ville où le festival de l’eau battait son plein. Au lieu d’être armés de fusils à l’eau, comme à Bangkok, les gens du Myanmar étaient armés de chaudières remplies d’eau… Ils nous voyaient arriver de loin, nous souriaient, nous montraient la chaudière et se dirigeaient vers nous avec extase. Nous n’aurions jamais pu avoir le cœur de nous sauver tellement ils avaient du plaisir à nous vider les sceaux d’eau dans le cou !

D’ailleurs, ça été notre première surprise, de voir les gens aussi souriants et sereins. Nous aurions cru que dans un pays aussi fermé et maltraité par le gouvernement, la population aurait été plus difficile d’accès.
Au contraire ! Dès notre première ballade, nous avons même été invités pour le thé par un homme qui avait envie de jaser un peu.
Plus tard, on a appris que les gens du Myanmar sourient pour l’apparence, car plusieurs d’entre eux nous ont avoué avoir envie de prendre les armes, si seulement ils avaient assez d’argent pour s’en procurer.
Ce pays est sans contredit le plus pauvre de tous ceux que nous avons visité durant notre voyage. Les gens crèvent de faim et vivent dans des maisons en bambous pour la plupart.
Le trajet a été ponctué de belles rencontres, de visites de temples et de chaleurs insupportables.

Nos rencontres les plus marquantes ont été celles d’un professeur de français, d’un chauffeur de trishaw et d’un sympathique serveur. Chacun de ces hommes nous a permis de connaître mieux le pays qu’on visitait, même si beaucoup de choses resteront cachées à nos yeux.
Les gens se sentent extrêmement surveillés. Le chauffeur de trishaw nous a raconté qu’il lui était déjà arrivé de se faire suivre par un agent du gouvernement, et lors d’une de nos visite de temple, le prof de français nous a pointé des hommes en nous disant qu’il les soupçonnait d’être des agents du gouvernements chargés de surveiller les lieux saints (car les moines sont d’actifs protestataires).

Lorsqu’on visitait Bagan, ville des trois millions de temples (5000 monuments religieux (temples et autres) aux alentours de cette ville !) les gens qui vendaient des pièces d’artisanat semblaient désespérés… Avec les événement de septembre dernier, le tourisme a considérablement ralenti et ces pauvres crèvent littéralement de faim… Ça crevait le cœur de les voir sourire malgré tout, les yeux pleins de désespoir qu’ils ne parvenaient plus à cacher.

Nos derniers jours ont été marqués par l’arrivé du cyclone Narguis qui a ravagé Yangoon (la ville où l’on se trouvait) et plusieurs petits villages, causant (selon les dernières informations) plus de 22 000 morts et plus de 40 000 disparus.
Lors de la tempête, nous étions dans notre chambre qui, pour plus d’aération, avait deux de ses murs couverts de fenêtres… Couchés les yeux grands ouverts, Céliane n’a pas pu fermer l’œil de la nuit, sursautant chaque fois que les fenêtres tremblaient sous la force du vent ou des coups de branches de l’immense arbre qui se trouvait juste en face. Lorsqu’on a commencé à entendre des fenêtres éclater dans les chambres adjacentes, on s’est dit que c’était peut-être mieux de sortir de là, on a pacté nos p’tits et on est sortis juste comme la proprio arrivait pour nous assigner une autre chambre. C’est à ce moment que l’arbre, déraciné, s’est effondré sur notre chambre, qui étonnamment ne semblait pas trop endommagée !
Nous ne sommes restés que quelques heures dans l’autre chambre, car le plafond s’est mis à couler. Cinq minutes plus tard, c’était le déluge dans une partie de l’hôtel et le staff s’affairait à balayer l’eau qui entrait au troisième par l’escalier pour pouvoir l’envoyer dehors. L’escalier est donc rapidement devenu une véritable cascade de trois étage !
Lorsque nous sommes sortis à l’extérieur, nous avons pu constater les ravages. Tous les arbres avaient été déracinés, les fenêtres explosées, les toits arrachés et plusieurs pylônes électriques renversés.
C’est horrible de penser que ces gens, pauvres comme Crésus, devront tout reconstruire.
Après cinq jours à ne rien faire à la guesthouse à cause de la température, nous étions soulagés de pouvoir enfin prendre notre avion (avec une journée de retard) et de revenir à la modernité de Bangkok.
Nous étions un peu nerveux d’entrer dans ce pays qui est gouverné par l’armée et qui n’est pas très chaud à l’idée d’avoir des photographes ou des journalistes à l’intérieur des frontières. La population en a vraiment marre du gouvernement en place le peuple tente, de temps à autre, de protester. Vous avez peut-être entendu parler des émeutes qui ont eu lieu en septembre dernier lorsque les moines ont manifesté contre le gouvernement. Ça s’est terminé en émeute avec l’armée qui rentrait dans le tas (et pas juste avec du poivre de cayenne et des matraques…) et les étrangers expulsés du pays (toutes les caméras ont été confisquées).
Bref, on s’est dit qu’on était peut-être mieux de voyager léger et de laisser nos ordis à Bangkok !
Comme il est impossible de passer les frontières terrestres (règle du gouvernement !) nous avons du prendre l’avion pour nous y rendre. Petit vol sans histoire dans un petit avion presque vide.
Arrivés à Yangoon, la plus grande ville du pays, nous nous sommes fait abordés par un homme qui voulait nous montrer son hôtel… Comme on a eu notre dose de ce genre d’offres qui finissent bien souvent en queue de poisson en Inde, on lui a répondu qu’on allait trouver nous-même, pas de problème, merci beaucoup.
À notre grande surprise, il nous a souris, il a dit d’accord de sa petite voix très douce et il est allé un peu plus loin. Quelques minutes plus tard, comme il voyait qu’on cherchait toujours dans notre livre, il est revenu nous voir, très courtoisement et nous a offert encore une fois de venir à son hôtel, précisant cette-fois qu’il figurait dans le guide de voyage et qu’il nous y emmènerait gratuitement. On s’est dit pourquoi pas ? Il avait l’air tellement gentil !
La guesthouse s’est avérée être très bien, alors nous y sommes restés.
Après une petite sieste, nous avons pris notre courage à deux mains et sommes sortis dans la ville où le festival de l’eau battait son plein. Au lieu d’être armés de fusils à l’eau, comme à Bangkok, les gens du Myanmar étaient armés de chaudières remplies d’eau… Ils nous voyaient arriver de loin, nous souriaient, nous montraient la chaudière et se dirigeaient vers nous avec extase. Nous n’aurions jamais pu avoir le cœur de nous sauver tellement ils avaient du plaisir à nous vider les sceaux d’eau dans le cou !

D’ailleurs, ça été notre première surprise, de voir les gens aussi souriants et sereins. Nous aurions cru que dans un pays aussi fermé et maltraité par le gouvernement, la population aurait été plus difficile d’accès.
Au contraire ! Dès notre première ballade, nous avons même été invités pour le thé par un homme qui avait envie de jaser un peu.
Plus tard, on a appris que les gens du Myanmar sourient pour l’apparence, car plusieurs d’entre eux nous ont avoué avoir envie de prendre les armes, si seulement ils avaient assez d’argent pour s’en procurer.
Ce pays est sans contredit le plus pauvre de tous ceux que nous avons visité durant notre voyage. Les gens crèvent de faim et vivent dans des maisons en bambous pour la plupart.
Le trajet a été ponctué de belles rencontres, de visites de temples et de chaleurs insupportables.

Nos rencontres les plus marquantes ont été celles d’un professeur de français, d’un chauffeur de trishaw et d’un sympathique serveur. Chacun de ces hommes nous a permis de connaître mieux le pays qu’on visitait, même si beaucoup de choses resteront cachées à nos yeux.
Les gens se sentent extrêmement surveillés. Le chauffeur de trishaw nous a raconté qu’il lui était déjà arrivé de se faire suivre par un agent du gouvernement, et lors d’une de nos visite de temple, le prof de français nous a pointé des hommes en nous disant qu’il les soupçonnait d’être des agents du gouvernements chargés de surveiller les lieux saints (car les moines sont d’actifs protestataires).

Lorsqu’on visitait Bagan, ville des trois millions de temples (5000 monuments religieux (temples et autres) aux alentours de cette ville !) les gens qui vendaient des pièces d’artisanat semblaient désespérés… Avec les événement de septembre dernier, le tourisme a considérablement ralenti et ces pauvres crèvent littéralement de faim… Ça crevait le cœur de les voir sourire malgré tout, les yeux pleins de désespoir qu’ils ne parvenaient plus à cacher.

Nos derniers jours ont été marqués par l’arrivé du cyclone Narguis qui a ravagé Yangoon (la ville où l’on se trouvait) et plusieurs petits villages, causant (selon les dernières informations) plus de 22 000 morts et plus de 40 000 disparus.
Lors de la tempête, nous étions dans notre chambre qui, pour plus d’aération, avait deux de ses murs couverts de fenêtres… Couchés les yeux grands ouverts, Céliane n’a pas pu fermer l’œil de la nuit, sursautant chaque fois que les fenêtres tremblaient sous la force du vent ou des coups de branches de l’immense arbre qui se trouvait juste en face. Lorsqu’on a commencé à entendre des fenêtres éclater dans les chambres adjacentes, on s’est dit que c’était peut-être mieux de sortir de là, on a pacté nos p’tits et on est sortis juste comme la proprio arrivait pour nous assigner une autre chambre. C’est à ce moment que l’arbre, déraciné, s’est effondré sur notre chambre, qui étonnamment ne semblait pas trop endommagée !
Nous ne sommes restés que quelques heures dans l’autre chambre, car le plafond s’est mis à couler. Cinq minutes plus tard, c’était le déluge dans une partie de l’hôtel et le staff s’affairait à balayer l’eau qui entrait au troisième par l’escalier pour pouvoir l’envoyer dehors. L’escalier est donc rapidement devenu une véritable cascade de trois étage !
Lorsque nous sommes sortis à l’extérieur, nous avons pu constater les ravages. Tous les arbres avaient été déracinés, les fenêtres explosées, les toits arrachés et plusieurs pylônes électriques renversés.
C’est horrible de penser que ces gens, pauvres comme Crésus, devront tout reconstruire.
Après cinq jours à ne rien faire à la guesthouse à cause de la température, nous étions soulagés de pouvoir enfin prendre notre avion (avec une journée de retard) et de revenir à la modernité de Bangkok.














