Wednesday, May 7, 2008

Dernier stop!

Le Myanmar aura été l’étape finale, le dernier pays à découvrir avant de rentrer chez nous… Si vous n’avez jamais entendu parler du Myanmar, peut-être connaissez-vous le pays par son autre nom : la Birmanie.

Nous étions un peu nerveux d’entrer dans ce pays qui est gouverné par l’armée et qui n’est pas très chaud à l’idée d’avoir des photographes ou des journalistes à l’intérieur des frontières. La population en a vraiment marre du gouvernement en place le peuple tente, de temps à autre, de protester. Vous avez peut-être entendu parler des émeutes qui ont eu lieu en septembre dernier lorsque les moines ont manifesté contre le gouvernement. Ça s’est terminé en émeute avec l’armée qui rentrait dans le tas (et pas juste avec du poivre de cayenne et des matraques…) et les étrangers expulsés du pays (toutes les caméras ont été confisquées).


Bref, on s’est dit qu’on était peut-être mieux de voyager léger et de laisser nos ordis à Bangkok !


Comme il est impossible de passer les frontières terrestres (règle du gouvernement !) nous avons du prendre l’avion pour nous y rendre. Petit vol sans histoire dans un petit avion presque vide.


Arrivés à Yangoon, la plus grande ville du pays, nous nous sommes fait abordés par un homme qui voulait nous montrer son hôtel… Comme on a eu notre dose de ce genre d’offres qui finissent bien souvent en queue de poisson en Inde, on lui a répondu qu’on allait trouver nous-même, pas de problème, merci beaucoup.


À notre grande surprise, il nous a souris, il a dit d’accord de sa petite voix très douce et il est allé un peu plus loin. Quelques minutes plus tard, comme il voyait qu’on cherchait toujours dans notre livre, il est revenu nous voir, très courtoisement et nous a offert encore une fois de venir à son hôtel, précisant cette-fois qu’il figurait dans le guide de voyage et qu’il nous y emmènerait gratuitement. On s’est dit pourquoi pas ? Il avait l’air tellement gentil !


La guesthouse s’est avérée être très bien, alors nous y sommes restés.


Après une petite sieste, nous avons pris notre courage à deux mains et sommes sortis dans la ville où le festival de l’eau battait son plein. Au lieu d’être armés de fusils à l’eau, comme à Bangkok, les gens du Myanmar étaient armés de chaudières remplies d’eau… Ils nous voyaient arriver de loin, nous souriaient, nous montraient la chaudière et se dirigeaient vers nous avec extase. Nous n’aurions jamais pu avoir le cœur de nous sauver tellement ils avaient du plaisir à nous vider les sceaux d’eau dans le cou !



D’ailleurs, ça été notre première surprise, de voir les gens aussi souriants et sereins. Nous aurions cru que dans un pays aussi fermé et maltraité par le gouvernement, la population aurait été plus difficile d’accès.


Au contraire ! Dès notre première ballade, nous avons même été invités pour le thé par un homme qui avait envie de jaser un peu.


Plus tard, on a appris que les gens du Myanmar sourient pour l’apparence, car plusieurs d’entre eux nous ont avoué avoir envie de prendre les armes, si seulement ils avaient assez d’argent pour s’en procurer.


Ce pays est sans contredit le plus pauvre de tous ceux que nous avons visité durant notre voyage. Les gens crèvent de faim et vivent dans des maisons en bambous pour la plupart.


Le trajet a été ponctué de belles rencontres, de visites de temples et de chaleurs insupportables.



Nos rencontres les plus marquantes ont été celles d’un professeur de français, d’un chauffeur de trishaw et d’un sympathique serveur. Chacun de ces hommes nous a permis de connaître mieux le pays qu’on visitait, même si beaucoup de choses resteront cachées à nos yeux.


Les gens se sentent extrêmement surveillés. Le chauffeur de trishaw nous a raconté qu’il lui était déjà arrivé de se faire suivre par un agent du gouvernement, et lors d’une de nos visite de temple, le prof de français nous a pointé des hommes en nous disant qu’il les soupçonnait d’être des agents du gouvernements chargés de surveiller les lieux saints (car les moines sont d’actifs protestataires).



Lorsqu’on visitait Bagan, ville des trois millions de temples (5000 monuments religieux (temples et autres) aux alentours de cette ville !) les gens qui vendaient des pièces d’artisanat semblaient désespérés… Avec les événement de septembre dernier, le tourisme a considérablement ralenti et ces pauvres crèvent littéralement de faim… Ça crevait le cœur de les voir sourire malgré tout, les yeux pleins de désespoir qu’ils ne parvenaient plus à cacher.



Nos derniers jours ont été marqués par l’arrivé du cyclone Narguis qui a ravagé Yangoon (la ville où l’on se trouvait) et plusieurs petits villages, causant (selon les dernières informations) plus de 22 000 morts et plus de 40 000 disparus.

Lors de la tempête, nous étions dans notre chambre qui, pour plus d’aération, avait deux de ses murs couverts de fenêtres… Couchés les yeux grands ouverts, Céliane n’a pas pu fermer l’œil de la nuit, sursautant chaque fois que les fenêtres tremblaient sous la force du vent ou des coups de branches de l’immense arbre qui se trouvait juste en face. Lorsqu’on a commencé à entendre des fenêtres éclater dans les chambres adjacentes, on s’est dit que c’était peut-être mieux de sortir de là, on a pacté nos p’tits et on est sortis juste comme la proprio arrivait pour nous assigner une autre chambre. C’est à ce moment que l’arbre, déraciné, s’est effondré sur notre chambre, qui étonnamment ne semblait pas trop endommagée !


Nous ne sommes restés que quelques heures dans l’autre chambre, car le plafond s’est mis à couler. Cinq minutes plus tard, c’était le déluge dans une partie de l’hôtel et le staff s’affairait à balayer l’eau qui entrait au troisième par l’escalier pour pouvoir l’envoyer dehors. L’escalier est donc rapidement devenu une véritable cascade de trois étage !

Lorsque nous sommes sortis à l’extérieur, nous avons pu constater les ravages. Tous les arbres avaient été déracinés, les fenêtres explosées, les toits arrachés et plusieurs pylônes électriques renversés.

C’est horrible de penser que ces gens, pauvres comme Crésus, devront tout reconstruire.


Après cinq jours à ne rien faire à la guesthouse à cause de la température, nous étions soulagés de pouvoir enfin prendre notre avion (avec une journée de retard) et de revenir à la modernité de Bangkok.

Re-re-re-escale à Bangkok

Le lendemain, nous avons pris le bus pour Chang Mai, ville du Nord de la Thaïlande. Le passage de la frontière s’est déroulé sans histoire et la journée n’a été qu’une succession de différents autobus. Il faut quand même signaler que durant le trajet, nous avons mangé le meilleur épi de maïs que nous ayons jamais goûté (oui oui, meilleur qu’au
Québec) !



Nous ne sommes restés à Chang Mai que deux jours, car la caméra de Jean-François avait rendue l’âme et celle de Céliane avait commencé à faire des siennes… Nous en avons quand même profité pour visiter des marchés, nous sommes entrés dans une galerie d’art qui nous donnait l’impression d’être rendus à New York et nous avons pas mal souffert de la chaleur. Comme nous étions dans les montagnes du Laos, nous n’avions pas encore ressenti l’arrivée de la saison chaude, mais à Chang Mai, ça nous a complètement assommés !

Depuis que nous sommes revenus en Thaïlande, en fait, il fait toujours plus chaud que 30 degrés. En moyenne 36, mais selon météo média, la température ressentie avec l’humidité et tout varie entre 40 et 50 degrés… Même prendre des douches, ça ne nous refroidit plus, il faut rechercher les endroits à l’air climatisé.


Revenus à Bangkok, comme il fallait aller au centre-ville, là où il y a tous les magasins, pour faire réparer la caméra de Céliane et en acheter une autre à J-F, on en a profité pour se refroidir un peu dans les centres d’achat. On a donc visité le centre d’achat de riche où on aurait pu s’acheter une Ferrari, on a découvert le centre d’achat de l’électronique qui fait quatre étages de haut et qui a l’air d’un gros marché aux puces intérieur, on a découvert un petit centre d’achat de jeunes trendi où se trouvait aussi un cinéma qui ressemble au Parisien, à Montréal, et qui passe de meilleurs films qu’ailleurs. On en a donc profité pour aller voir The kite runner et on en est ressortis tellement heureux d’avoir vu un bon film. C’est que ça commence à nous manquer un peu, d’être en contact avec une vie culturelle de qualité !



Le lendemain, on a donc décidé de se faire une journée tournée-des-galeries-d’art. On s’est donc promenés, toute la journée, d’une galerie à l’autre, et on a abouti dans un vernissage où on passait d’une œuvre à l’autre à travers une foule de jeunes Thaïs trendi, avec un verre de Jack and Coke à la main (Jack Daniels commanditait l’événement) et en grignotant les petits canapés qu’ils avaient mis à notre disposition. On a même eu droit à un petit verre de vin cheap, comme dans tout bon vernissage qui se respecte !

On a donc passé deux semaines à Bangkok à faire des aller-retour chez Nikon (qui ont mis trois fois avant de finalement régler le problème), à arranger notre périple au Myanmar (demande de visa, achat de billets d’avion, gestion des finances, etc) et à magasiner une nouvelle caméra pour J-F qui est maintenant l’heureux propriétaire d’une 40D scellée à l’eau et à la poussière avec un déclencheur qui fait à peine de bruit.


Un matin, lorsque Jeff s’est levé prendre sa douche, il est tombé face à face avec Lindon (oui oui, le Nouveau-Zélandais !) qui fumait une cigarette juste en face de notre chambre !


Nous avons donc passé deux jours en sa compagnie, à glander un peu et à jaser de tout et de rien autour d’une bière froide.


Nous aurons aussi eût un aperçu du Songkran Festival, la nouvelle année Thaïlandaise. C’est une fête où tout le monde se pitche de l’eau en pleine gueule ! Ne sortez pas dehors si vous avez peur d’être mouillé parce que c’est sûr que vous aller dégouliner dès que vous aurez mis le gros orteil dans la rue ! Jeff a emballé sa nouvelle acquisition (son 40D) dans des ziplocs pour être sûr qu’il n’arrive rien de fâcheux…



Bref, Bangkok fut une escale assez relaxe de préparation pour notre prochaine destination : le Myanmar.

Trecker en sandales avec les sangsues

Le lendemain, on est partis pour Vieng Poukkha parce qu’on avait entendu dire que les randonnées étaient moins achalandées qu’à Luang Nam Tha et c’était la plus belle région pour trecker. La seule inquiétude qu’on avait, c’était de ne pas trouver assez de monde pour partir avec nous parce les prix variaient par rapport au nombre de personnes et à deux, ça nous aurait coûté les yeux de la tête et on n’aurait pas pu se l’offrir…

On a quand même pris une chance et on a pris le premier bus pour Vieng Poukkha. Première bonne nouvelle, dans l’autobus se trouvait Yan, le Français, qui s’en allait là-bas justement pour faire une randonnée. Arrivés là-bas, on s’est trouvé des petits bungalows en pailles (ils sont très populaires au Laos, ces bungalows !) et on s’est dirigés vers le seul resto du village. En chemin, qui ne voit-on pas ? Rotem, l’Israélienne que nous avions rencontré dans le bus vers Luang Nam Tha ! Elle est aussi très heureuse car elle espérait aussi pouvoir rencontrer d’autres gens intéressés à partir en treck. D’ailleurs, nous étions les seuls touristes du petit village.


Pendant que nous étions en train de manger, nous apercevons deux autres touristes descendre d’un autobus. Ils sont venus nous voir pour nous demander conseil pour trouver un endroit où dormir et pour savoir si nous partions en randonnée… Nous nous sommes donc tous donnés rendez-vous au bureau d’éco-tourisme qui ouvrait à 3 heures.

Cela a très bien adonné car tout le monde était partant pour faire la randonnée de trois jours (c’était le plus long qu’on pouvait faire ). Ça a donc pris dix minutes et tout était réglé : nous partions le lendemain à 9 heures.

On s’est réveillé très tôt, pas parce que le cadran avait sonné, mais parce que la pluie martelait le toit de notre hutte ! Nous nous sommes dépêchés d’aller chercher nos vêtements que nous avions laissé sécher à l’extérieur… Puis, ce fut le branle-bas de combat ! Tout le monde était dehors à se demander si on partait ou pas, car la pluie avait un peu diminué. Chacun a donc préparé son sac à moitié pas trop sûr si ça lui tentait de marcher dans ces conditions, tous on pris un peu plus de temps pour déjeuner, histoire de voir si le ciel se dégagerait et tout le monde s’est finalement pointé un peu en retard au bureau de tourisme. Il y avait un Écossais et une Suédoise qui venaient d’arriver de Luang Nam Tha en moto et qui attendaient pour partir. On est finalement partis avec une heure de retard (même le guide avait mis la préparation de la bouffe en stand by) et pas trop sûr si c’était une bonne décision…


La première journée fut assez facile. Nous avons fait une heure de camion en s’arrêtant pour visiter des villages de différentes tribus. On a ensuite visité une grotte encore plus grande que celles qu’on avait visitées au Cambodge et ensuite, c’était le vrai départ avec nos sacs sur le dos et nos jambes pour nous porter.


La plupart de la marche, cette journée-là, se faisait sur une petite route en gravelle. Nous étions un peu surpris, mais comme nous avions visité plein de villages et que notre guide, Somhak, nous avait assuré que le lendemain nous marcherions dans la jungle, nous avancions gaiement vers le village qui nous accueillait pour la nuit.

La soirée au village s’est très bien déroulée, nous nous sommes amusés avec les enfants qui trouvaient ça dont drôle d’imiter les sons d’animaux que Céliane leur faisait et après le souper nous avons eu droit à un massage traditionnel. Nous nous sommes endormis aussitôt le massage terminé !

Le lendemain, la journée de marche se faisait sur un sentier à travers la jungle. Beaucoup de côtes très à pique qui étaient assez difficiles à monter ou à descendre car la pluie (il y avait eu une grosse averse pendant la nuit) avait transformé le sentier en bouette glissante. Le pire dans tout ça, c’était de voir les sangsues qui se tenaient debout sur le chemin prêtes à nous sauter dessus… Et laissez-nous vous dire qu’il y en avait en maudit de maudit, des sangsues ! Comme Rotem, l’Israélienne, avait une phobie des sangsues et que quatre d’entre nous n’avaient que des sandales pour marcher, nous avons monté les côtes les plus à piques à une vitesse phénoménale afin d’éviter de se faire mordre par les insectes suceurs de sang ! Par chance, on a finalement atteint une partie de la montagne où la forêt, un peu moins dense, avait permis au sentier de sécher et on a pu ralentir le pas et profiter un peu plus de la randonnée !


Cette journée-là, Céliane est tombée face à face avec l’insecte le plus dégueulasse qu’elle n’avait jamais vu. C’était un énorme mille-pattes de trente centimètres de long et 5 centimètres de circonférence avec le corps brun et les pattes orange fluo… Elle marchait tout bonnement lorsqu’elle a aperçu la créature juste au moment où elle allait faire un pas de trop pour marcher dessus ! Céliane à fait un bond vers l’arrière en poussant un cri de dégoût lorsque l’insecte a semblé s’apercevoir de sa présence et a redressé l’avant de son corps comme s’il s’en allait l’attaquer. Céliane a donc reculé et a montré la créature à Jean-François pendant que le Somhak, notre guide, revenait sur ses pas. Après avoir aperçu la créature, Somhak s’est exclamé : Ooooooh ! Don’t touch !! En fait, Céliane avait eu raison d’avoir peu car si l’énorme mille-pattes avait décidé de la mordre, elle n’aurait probablement pas pu s’en tirer vivante !


Bref, nous avons fait bien attention où nous mettions nos pieds !


Le soir, Céliane a pu rencontrer le roi du village lors d’une excursion pour aller acheter du lao-lao (l’alcool local). En fait, il fallait demander la permission au roi pour qu’on nous laisse aller acheter une bouteille pour le groupe. Alors quelques uns d’entre nous se sont retrouvés, avec le guide, dans la maison du roi qui était complètement saoûl et qui nous servait des shooters de lao-lao en guise de bienvenue. Céliane a bien essayé d’aller chercher J-F pour qu’il puisse voir ça, car c’était une scène assez surréaliste, mais le roi refusait que l’on sorte de sa maison parce qu’il avait trop bu (drôle d’excuse, mais bon, auriez-vous osé défié le roi du village ?)


Le reste du treck s’est déroulé sans histoire. Ce fut vraiment une belle randonnée, nous avons traversé des forêts de bambous, la jungle épaisse avec des arbres immenses, des forêts de bananiers, des petites rivières et quelques villages ici et là. Ce fut vraiment notre plus belle aventure au Laos !

Et vive le soccer!

Nous avions beaucoup entendu parler du nord du Laos comme étant un must, une région magnifique et peu fréquentée des touristes. Et cette fois, ces oui dires se sont avérés être très justes.

Dans l’autobus en partance de Luang Prabang, nous avons rencontré une Israélienne très sympathique, Rotem, avec qui nous avons pu placoter en attendant le départ. Puis, nos pilules anti-vomi se sont avérées être de vrais somnifères alors le voyage a passé vraiment très très vite !


Arrivés à Luang Nam Tha, nous sortions d’une guesthouse où les prix nous semblaient exorbitants lorsqu’une Laotienne commence à nous crier : Roooom !! Guesthouse !!! Cheap !! Room ?? Comme elle avait l’air pas mal motivée, on n’a pas pu s’empêcher d’aller yeuter son établissement. La chambre que la dame nous a montré dépassait toutes nos attentes avec un vrai matelas à ressort confortable, des draps qui sentaient bons, un ventilo au plafond, une chambre de bains avec l’eau chaude ainsi qu’une télé satellite pour la modique somme de cinq dollars !


Nous sommes allés faire un p’tit tour dans la ville pour souper et lorsque nous sommes revenus, une grande table avait été installée à l’avant de notre hôtel et une quinzaine de jeunes s’envoyaient des bières sous la cravates. En fait, ils ne portaient pas vraiment de cravates, mais plutôt des chandails de l’équipe de soccer dans laquelle ils jouaient. Ils venaient de gagner le tournoi de soccer régional et invitaient tout le monde à fêter ça ! On a accepté leur invitation et ils nous ont aussitôt servi deus verres de bières qui se remplissaient à mesure qu’on les vidait ! En fait, aucun d’entre eux ne parlait grand mot d’anglais alors on a fait la conversation aux deux autres touristes qui avaient aussi joint le groupe : un Français, Yan et un Japonais dont le nom nous échappe qui ne parlait pas beaucoup plus d’anglais que les jeunes de l’équipe… Cela a d’ailleurs causé quelques malentendus dont une fois où Jean-François pensait que la blonde du Japonais devait bientôt subir une implantation mammaire, alors que c’était en fait une opération pour un problème de poumons ! Bref, la soirée a été bien arrosée, ponctuée par les toasts à intervalles réguliers de l’équipe qui célébrait sa victoire à grandes gorgées !


Le lendemain, bien qu’un peu déshydratés, on s’est loué des vélos et on est allé se balader dans les environs. On a commencé par aller voir une toute petite chute où des enfants s’amusaient à pêcher on ne sait quoi avec leurs masques de plongée et leurs petits paniers en osiers qu’ils avaient accrochés à la taille.


On a pédalé à travers les petits villages avant de repasser en ville pour échanger le vélo de Céliane dont la chaîne débarquait chaque fois qu’elle pédalait pour monter une côte (même si elle était en première vitesse) un tant soit peu à pique. On s’est ensuite dirigés vers d’autres villages et le nouveau vélo de Céliane s’est avéré être aussi pire que le premier ! On a quand même continuer notre ballade parce que le gros de la route était assez plat pour ne pas faire dérailler la chaîne. On a encore une fois dîné dans un endroit où il a fallu mimer et pointer pour se faire comprendre, c’était bourré de chili, mais Céliane a quand même réussi à tout manger (c’est qu’elle va finir par s’habituer, à force !)

Le soir, on a regardé Wallace and Grommit, The curse of the Ware-Rabbit. Une petite soirée cinéma, ça fait toujours du bien !

L'Eurasie


On s’était fait dire à plusieurs reprises que Luang Prabang était sans contredit la plus belle ville du Laos…


C’est vrai que c’est très beau, mais on a eu tout un choc de constater qu’on n’avait plus l’impression d’être en Asie. La ville étant maintenant considérée Patrimoine Mondial par l’UNESCO, la trâlée de touristes a suivie et les hôtels, restaurants et magasins de luxe ont suivis… Ça donne l’impression d’une ville Européenne où plusieurs Laotiens auraient élus domicile!


Après avoir cherché longtemps, on a fini par se trouver une chambre à prix raisonnable (c’est-à-dire en bas de 30$ la nuit!!)

On est allé faire un tour au Night Market qui s’est avéré être un marché d’artisanat trop bien fait pour les touristes, on a mangé des sandwichs au poulet très bons et on a visité quelques temples qui étaient très beaux.


Pas grand chose de plus à dire, sauf que le proprio de notre guesthouse ainsi que la pharmacienne parlaient français! Ça surprend!

Des jarres et des bombes

Comment décrire la ville de Phonsavan ? Si ce n’est que l’on voit d’anciens instruments de guerre (obus, grenades, bombes et missiles en tout genre) partout où l’on pose le regard, c’est une ville sans grand intérêt. En fait, nous avons aboutis à cet endroit dans le but de venir visiter la Plaine des Jarres.

La légende locale veut qu’un roi aurait gagné une guerre et aurait fait construire ses jarres pour faire fermenter le riz et faire un gros party bien arrosé de Lao-Lao (l’alcool local fait à partir de riz collant fermenté).
Mais l’explication plus probable veut que les jarres soit d’anciennes pierres tombales.


La vraie nature de ces jarres reste tout de même mystérieuse et c’était assez impressionnant de se promener sur le site. Attention, par contre, de ne pas sortir des sentiers car le terrain a été lourdement miné durant la guerre.

La plaine des jarres est située assez près de l’ancienne Ho Chi Ming Trail, le chemin que les asiatiques anti-américains utilisaient pour le transport d’armement pendant la guerre du Vietnam (cette guerre aura décidément fait des ravages partout autour) Les États-Unis bombardaient donc tout ce qu’ils soupçonnaient d’être des postes ennemis, sans se soucier de savoir s’ils avaient raison ou pas (on voit que leur façon de faire n’a pas tellement changée…) Et pour être tout à fait certain d’exterminer tous les ennemis, ils se sont donné une zone tempon de quelques dizaines de kilometers en territoire laotien et cambodgien. On dit même que plusieurs soldats américains qui combattaient les Nord-Vietnamiens se trouvaient parfois au Laos ou au Cambodge sans le savoir.


La plaine des Jarres était donc criblée de cratères de bombes… Désolant.

No wonder que le Mékong est à sec!


Après une plus ou moins confortable nuit passée dans un bus reliant Paksé à la capitale, Vientiane, nous essayons péniblement de chasser le sommeil, histoire d’être un peu plus éveillés pour notre arrivée, mais en vain. Nous sautons dans le premier ‘pick-up’ en direction du centre-ville. Après une quinzaine de minutes de route, encore à demi endormis, quelqu’un nous fait signe en disant un truc incompréhensible de descendre. Sans poser de question, nous nous exécutons en ne sachant pas trop où nous nous situons. En fait nous descendons au bon endroit, mais cela nous auras pris 5 minutes à figurer notre emplacement sur la carte (bien sûr, c’est la faute de la fatigue si on ne sait pas lire la carte!).

Après s’être retrouvés, nous partons à la recherche d’une guesthouse. Les 3 premiers essais s’avèrent être infructueux. En marchant sur la rue, nous croisons une autre touriste assise au coin d’une rue et nous lui demandons ce qu’elle fait. Elle nous dit simplement qu’elle et son ami on fait toutes les guesthouse du quartier et sans succès. Il faudrait attendre vers midi pour que les gens quittent leurs chambres et après nous aurons sûrement une place de libre. On décide quand même de chercher un peu plus... ce qui s’avère un échec lamentable…

À un certain point on décide de s’installer dans un café (avec des croissant et des baguettes… comme quoi le colonialisme français n’a pas eu que du mauvais!) pour qu’un de nous deux y reste pour guetter les sacs pendant que l’autre, maintenant plus léger de 30 livres, puisse partir plus loin pour sonder le sombre terrain des guesthouses. Jeff, voulant désespérément trouver une chambre le plus rapidement possible, part à la recherche.

Après 1 heure de marche durant laquelle il a réveillé de nombreux propriétaires qui lui on répondu, tantôt frustrés d’avoir été réveillés, tantôt compatissants et sympathisant avec lui, Jeff revient triomphant avec une chambre de réservé ! Bon cela n’aura pas été l’affaire du siècle, 7$ UD pour une chambre double, avec salle de bain et toilette commune, c’est un peu du vol, mais tout de même, nous avions une chambre.


Après s’être installés et être allés déjeuner, on s’est aperçu ce que voulais dire ‘être dans la saison chaude’ en Asie du sud-est (le pire dans tout cela, c’est que nous n’étions pas encore a l’apogée). Nous étions à l’ombre sans rien faire, n’y bouger et nous étions trempés jusqu’aux os. Nous avions beau prendre notre courage à deux mains, rassembler toutes nos énergies et se gonfler de motivation… rien à faire ! Impossible de sortir sans avoir l’impression de cuire vivant ! Nous ne sommes restés que 2 jours à Vientiane. Durant de bref séjour dans la capitale se tenait le festival de la culture française (le Laos est une ancienne colonie France) aux abords d’un fleuve, le Mékong, presque à sec.

Nous y sommes allés, pour constater que le festival étais très petit et que l’on avait l’impression que l’on était dans une soirée de fin de semaine tout à fait normale. N’empêche que nous sommes allés prendre une coupe de Sangria, pas si mauvaise, pour la modique somme de 50 sous chacun.


Par la suite nous sommes allés nous installer à un des ‘restaurants’ ( un ensemble de tables en métal et de chaises de patios en plastiques) qui borde la rive du fleuve pour manger de succulents spare ribes de porc barbecue accompagnés d’une limonade fraîchement pressée. Le lendemain matin, 5h30 AM, nous quittions notre guesthouse pour nous rendre à la station d’autobus pour partir en direction de Phonsavan.

Arrivés au terminal, une fois les billets achetés et en attendant notre depart nous avons dejeuner ‘à la laotienne’ avec une soupe au nouilles et au canard. Il ne faisait pas encore soleil que nous baignons déjà dans notre sueur ! Vivement le nord du Laos qui est situé en altitude et où la température est plus clémente ! Sur le trajet, nous avons fait la connaissance de Médis, un français bien sympathique qui en était a son deuxième voyage au pays des millions d’éléphants (eh oui, c’est le vrai nom du Laos!!).